Xi-Tchan

Méthode du Xi Tch’an

Voici quelques exemples de l’enseignement des Maîtres.

A la question « Qui est le Bouddha » ?

  • Yunmen répond : l’excrément de la vache ! »
  • et Houei-men : « votre visage avant la naissance de vos parents ».

Et à cette autre : « Qu’est-ce que le Bouddhisme » ?
Réponse de Dongschan : « trois livres de lin ».

Ou encore : « Quel est le sens du bouddhisme » ?
Réponse : « le cyprès dans la cour ».

Ces réponses comportent de plus des jeux de mots chinois intraduisibles.
En langage moderne, nous dirions que le tch’an est une méthode ancienne et traditionnelle de déstabilisation du conscient en faveur de l’inconscient.

Le Tch’an se réfère-t-il à un gourou ?

s’adresse-t-il aux intellectuels ?

Il y eut un Maître Tch’an chinois du Xeme siècle qui fut célèbre et qui reste une référence.
Il se nommait Lin-tsi.
Voici ce qu’il conseillait :

  1. «Tuez le Bouddha»
    «Tuez le Bouddha» signifie ici, que la réponse est en soi et non hors de soi. Et que toute recherche du Maître à qui s’identifier est un obstacle à la libération, et qu’il convient donc de détruire cette illusion.
    Vous comprenez pourquoi les enseignants d’ADCE ont décidé de conserver l’anonymat : ne pas être un obstacle à votre éveil.
  2. «Considérez les sutras (les textes sacrés du bouddhisme), comme du papier toilette».
    Un autre Maître, taoïste celui-là, qualifiait les textes «canoniques» de «détritus des anciens».
    Le Tch’an n’est pas basé sur les connaissances intellectuelles, mais sur une pratique.
    Les joutes sur l’interprétation des textes sont des paravents à la conscience qui l’empêchent de se libérer.

Le but ultime du Tch’an

C’est, Cela a été, et Cela sera, la transformation de chaque adepte en un être “éveillé” qui peut devenir alors un “libéré”, c’est à dire un “humain véritable”, un “Tchen jen” .

Il est écrit dans le Neiking, ouvrage antique de notre tradition :

“Je sais que, jadis, existaient les Tchen Jen.
Ils étaient les maîtres de l’univers
et pouvaient contrôler le Yin-Yang
Respirant littéralement l’énergie du cosmos.
Indépendants les uns des autres.
Ils étaient libres d’esprit (…)
Ils vivaient le Tao”.

L’éveil se vit et ne se décrit pas …

Le “Centre Tchan de Limoges”, avait bien expliqué cela.
“Il est bien certain que la notion “d’éveil” n’est pas aisément définissable “en mots”. Rien, à proprement parler, n’est indescriptible. Mais, pour qu’une personne à qui une chose est décrite reconnaisse cette chose dans la description qui lui en est faite, il faut, nécessairement, qu’elle ait déjà quelque idée de ce que peut être la chose en question – le meilleur exemple de la difficulté éprouvée lorsque l’intéressé s’entend décrire ce qu’il ne peut comprendre par défaut d’expérience personnelle restant celui des couleurs décrites à un aveugle de naissance … Nous allons cependant, en très peu de mots, esquisser une description de “l’état d’éveil”. Comparative, elle ne saurait être exhaustive, ni formulée en termes positifs : si vous décriviez l’état de bonne santé physique à une personne qui a toujours été malade, vous seriez obligé(e) pour vous faire comprendre, de vous exprimer négativement. Vous diriez : la santé, c’est lorsque l’on n’éprouve pas de malaise, lorsque l’on ne souffre pas. Si vous disiez au malade qui vous écoute : l’homme en bonne santé ressent un besoin intense d’activité, vous ne seriez pas compris. Nous devons, nous aussi, utiliser comparaisons et termes négatifs. L’être humain “non éveillé” est exactement dans la position d’un homme qui, pendant son sommeil nocturne, aurait fait un mauvais rêve; ce que l’on nomme, improprement, un cauchemar. Dans le ”cauchemar”, il arrive qu’un événement rêvé apparaisse comme terrifiant, atroce, alors que, s’il était vécu dans la réalité, il serait (peut-être) considéré comme un incident sans importance … Le monde onirique a ses propres lois, totalement subjectives et sans rapport avec les valeurs du monde du jour. Par exemple, dans le “cauchemar”, il devient vital que tel geste soit fait, tel acte accompli, sinon quelque chose d’effroyable va se produire. Dans la réalité du quotidien, si la personne intéressée se refusait à accomplir l’acte en question, rien de particulier ne se produirait. Mais dans le rêve, tout apparaît sous un angle différent. L’univers est perçu de façon totalement subjective. II est le produit de l’état somatique et psychique du dormeur. Lorsque celui-ci se réveillera, il comprendra, un peu plus tard, que les “horreurs” qu’il a “vécu” n’avaient aucune réalité dans son univers de jour, et il retrouvera son calme … L’homme “ordinaire” est exactement comme ce dormeur. II rêve, lui aussi, quoique à un degré moindre. Ses conditionnements le font vivre dans un univers irréel, subjectif, fait de “bon” et de “mauvais”- le mauvais l’emportant toujours sur le bon puisque toute vie est “ponctuée” par la mort et que celle-ci est considérée comme l’événement mauvais par excellence. L’homme “ordinaire” est donc malheureux car son “moi” ne cesse pas de souffrir. L’homme “éveillé” n’est pas malheureux. Il ne peut tout simplement pas l’être. Les tribulations et mésaventures du “moi” n’ont, pour lui, aucune importance véritable. Cela ne signifie nullement qu’il est indifférent ou apathique (au sens médical du terme). Au contraire, tout l’intéresse. Mais il n’établit pas de catégories de valeurs : il n’est pas subjectif. Vous le voyez : nous ne pouvons nous exprimer que négativement. Nous ne pouvons dire avec des mots ce qui est positif. Comment faire comprendre, en alignant des phrases, qu’il peut y avoir joie là où l’ensemble des humains ne ressent que peine? On ne le peut. Pour être apte à comprendre, il faut délaisser les mots et transformer le mental… Tel est le but, le but unique de tous les exercices de libération qui sont proposés par le Tch’an. Ces exercices sont destinés à supprimer les conditionnements qui oppriment l’humain non encore libéré”.

Existe-il d’autres voies d’éveil en dehors du Xi-Tch’an ?

La Tradition est «une».
Elle s’est habillée de costumes différents en fonction des cultures qu’elle a traversées, mais son essence est toujours la même.
Souvent, en traversant les cultures, les religions issues de ces cultures, ont cru l’enfermer et la contrôler. Mais malgré le piège des religions, la tradition a su conserver suffisamment de force et de cohérence pour échapper au contrôle et développer des pratiques libératoires originales.
Il en fut d’ailleurs ainsi de la relation du Tch’an avec le taoïsme et le bouddhisme religieux.

Nous respectons les autres voies. Cependant nous savons que vouloir en emprunter plusieurs conduirait l’adepte à tourner autour de la montagne et à ne pas grimper au sommet.

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