LA TECHNIQUE DU TAO – Texte 9

Peut-être l’avez-vous remarqué Il est un mot qui n’apparaît pratiquement jamais dans nos textes, le mot : Dieu. Nous vous avions prévenus dès le départ. L’ordre Tchan est une organisation qui s’occupe de psychologie – et même de parapsychologie – de philosophie pratique, mais absolument pas de religion au sens habituel du terme.

Il se peut cependant, que notre attitude vous étonne quelque peu. En Occident, nous l’avons remarqué, les Ecoles de  » Pensée constructive  » font tout au moins allusion au pouvoir divin, soutien et garant des justes souhaits de l’homme. La Technique du Tao, qui est, elle aussi en somme, une méthode de penser constructive, ne demande pas à Dieu d’entrer dans son champ d’action. Nous tenons à vous donner les raisons de cet agnosticisme pratique.

Si nous ne faisons pas appel à Dieu, à l’Absolu ou quelque nom que l’on veuille donner à la Conscience cosmique, c’est tout simplement par respect. Il est bon, il est bien, que des organisations à caractère religieux invoquent Dieu, prient… Il est bon si vous êtes croyant que vous agissiez de même et si, tout en ayant en vous des aspirations vers le Divin, vous n’avez pu encore trouver une Voie religieuse qui vous satisfasse, nous nous tenons – nous l’avons déjà dit – à votre disposition pour vous mettre en relation avec des personnes qui pourront vous guider utilement. Mais nous nous refusons à mêler Dieu à des problèmes qui regardent l’homme seul. Nous ne sommes pas de ces petits garçons qui appellent papa à la première difficulté rencontrée. D’après toutes les religions, l’être humain possède un libre arbitre ou, tout au moins, est susceptible d’en acquérir un. Il existe en nous assez de ressources potentielles pour que nous soyons capables de régler nous-mêmes nos minuscules problèmes.

Louez Dieu si vous en ressentez le besoin, mais ne l’invoquez pas à propos de bottes !

Un reproche – que nous attendions – nous a été fait. C’est un bien vieux reproche, puisqu’il fut déjà adressé – entre autres – au Pape Gerbert et Albert le Grand, saint patron des hommes de science. Il s’agit bien entendu, de nos procédés parapsychologiques.

 » L’homme qui prie  » nous a-t-on dit,  » demande humblement que quelque chose lui soit donné. Vous, même si votre attitude est respectueuse vous EXIGEZ !  »

Nous admettons parfaitement les critiques des personnes qui nient la valeur des pouvoirs parapsychologiques en tant que facteurs d’élévation spirituelle. Nous leur répondons simplement : l’expérience parlera pour nous. Mais le reproche qui nous est fait,  » d’exiger et non de demander « , nous ne pouvons l’accepter. Un radiesthésiste  » demande -t- il  » quelque chose à son pendule Le prie-t-il Comme le radiesthésiste, nous nous livrons à une expérience d’ordre pratique . Nous tentons à résoudre le problème suivant : en prenant certaines attitudes, en effectuant certains gestes, dictés par une Tradition millénaire, pourrons-nous mettre en mouvement à notre avantage, les Forces, les Energies ININTELLIGENTES qui circulent à travers l’Univers

Il ne s’agit pas d’évoquer des Anges, des Génies, des Démons ou toute autre entité pourvue de ce que nous appelons : raison, mais bien de solliciter des Puissances dont la nature s’apparente au magnétisme, à l’électricité et surtout au psychisme INCONSCIENT ( c’est-à-dire non raisonnable) de l’être humain.

Peut-être, direz-vous. Mais en ce cas, si ces Forces appartiennent à la Nature brute, pourquoi leur manifestez-vous un si curieux respect

Le paysan chinois ou tibétain s’incline devant le bol de riz qu’il va manger. Animisme Certes pas ! Mais sentiment de vénération dû à la Nature, qui est tout comme l’homme, une émanation du Divin – quel que soit le sens que l’on donne au mot  » Divin « . Ne croyez-vous pas que l’Occident gagnerait à se montrer un peu plus respectueux à l’égard de la Nature

Restons-en là. Il serait quand même étonnant qu’il existe encore des personnes imaginant que c’est Dieu lui-même qui tonne au sein des orages…

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Maintenant, durant quelques pages, nous allons vous présenter un texte touffu, confus, de lecture et de bonne compréhension malaisées.

Des comparaisons baroques, des propos bizarres et peut-être même révoltants vont vous êtes tenus. Pour tout dire, le texte qui va suivre, il sera peu compréhensible et vous semblera probablement un tissu d’insanités.

En ce cas, vous direz-vous, pourquoi le présenter

Réponse : parce que ce texte n’est pas fait pour être compris par la seule raison consciente mais par

Votre psychisme Total –

SUBCONSCIENT COMPRIS

Ceci grâce à la pratique d’un exercice que nous avons déjà mentionné – mais dont nous parlerons plus loin longuement : le Tsyng-Chen intégral, porte de l’Eveil.

Ce texte est, en principe , destiné aux seuls adeptes de la voie A. Cependant, même si vous avez choisi de suivre pour le moment, l’autre Voie, nous vous conseillons de le lire. Et de le lire plusieurs fois.

Vous pensez qu’il est trop tôt Que vous n’êtes pas encore préparé Qu’il subsiste encore en vous trop de désirs divers

Peut-être ! Mais peut-être aussi est-il , à votre propre horloge PLUS TARD QUE VOUS NE PENSEZ !

Lisez ce texte baroque. En dépit de son incohérence, il est le texte le plus important que vous puissiez lire, car il constitue la première tentative faite par un ordre ésotérique pour transcrire EN CLAIR l’essentiel de sa connaissance.

Seuls les hommes du Tao pouvaient se livrer à cette tentative, car ils sont, parmi les  » occultistes « , ceux dont la mentalité se rapproche le plus de celle des scientifiques d’Occident. De plus, depuis les transformations apportées par les lamaïstes à la Doctrine du Grand Véhicule, ils demeurent -en Asie – les seuls initiés non soumis à des tabous religieux.

Voici ce texte, débarrassé de tout inutile orientalisme :

Au début de cet enseignement, nous avons déjà donné une réponse partielle au problème, à notre avis, le plus important que l’homme se soit posé :  » pourquoi ne suis-je pas pleinement heureux  »  » Nous avons dit que cette impossibilité vient du fait que l’être humain demeure soumis à la souffrance et à la mort.

Heureux a dit Sou-Tchien,  » l’homme qui a peur de la mort, car il connaît le vrai

problème que d’autres se dissimulent sous des masques anodins : la peur de ceci, la peur de cela – la crainte des serpents ou des maladies. La peur d’affronter autrui – ou celle de manquer d’argent. Tout ce passe comme si l’homme avait honte de reconnaître la Peur primordiale qui est en lui. Il se conduit comme ces enfants qui n’osent pas attaquer un des leurs parce qu’ils le savent indiscutablement plus fort et qui passent leur hargne sur de plus faibles en feignant de les trouver plus antipathiques que le premier – ce qui n’est pas…

Ainsi, l’homme esquisse le vrai problème : tandis qu’il lutte contre les craintes et les phobies qu’il s’est artificiellement fabriquées, il ne pense plus qu’il est un être et que l’être veut et DOIT par sa nature même, exister totalement – puisqu’il EST – et que cette existence ne doit et NE PEUT connaître de fin puisque chaque seconde DEMEURE éternellement…  »

Sou-Tchien, comme devaient le faire plus tard les psychologues des profondeurs, estimait qu’un ennemi dévoilé perd son caractère virulent. Mais, allant plus loin que les modernes, il pensait que le seul authentique adversaire des humains, dissimulé derrière les mille

masques de la névrose, était, non pas la mort , certes, mais la crainte de la mort.

 » Pourquoi ,disait-il  » l’homme qu’il l’avoue ou non, craint-il la mort Parce que mourir, entraîne la souffrance physique Cela n’a rien de constant : certains hommes meurent sans même s’en apercevoir… Parce que l’on cesse de penser, de parler, de voir les siens Mais alors chaque sommeil nocturne serait pour nous l’équivalent d’une petite mort et personne, sauf s’il est sujet aux cauchemars, n’a peur d’aller dormir… La vérité est que l’homme a peur de la mort parce qu’il lui prête un caractère irréversible… Lorsque l’homme comprend qu’il ne cesse de naître et de mourir – par conséquent de vivre – sa peur cesse et, si quelque chose l’ennuie encore tant qu’il n’a pas atteint la sagesse, c’est bien le fait de naître. Lorsque la sagesse l’atteint, par contre, il comprend que tout est nécessaire, vie, mort, naissance, et il cesse de se tourmenter.

 » Vous ne comprenez pas ce que je vous dis Il est des choses que, de mon côté, je ne comprends pas… Vous connaissez le Ho-Nan Les gens là-bas ont les sens du cúur (Ce que nous appellerions des dons psychiques ) particulièrement développés. Chez eux la prescience est chose courante. Il n’est pas rare de voir un homme qui dit :  » Mon fils va venir me voir ce soir… Quelque chose me le dit !  » Et le soir, le fils vient en effet voir le père… Ces gens sont fréquemment prévenus de leur propre mort. Non pas comme le condamné auquel le juge dit : demain, tu mourras !

 » Comme le fait est courant dans ce pays, comme très souvent l’homme qui entend cette voix intérieure a eu un père qui entendit un jour la même voix et qui mourut effectivement, il sait d’expérience en quelque sorte, que ce que dit la voix va se réaliser et – c’est alors que je ne comprends plus – il devient tout triste. Et lorsqu’on lui demande la raison de sa tristesse, il vous regarde d’un air étonné et vous répond qu’il ne peut qu’être triste puisqu’il va quitter les siens pour toujours, sans espoir de jamais les revoir. L’avenir, dit-il, lui est fermé…

 » Eh bien, moi, je vous le demande : comment un homme qui connaît la prescience peut-il parler d’avenir S’il meurt le troisième jour de la Lune et qu’il en ait eu prescience le premier jour de cette même Lune, il fallait bien que cet événement – sa propre mort – EXISTE déjà ce dernier jour…

Comment pourrait-on avoir connaissance d’une chose qui n’existe pas Vous me dites qu’un sens mystérieux donne la pré-connaissance des choses à venir Des mots ! Ce sont des mots derrière lesquels vous cachez votre ignorance… Car, si l’on suit votre raisonnement , il nous faut admettre que pour l’être humain il existe un passé, un présent, un avenir – mais que pour le sens mystérieux dont vous parlez et qui pourtant appartient à l’homme

TOUT EST PRESENT !

 » Vous dites maintenant que chez l’homme, tel qu’il est habituellement, lorsque ce sens mystérieux dont vous parlez ne se manifeste pas, le passé n’est qu’un souvenir et le futur un néant, un vide à remplir, parce que, s’il en était autrement, l’homme, sachant ce qui va advenir, n’agirait plus, laisserait tout aller à l’eau…

 » Là, votre raisonnement est proche du mien car vous reconnaissez implicitement que passé, présent et futur ne sont que des fictions. Mais vous êtes-vous jamais posé cette question capitale : Pourquoi, si le Temps est un Présent éternel, l’être humain ne le perçoit-il pas comme tel

 » Je vais vous le dire : l’homme ne peut concevoir la pérennité du Présent parce qu’il est la proie de la Soif du Devenir. Mis à part le Sexe, l’homme n’est jamais content de son sort, ni du fonctionnement de l’Univers. Même le Saint n’est pas satisfait, car il veut sans cesse devenir meilleur. Des sages ont dit pour être sauvé, il faut que tu acceptes l’Univers tel qu’il est. Qui es-tu donc pour penser qu’il n’est pas ce qu’il devrait-être L’aurais-tu créé plus intelligemment S’il aspire à la Sagesse, à la connaissance l’homme accepte cette recommandation .

 » MAIS CE QU’IL N’ARRIVE PAS A COMPRENDRE , C’EST QUE LUI AUSSI FAIT PARTIE DE CET UNIVERS ET QU’IL DOIT S’ACCEPTER TEL QU’IL EST.

L’homme n’est jamais satisfait de ce qu’il est lui même. Je ne parle pas du fait qu’il estime toujours ne pas avoir assez d’argent, assez de plaisirs – ce sont là des faiblesses mais non les plus graves – Je parle du fait que l’homme voudrait ETRE autre chose que ce qu’il est. Tel qui est irritable voudrait devenir doux, tel qui est timide voudrait s’imposer à autrui. Or, paradoxalement, on ne peut changer qu’en acceptant Consciemment, d’être ce que l’on EST. ( L’histoire de Lou-Ki, sixième texte.)

L’un de vous vient de me demander si l’homme qui est naturellement méchant doit ne pas lutter contre sa déplorable tendance naturelle. Je vois où vous voulez en venir : Vous voulez pouvoir dire que Sou-Tchien conseille de suivre sa propre nature même si elle est vicieuse…

 » Eh bien, non. Il ne faut pas confondre L’ETRE et le COMPORTEMENT . Il est dans L’ETRE de l’oiseau de voler, c’est sa nature. Aussi généralement, l’oiseau vole et il ne nage pas. Et cependant, nous voyons certains oiseaux qui, pour le bien de l’espèce, volent moins qu’ils ne nagent : les cormorans par exemple. L’ETRE de l’oiseau cormoran est toujours le vol. Mais son comportement est la nage parce que le bien de l’espèce en dépend. Si tu es naturellement méchant comportes toi comme si tu étais bon, pour le bien de l’espèce. Mais accepte humblement ta nature. N’essaye pas d’être autre chose qu’un méchant, n’essaye pas consciemment et la récompense viendra car ton frère sombre (le frère sombre est l’Inconscient)

qui veut toujours le contraire de ce que tu veux consciemment et qui est infiniment plus puissant que toi, fera en sorte que ta méchanceté disparaîtra… Et ce que je dit là de la méchanceté est vrai pour TOUT…

 » Mais il y a mieux : l’être qui s’accepte et qui accepte l’Univers, échappe, par là même, à la soif du Devenir. Son frère sombre, qu’il n’essaye plus de contraindre, lui montre ce qu’est en réalité le TEMPS – et il est un exercice mental qui aide puissamment à cela (il s’agit du Tsyng- Chen intégral. ) Connaissant la pérennité des choses, l’homme cesse d’être malheureux.

 » Je n’insisterai jamais assez sur la nécessité de s’accepter soi-même avec toutes ses faiblesses, avec toutes ses tares. Avez-vous quelque fois réfléchi au fait que la phrase du Mö-Ti :  » Aime les autres comme toi même  » (phrase bien mieux dite encore par le Christ ), comporte en fait, deux sens Le premier, le plus simple, celui que tout le monde comprend, est celui-ci : l’homme veut tout le bien pour lui et rien de bon pour les autres .Il doit changer son COMPORTEMENT. Mais le deuxième sens est rarement perçu – et il s’adresse aux âmes d’élites. C’est un sens, apparemment, inverse du premier, mais dans la réalité, il n’en n’est rien car il n’est plus destiné au COMPORTEMENT, mais à l’ETRE. La seconde implication de cette phrase est la suivante : l’homme veut son bien, certes, mais il ne s’aime pas lui même réellement . Et dans le cas des Saints ,les autres hommes sont, en fait, plus aimés que les Saints ne s’aiment eux-mêmes. Et ceci n’est pas bon car l’équilibre n’est plus respecté. Le Saint accepte le monde entier, tel qu’il est. Mais il ne s’acceptera pas lui même. Il n’est qu’une vile créature, affligée de mille défauts, etc… Il aspire à changer, à devenir meilleur, plus proche de la Divinité. En conséquent , il demeure soumis au devenir et, si sa Foi peut devenir très grande, s’il entre malgré tout en contact avec l’Absolu, c’est à titre de fils , comme il dit, de Sujet, et non en homme libre, sachant, non le pourquoi mais le comment des relations de l’homme et de l’Absolu ne veuille être approché qu’à genoux Lui prête-il sa petite vanité d’homme qui, dans sa perpétuelle soif de devenir, se voit déjà aussi remarquable qu’il se rêve  »

Ainsi parlait Sou-Tchien…

Pour résumer ses paroles, nous dirons que l’homme qui veut devenir autre chose que ce qu’il est – ou croit être – doit, en quelque sorte, ruser avec son propre Inconscient. Au départ, il doit être conscient du fait qu’il désire changer. Puis, sachant que ce désir consciemment exprimé aboutirait à un fiasco, il doit, volontairement, provoquer en lui ce que les psychologues des profondeurs appellent un  » refoulement « . Mais ce refoulement sera bénéfique justement parce que, contrairement aux refoulements néfastes, il est volontairement provoqué.

Nous vous proposons, en somme, de faire exactement l’inverse de ce que l’Occident appelle la Pensée créatrice, laquelle est plus ou moins basée sur la méthode du pharmacien Coué. Cette méthode consiste, comme chacun sait, à se répéter jour après jour, même sans y croire :  » Tout va mieux, tout va de mieux en mieux  » et ce mieux est censé arrivé lorsque l’Inconscient, saturé d’affirmations optimistes finit par acquiescer et par mettre ses ressources en action de façon bénéfique.

Beaucoup de psychologues modernes se sont moqués de cette méthode, qualifiée par eux de puérile, de simpliste, d’infantile. Cependant, quelques uns – et parmi les meilleurs – pensent (et ils ont raison ) qu’il y a une parcelle de vrai dans le procédé préconisé par M. Coué. En fait, l’erreur de cette méthode est la suivante :

Elle part du principe que l’Inconscient n’est qu’une forme dégradée du Conscient – une sorte de Conscient plus puissant quant au  » pouvoir « , mais peu  » intelligent  » – et qu’il convient de convaincre par la répétition, comme l’on fait avec un enfant peu doué. Il n’en n’est rien : l’Inconscient est une brute formidable qui n’agit que dans un perpétuel esprit de contradiction.  » C’est un mulet géant !  » disait Muan-King.

C’est pour cela qu’il convient d’utiliser les forces de l’Inconscient pour comprendre ce que le conscient seul ne peut comprendre – c’est à dire le fait que tout ce qui arrive à l’homme – sa naissance – sa mort – sa vie – tout cela se déroule, pour qui n’est pas aveuglé par la soif du Devenir, en même temps et perpétuellement. Ce qui fait que l’homme n’est pas, ne peut pas être DEFINITIVEMENT mort, qu’il puisse croire et espérer . L’homme a soif de biens dans l’immédiat. Il a soif d’une vie meilleure dans une vie au-delà de la tombe et il soupire :  » Cette vie-ci ne vaut pas la peine d’être vécue. Je souffre de ceci, de cela. Je voudrais être ceci ou cela. J’ai trop de malheurs. Mais si, plus tard dans une autre vie, dans un autre monde, je rencontre la calme et la plénitude, tout sera bien !  »

Ne comprend-il pas que pour apprécier le Bien il est nécessaire que le mal existe qu’une éternité de délices ne peut se concevoir puisque un délice ne peut s’apprécier qu’en raison d’un mal antérieur et d’un mal postérieur possible et même probable Que tout malheur est relatif et que ce qui lui paraît un malheur – s’il est seul, s’il a faim, s’il est pauvre, s’il est malade -lui paraîtrait un délice s’il se trouvait dans un de ces camps ou sévissaient les séides de M. Hitler. Que l’on nous comprenne bien :

Nous ne disons pas : Il n’y a pas de vie par-delà la tombe mais simplement : l’Eternité existe déjà dans cette vie-ci. Si nous ne sommes pas plus clairs dans nos explications, c’est tout simplement parce que le vocabulaire adéquat fait défaut. Comme nous l’avons dit et répété, le conscient seul ne peut parfaitement comprendre cela, quelle que soit l’intelligence de la personne qui y réfléchit. L’apport de l’Inconscient est nécessaire. Voici, quelle que soit la Voie que vous avez choisie, ce que nous proposons. Vous allez lire une phrase qui émane de l’un des plus remarquables Tchanistes de notre époque, le psychologue iranien Moktar. C’est une phrase pittoresque et même saugrenue. Nous l’avons retenue de préférence à celles prononcées par de vieux maîtres chinois ou tibétains, parce qu’elle  » cadre  » parfaitement avec la mentalité de l’homme d’aujourd’hui. Si elle est bien comprise-nous voulons dire, si après l’exercice qui suivra, le sens de la phrase est ressenti intellectuellement et intuitivement-l’adepte de la Voie A connaîtra ce que nous appelons l’Eveil. L’univers lui apparaîtra sous son véritable aspect et il l’acceptera-et il s’acceptera lui-même. Plus modestement, l’adepte de la Voie B, aura perçu certaines vérités qui lui rendront plus aisé le chemin.

Voici cette phrase (ou plutôt cette série de phrases, mais seule la dernière sous sa cocasserie, possède une véritable importance).

 » Nous savons aujourd’hui que le Temps et l’Espace sont liés (dit le docteur). Sans Espace, pas de Temps perceptible et vice versa. Nous savons aujourd’hui également que, pour les sens de l’homme et pour les instruments qu’il utilise, il n’est dans l’univers , nulle vitesse perceptible supérieure à celle de la lumière, puisque tout objet dont la vitesse approche celle de la dite lumière voit sa masse tendre vers l’infini et, par conséquent se convertit en onde (ou en particules, peu importe) de lumière, lorsqu’il atteint la vitesse-limite de celle-ci. C’est justement parce que l’homme, bien qu’il puisse concevoir intellectuellement une vitesse supérieure à celle du phénomène lumineux, n’en a pas rencontrée dans la pratique et dans son univers de tous les jours-qu’il est incapable de concevoir intellectuellement la pérennité du présent.

 » Que se passerait-il, du moins en théorie, si un corps quelconque pouvait se déplacer aussi vite que la lumière Cette dernière vitesse étant une vitesse-limite, le corps en question remonterait le temps. Et c’est bien ainsi, que dans l’univers, hors de portée de la compréhension de l’état conditionné par la soif du Devenir, les choses se passent. Prenons un être, l’homme par exemple et comparons sa vie au déroulement de cet objet avec lequel les enfants jouent et qu’on appelle, je crois,  » un yoyo « . Mais pour ma démonstration j’ai besoin d’un Yo-Yo d’un genre très spécial : d’un Yo-Yo dont la ficelle se déroulerait sans l’action de la pesanteur à vitesse normale, comme un honnête Yo-Yo-mais qui, lorsque le jouet, grâce à l’impulsion acquise, remonterait vers le doigt, s’enroulerait à une vitesse supérieur…à celle de la lumière : inutile de dire qu’il s’agit là d’un exemple de haute fantaisie. Mais en admettant, pour les besoins de ma démonstration, la possibilité théorique d’un pareil objet, que se passerait-il

 » Supposons que d’une part, l’enfant qui jouerait avec ce Yo-Yo se trouvera pour la première fois en possession d’un jouet de ce genre et qu’il ignore tout de son fonctionnement. Supposons d’autre part qu’avant de repartir vers le haut, à une vitesse supra-lumineuse notre Yo-Yo marque un temps d’arrêt suffisant pour que l’enfant ait le temps de réfléchir au comportement du jouet.

 » Tandis que la double rondelle de bois descend, à vitesse normale, l’enfant-supposons le, quelque peu métaphysicien, malgré son jeune âge-a tout le temps de philosopher :  » Mon Yo-Yo  » pense-t-il  » vit sa vie de Yo-Yo qui consiste à descendre vers le sol… « Arrivé à l’extrémité de la ficelle, le Yo-Yo marque le temps d’arrêt dont nous avons parlé et le jeune philosophe songe :  » Il en est ainsi de tout chose. La vie de mon Yo-Yo, ou tout au moins sa fonction, est arrivée à son terme…  »

 » Mais au même moment, plus prompt que la lumière-et, remontant par conséquent, non seulement vers la main de l’enfant mais aussi ce que nous appelons le cours du temps, le Yo-Yo revient à son départ de l’espace-temps-c’est à dire quelques dizaines de centimètres avant le point de l’espace-temps où il se trouvait à la fin de sa course… Il se trouve donc au point précis et à l‘instant précis où il était avant de prendre le départ… L’enfant estimera donc que ce départ n’a pas encore eu lieu puisque lui-même n’a pas suivi le Yo-Yo dans sa course inversée de l’espace-temps. Il lance son Yo-Yo pour la première fois à son avis cependant que sur un autre point du continuum espace-temps, il philosophe sur la fin de la course du Yo-Yo…

 » En vérité, la vie de l’être-de n’importe quel être-se déroule comme la course de mon très hypothétique Yo-Yo. tout se passe comme si la pesanteur-l’entropie-l’entraînait avec une vitesse qui nous semble normale, vers le bas, vers la mort. De cela nous avons parfaitement conscience. mais nos sens, entraînant notre imagination toujours plus loin, toujours vers le bas PARCE QUE NOUS VOULONS DEVENIR nous empêche de voir que tout se passe comme si, au bout de la course, la ficelle de la vie revenait à son point de départ à une vitesse supra-lumineuse. C’est notre passion du DEVENIR et elle seule qui nous empêche de voir que TOUS les événements-et par conséquent tous les êtres coexistent…

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Vous avez lu ce texte

Nous aurions pu vous le présenter sous une forme plus  » exotique « . Vous parler du Yang (action) et du Yin (réaction). Vous dire que le Tao étant éternel et omniprésent et le Yin et le Yang ETANT, à eux deux le TAO, l’action et la réaction doivent coexister. Nous avons préféré vous parler, dans la mesure où la chose était possible, un langage familier. Nous ne savons que trop à quel point ce que vous venez de lire est peu clair, présenté comme nous vous l’avons présenté. Qu’en serait-il si nous y avions mêlé des citations ésotériques du Tao-Te-King !

Vous avez donc lu ce texte

Bien ! En ce cas quelle est votre réaction

Elle est peut-être celle que nous souhaitons. Vous pouvez penser : tout ceci est confus, mal écrit, la syntaxe est lamentable. Cependant il peut y avoir QUELQUE CHOSE là-dedans. Je vais relire ce texte encore une fois en réfléchissant au sens de chacune des phrases qui me paraissent particulièrement obscures. Ces phrases qui ne sont pas particulièrement celles qui sont soulignées dans le texte, je vais, moi les souligner, et je les relirai chaque jour jusqu’à ce que je sois à peu près sûr de leur sens correct. Après çà, je pratiquerai consciencieusement l’exercice prescrit et je verrai bien ce qui en résultera…

C’est là, réaction juste. tout personne qui réagira ainsi obtiendra des résultats positifs. Mais vous pouvez avoir d’autres réactions.

Vous pouvez vous dire : tout ceci n’est qu’inepties et galimatias. Je travaille. Je suis fatigué. je n’ai pas le temps d’essayer de décrypter ce fatras…

En ce cas, pas d’hésitation : abandonnez immédiatement l’enseignement Tchan et allez contempler le prochain spectacle de la Télévision qui vous élèvera sans effort de votre part.

Vous pouvez avoir une troisième réaction, très légitime, celle-là :

 » Faire l’effort de comprendre ces pages  » pouvez-vous penser,  » je le veux bien. Mais quel rapport cela a-t-il avec mes problèmes personnels Je gagne mal ma vie…ou je suis malheureux affectivement…ou je n’obtiens pas le poste que je désire…ou encore je ne parviens pas à trouver le contact avec mes semblables…Oui, je me le demande, quel rapport avec mes besoins Après tout, j’ai choisi la Voie B, celle des  » pouvoirs .

Nous vous répondons :

Ce texte, compris par vous, suivi du Tsing intégral exécuté selon les directives que nous allons vous donner, suffira à lui seul à métamorphoser votre existence. Il est un des points de jonction des Voies A et B .

Enfin nous prévoyons une quatrième réaction.

Vous pouvez penser :  » Ce que ces gens-là affirment et qui est peut-être gratuit, me paraît aller à l’encontre de mes croyances personnelles. Ma religion – ou ma philosophie – affirme certaines choses que ce texte paraît nier. Je n’ai pas l’intention de remettre en question les options sur lesquelles sont basées ma morale et toute ma vie. Ce texte, de mon point de vue, est destructif…  »

A ces personnes, nous répondrons :

Non ! Cent fois non ! Ce texte n’est pas destructif. Il ne l’est pour aucune croyance positive. Que vous soyez bouddhiste , chrétien, védantiste – si vous réussissez à assimiler le contenu de ces quelques pages, vos croyances se trouverons renforcées parce qu’assises, enfin sur quelque chose de vécu. Et à ce sujet, dans un prochain texte, nous vous parlerons d’une philosophie prodigieusement ancienne, dont l’occident – et même pratiquement l’orient – ne connaît RIEN en dehors d’un extrait caricatural : Le Bardö-Tho-Dol ou livre des morts tibétains. Cette philosophie – qui n’est pas, précisons-le – un syncrétisme, permet de comprendre la validité et la réalité de toutes les religions possibles.

Voici, en gros, quelles seront les réactions que nous prévoyons après lecture de ce texte. Nous ne pouvons vous dire que ceci : la première est la meilleure…

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Ce qui va suivre est donc destiné à la personne qui, même sans trop d’enthousiasme, a décidé de jouer le jeu et de relire chaque jour les passages de notre texte dont le sens lui paraît le plus obscur. nous lui conseillons de méditer durant quelques minutes après chaque lecture. Nous l’avons prévenue – et nous la prévenons encore du fait que la compréhension intellectuelle, pour importante quelle soit, ne suffit pas : la Technique du Tao n’est pas le Sankiya. Il faut maintenant intégrer cette connaissance consciente qui demeure en vous – nous le savons – assez confuse et trouble , à votre ETRE subconscient.

Pour cela, la pratique du Tsyng-chen intégral est nécessaire.

Nous avons déjà expliqué aux adepte de la Voie A en quoi consistait le Tsyng-Chen intégral. Mais nos explications ont été insuffisantes. Cette insuffisance n’avait aucune importance avant aujourd’hui, mais maintenant c’est différent et il nous faut maintenant mettre, comme l’on dit, les points sur les i .

Dans notre premier texte, nous vous avons demandé de pratiquer la phase physique du Tsyng-Chen. C’était là, il faut bien dire, un exercice peu exaltant . Il oblige les gens à porter leur attention sur ce qu’il font et ils ont horreur de ça. De plus, nous ne précisons pas la durée de l’exercice ce qui ajoutait au sentiment d’ennui qui s’en dégage naturellement.

Le Tsyng-chen intégral est très différent. Et tout d’abord, ce n’est pas un simple exercice psychologique.

Parmi les personnes qui suivent la Voie A , certaines nous ont écrit pour nous dire , sans plus :

 » Tous les jours, quatre fois par jour durant une minute chaque fois, j’ai pratiqué le Tsyng-Chen intégral…  »

Quelques unes ajoutaient :  » C’est assez (ou très ) difficile…  »

Comme nous l’avons dit plus haut, notre explication au sujet du Tsyng-Chen intégral était insuffisante est ces personnes n’ont pas compris…

Voici par contre ce qu’écrit un homme qui, lui aussi, pratique cet exercice pour la première fois mais qui, particulièrement doué sur le plan psychique , a saisi intuitivement l’étrangeté de cet exercice :

 » Cela ne fait aucun doute, ( écrit Monsieur J . T…, de Nantes ) le Tsyng-Chen est fatiguant. Curieusement fatiguant. Mais ces 4 minutes en 24 heures sont comme des bains où je  » sors  » de quelque chose. C’est bizarre comme, pendant l’exécution de cet exercice, on a l’impression de voir les objets, les choses les plus banales, pour la première fois . On a pas l’impression de les découvrir, non ! Mais ils prennent un autre sens… Lequel je ne peux le définir. Ah ! que les mots sont imparfaits et combien je traduis mal ce que je ressens. C’est  » cela  » et ce n’est pas  » cela « … Mais je suis sûr que vous comprendrez au moins une partie de mon bredouillage …  »

Nous comprenons TOUT et non une partie de ce que nous écrit M. T . .. Et ce n’est pas un bredouillage mais une traduction aussi parfaite qu’il est possible de l’état ressenti – étant donnée, comme le remarque notre correspondant, l’insuffisance des mots.

Ce que ressens M. T. Nous l’avons nous même ressenti alors que nous débutions dans la pratique du Tsyng-Chen intégral. nous ajouterons que, dans certains cas, une légère sensation d’oppression, d’étouffement., peut aussi se manifester. Lorsque le Tsyng-chen commence à prendre place dans les habitudes de vie, que se passe – t – il

Le caractère d’étrangeté ne s’atténue pas, bien au contraire, mais une sensation d’euphorie apparaît très vite, qui donne à l’exercice quelque chose d’exaltant. Techniquement parlant, les sensations éprouvées se situent à mi-chemin entre celles ressenties lors du Samadhi Yoguique et celles accompagnant le  » bersek  » nordique, mais sans les manifestations agressives habituelles lorsque apparaît le bersek. (nous rappelons que le bersek était – et est encore, – ce sentiment particulier et justifié d’invincibilité qui s’empare d’un combattant à la suite d’exercices spéciaux – ou par absorption de breuvages appropriés – ou accidentellement, sans raison spéciale. Les anciens Gaulois , Germains, et surtout Vikings connaissaient bien et appréciaient cet état mental et physique qui leur permettait des prouesses impossibles à réaliser en temps ordinaire. Par lui même, le Tsyng-Chen intégral se rapprocherait d’avantage du bersek que du Samadhi car il est (par lui même, nous insistons )  » état de l’être  » et non  » connaissance « .

Puisque, comme nous l’avons dit, notre description du Tsyng-Chen intégral a été insuffisante , nous allons la reprendre de façon détaillée.

Le Tsyng-chen intégral consiste, pendant un laps de temps dont la durée n’a aucune importance mais que nous avons évalué à une minute pour fixer un chiffre, à prendre conscience de TOUT ce dont il nous est possible de prendre conscience.

Ce TOUT englobe : nos gestes ordinairement conscients (du moins en principe ) comme par exemple le geste d’allumer un cigarette. nos gestes habituellement inconscients : les pas que nous faisons  » machinalement  » . Nos réflexes : respiration – battement des paupières – les attitudes que nous prenons. Nos pensées. Nos sensations : il fait chaud – il fait froid – je sens le vent sur mon épiderme – une odeur frappe mes narines – le ressens une démangeaison à tel endroit de mon corps. Ce que nous voyons (durant l’exercice la vue ne doit pas se concentrer sur quoi que ce soit mais au contraire  » flotter  » autour de nous sans s’arrêter sur aucun détail particulier. Il en est de même pour l’ouïe : nous devons essayer de tout entendre sans essayer de retenir quoi que ce soit de précis . )

Bref, nous devons utiliser à plein régime TOUS nos sens à la fois et être aussi CONSCIENT que possible de ce que perçoivent ces sens…

Comme l’on dit familièrement :  » Les bras vous en tombent !  » Vous savez fort bien que vous ne pourrez jamais appliquer ce programme … Rassurez vous, ne le savons aussi. Personne ne peut, même après trente années d’entraînement . Aussi ce que nous cherchons, ce n’est pas vous amener à contrôler réellement ce que font tous vos sens mais simplement faire en sorte que toutes vos facultés conscientes soient simultanément occupées. Nous vous

demandons, en autre, durant le Tsyng-Chen intégral, de  » surveiller vos pensées « … Mais, songez-y : si vous pratiquez l’exercice correctement, vos pensées, toutes vos pensées seront fixées sur le travail de surveillance que nous vous demandons de faire. Il ne restera en vous rien de conscient qui puisse, à proprement parler, continuer à s’occuper de spéculations ou de cogitations. Cependant,  » quelque  » chose prendra, en quelque sorte, la relève, et pensera en vous tandis que votre pensée consciente sera occupée par la surveillance de votre activité sensorielle : votre  » moi  » inconscient. Et, ainsi, pendant une minute approximativement ,

TOUTES vos facultés seront en action en même temps, ce qui, dans la vie ordinaire, ne se produit JAMAIS .L’homme au dire des neurologues – affirmation à laquelle nous souscrivons pleinement – n’utilise consciemment qu’un DIXIEME de ces facultés…

Tout cela est bien beau, direz-vous peut-être, mais, dans la pratique, cela me servira à quoi

Toute personne qui a commencé à pratiquer le Tsyng-Chen intégral de la bonne façon , n’a pas besoin, pour continuer cette pratique, qu’on lui donne des raisons. Elle continuera d’elle-même car la sensation réelle d’augmentation de force (même physique ) et de lucidité qu’elle a éprouvé durant cet exercice bien fait – c’est à dire avec le maximum d’intensité, – est en soi – même une récompense qui l’incitera à persévérer.

Mais ce n’est pas tout, évidemment. Bien loin de là. lorsque ayant lu le texte que nous vous avons proposé, ayant réfléchi à son sens, ayant quelques minutes médité à son sujet de la façon ordinaire dont au médite, c’est à dire en évoquant dans votre esprit le thème général sans vous concentrer sur un point particulier ; lorsque ayant fait tout cela, vous passerez, immédiatement , sans solution de continuité , à la pratique du Tsyng-Chen intégral, alors, vous connaîtrez ce que nous appelons l’Eveil aux réalités du Tao, la connaissance intuitive et, en quelque sorte charnelle, des rapports existant entre l’homme et le Continuum…

Nous ne prétendons pas que vous réussirez tout de go, à la première expérience. (Et pourtant, ce cas s’est déjà rencontré ). Vous ne réussirez peut-être pas non plus à la dixième : cela dépendra de vos dons personnels. Mais, pour peu que vous persévériez ; vous réussirez à ce jeu, il n’y a pas de perdants…

Afin de prévenir une question probable, nous tenons à préciser que la pratique du Tsyng-Chen intégral ne pose aucun problème de santé. C’est un exercice fatiguant lorsqu’on y est pas encore habitué. Mais la fatigue qu’il provoque est saine et ne laisse aucune trace. En ce moment , au Japon et aux U.S.A. , certains de nos amis neurologues obtiennent, grâce à l’usage du Tsyng-Chen intégral, des résultats spectaculaires – et que nous savons durables – dans le domaine des dépressions nerveuses.

Ce que nous venons de dire au sujet de l’Eveil provoqué par le Tsyng-Chen, s’adresse avant tout, bien entendu, aux adeptes de la Voie A. Mais les adeptes de la Voie B ont un égal intérêt à pratiquer cet exercice. Parce que, si l’on peut dire que le Tsyng-Chen est la clef de l’Eveil, il est permis aussi d’affirmer qu’il est également la clef des Pouvoirs – des  » Tö « .

Adepte de la Voie B, nous vous avons demandé d’apprendre à concentrer votre attention totale sur des chiffres. Nous vous avons montré comment pratiquer certains gestes dits (à tort)  » magiques « lesquels, mettant en relation votre psychisme inconscient et certaines forces naturelles apparentées à ce psychisme, vous permettaient d’influer directement sur certains événements au sujet desquels vous vous sentiez émotivement engagé. Lorsqu’elle est pleinement appliquée, cette méthode  » marche « , en moyenne, de façon satisfaisante. Mais nous vous avions prévenu : elle ne  » marche  » pas toujours. Les raisons d’un échec possible sont diverses. La concentration peut être insuffisante. L’intensité volitive peut également être trop faible. Il se peut aussi que plusieurs désirs contradictoires se rencontrent au sein de votre inconscient. De plus, en cela comme en beaucoup de domaines certaines personnes sont douées et d’autres le sont moins. (par exemple au moment où ces lignes sont écrites, certains adeptes de la Voie A , à dire vrai peu nombreux, ont obtenu des résultats capables d’étonner un expert.) D’autres en revanche, n’ont obtenu aucun résultat tangible. Ils n’ont du reste pas lieu de se décourager. Leur entraînement est encore bien court.

Mais, lorsque vous pratiquez cet exercice parapsychologique que nous nommons  » Appel aux Forces « , vous agissez si l’on peut dire, à l’aveuglette. Vous ne pouvez savoir dans l’immédiat quel sera le résultat de votre acte. Vous ne  » sentez  » rien. Il en va tout différemment avec le Tsyng-Chen intégral pratiqué dans un but parapsychologique. toutefois, nous vous prévenons, les résultats que vous obtiendrez grâce au Tsyng-Chen ne sont pas de même nature que ceux que l’Appel aux Forces peut vous donner. Il ne saurait être question, avec le Tsyng-Chen de DEMANDER quelque chose à qui que ce soit-où plutôt à quoi que ce soit. Il s’agit de FAIRE. Vous-même. Car, durant quelques minutes après cet exercice, vos capacités personnelles dépasseront fortement leurs limites habituelles. Afin de vous permettre de mieux comprendre ce que nous voulons dire par là-et un bon exemple valant mieux qu’un long discours, nous allons vous donner non pas un, mais deux exemples.

Les lignes qui vont suivre sont dues à un de nos instructeurs relatant dans une lettre à un ami, deux expériences personnelles.

 » Pour ma part,-écrit-il  » je n’ai, en 15 ans de pratique utilisé le Tsyng-Chen qu’à deux reprises dans un autre but que la compréhension du Tao. Il est certain que Maître W… a raison : se servir du Tsyng en dehors de la recherche de l’Eveil est un véritable viol de la Réalité et, à ce titre, mieux vaut laisser l’usage aux seuls chamanes. Pourtant nos deux expériences personnelles baignaient, si je puis dire, dans un contexte humain tel que je ne puis les regretter. Jugez-en :

 » La première fut nettement la plus spectaculaire. Elle eut lieu à M…. Vous vous souvenez de cette bourgade perdue . Elle est semblable à cent autres villages riverains. A cette différence près qu’elle possédait, à l’époque, une petite imprimerie, propriété de notre ami l’Italien Renato (lequel est mort récemment, vous l’ignoriez peut-être). Ce fut dans cette imprimerie que la chose arriva…

 » Le Comité de défense du District avait passé commande à Renato de bon nombre d’imprimés, destinés aux populations établies aux bords du Fleuve. Ces imprimés, je l’ai su plus tard, comportaient divers textes. Sur les uns étaient mentionnés des conseils-ou plutôt des ordres-prophylactiques à l’intention des villages du Sud que le Typhus menaçait. D’autres faisaient état de dispositions à prendre en vue de l’engrangement des récoltes ou de la venue des troupes d’un quelconque Seigneur de la Guerre.

 » Le Délégué du Comité avait particulièrement recommandé à Renato l’imprimé destiné à être diffusé parmi les communautés israélites du Bassin.  » Très important « , avait-il dit et l’imprimeur avait parfaitement compris qu’il s’agissait d’une question de vie ou de mort. A cette époque et en ce lieu, la vie et la mort étaient séparées par un intervalle si mince, que l’homme qui eut voulu parler longuement d’un péril mortel n’eut cessé de discourir, vous le savez comme moi…

 » Le texte à composer à l’intention des communautés juives, avait été rédigé en Hébreu par le rabbin Lewis, de L…., car le Comité n’ignorait pas que Renato possédait une  » casse  » de caractères hébraïques-ce dont il n’était pas peu fier…

 » Le Délégué parti, Renato confia la composition de ce texte à un de ses ouvriers, lequel fit son travail puis, fut satisfait de lui-même à tel point que, sans même faire épreuve, il jugea l’úuvre définitivement terminée et décida de fumer une cigarette. A cette époque, le papier à cigarette était rare dans la région. Le papier de sa copie hébraïque lui paraissant d’une minceur appropriée à cet usage, sereinement, notre homme s’en servit pour se rouler, à la russe une cigarette qu’il fuma. Après quoi, par inadvertance, il flanqua sa composition par terre !

« J’étais occupé à réparer un filet de pêche quand je vis venir vers moi un Renato bien ennuyé. Il m’exposa ses ennuis, ni lui, ni bien entendu, aucun des membres de son personnel, ne connaissait un seul mot d’Hébreu. de toute façon, eussent-ils été aussi experts en cette langue, que Maimonide lui-même, ils n’en eussent pas été plus avancés car la copie du texte était partie en fumée et la composition, décomposée en ses éléments constitutifs, jonchait en ce moment, le sol en terre battue de l’imprimerie… A tout hasard, Renato venait voir si  » je pouvais faire quelque chose « …

 » Je réfléchis quelques instants. Le cas était grave. Pour autant que nous puissions savoir, des vies humaine pouvaient être en jeu. Je décidai de tenter quelque chose par le Tsyng-Chen…

 » Dans l’atelier de Renato, l’ouvrier coupable, souriant et très décontracté ; pas le moins du monde inquiet des conséquences de sa négligence et de son peu de conscience professionnelle, me montra le petit tas de caractères qu’il venait de ramasser. Je tournai et retournai quelques lettres entre mes doigts. Aussi ignorant que Renato de la langue du peuple élu, ce que j’avais là, devant moi était-excusez le mauvais jeu de moi : il s’impose-c’était pour moi de l’Hébreu…

 » Durant quelques instants, je me sentis découragé : que pouvais-je tirer de valable de ce magma rationnellement, il était absolument, rigoureusement , totalement impossible que je reconstitue, à partir de ce chaos, la composition typographique dispersée. Je résolus pourtant d’essayer, et à corps perdu « , toutes mes facultés tendues, je me  » lançai  » dans le Tsyng-Chen…

 » Vous connaissez les sensations éprouvées : je voyais -Renato, dont un tic nerveux déformait par instant la commissure des lèvres-, ce grand dadais de T… qui avait stupidement répandu la composition sur le sol-les ouvriers-les machines-les murs avec leurs écriteaux recommandant l’ordre et la propreté, mes mains, enfin, tripotant les caractères de plombe en vrac devant moi. J’entendais : le bruit ferraillant de la Minerva hors-d’âge que Renato utilisait encore pour l’impression de cartes de visite (Ce péché mignon des chinois)- et je n’entendais à proprement parler rien d’autre car le vacarme produit par la vieille machine couvrait tout autre bruit. Mais je « sentais  » les battements de mon cúur-la très légère trépidation du sol-comme je sentais l’odeur de pétrole et de plomb fondu, comme je sentais la position prise par mon corps, la tension de mes muscles, le contact de mes doigts et du plomb. Et surtout, je SENTAIS, intensément, en moi et si je puis dire, hors de moi, cette sensation d’euphorie, d’excitation, de dépassement de l’être que procure une bonne exécution du Tsyng-Chen. Brusquement, sans préavis, je me retrouvais dans mon état ordinaire, à ce détail près que mes mains semblaient être devenues indépendantes de mon individu. Elles s’affairaient, travaillaient, rassemblaient et groupaient les caractères… Que vous dirai-je La composition se trouva rétablie en un temps très bref. Nous sûmes plus tard qu’elle ne comportait pas une erreur. sa teneur, par chance, avait une importance réelle.

 » Mon autre expérience est plus brève. elle consista, tout simplement à retrouver une pièce, une aiguille que l’on supposait avalée par un bébé. Grâce au Tsyng-Chen, je Vis la mère de l’enfant déposer UNE HEURE PLUS TOT cette aiguille sur un rebord de fenêtre où elle l’avait oubliée. En rapport avec la contexture du temps cette deuxième expérience est plus que l’autre, apparentée à l’Eveil…  »

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Ce sera tout pour aujourd’hui. Lisez et relisez.  » Imprégnez-vous  » de ce texte. Et pardonnez-nous sa très mauvais présentation ; ses fautes de syntaxe, d’orthographe, son impression défectueuse : on ne juge pas un fruit sur son apparence mais sur le goût qu’il a et sur ses effets sur l’organisme. Prenez votre temps avant d’écrire à Jérôme Calmar pour lui demander la suite de nos textes. Celui-ci est vraiment important.

Un conseil si vous êtes adeptes de la Voie A et si vous désirez immédiatement tenter l’expérience de l’Eveil : ne négligez pas le Wou-Weï. Tant pis si vous ne pouvez maintenir une apparence d’impassibilité extérieure. tant pis si vous ne pouvez à la fois penser intensément et vous contempler dans un miroir : ne vous regardez pas. Mais tous les jours, durant quelques minutes, évoquez intensément le sort commun de chaque être -et qui sera le vôtre : la mort. Evoquez-le simplement sans essayer de trouver une consolation ni en en faisant un épouvantail. C’est un événement qui se produira. Songez aux diverses façons dont il peut se produire. L’homme bien qu’il connaisse l’inéluctabilité de la mort en général n’arrive pas à se convaincre entièrement, consciemment et inconsciemment de l’inéluctabilité de sa mort propre. C’est un des écueils rencontrés sur le chemin de l’Eveil…

Notre prochain texte, dans le cadre du Cycle de Longue Vie sera consacré à la médecine du Tao…

Que les Puissances Bienfaisantes soient avec vous.

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