LA TECHNIQUE DU TAO – Texte 17

– Et voilà ! dit l’Européen en pénétrant pour la septième fois dans la cellule de Maître Wou. Dix jours se sont écoulés au cours desquels j’ai tenté de me débrouiller.
– Sans résultats ?
– Je dois être franc : j’ai obtenu certains résultats et je les trouve assez satisfaisants sur un certain plan. Mais sur d’autres, je suis déçu.
– Les raisons de cette déception ?
– Tout d’abord, la pagaille continue. Je n’arrive pas à pratiquer chaque phase du dzog tchen en bon ordre, comme je le voudrais. J’oublie, je mélange.
– Passons : je vous ai dit que je vous apprendrais une comptine qui vous permettrait de sortir de cette impasse. A part cela ?
– A part cela, les résultats obtenus, bien que positifs, ne correspondent pas à ce que j’attendais.
– S’il vous en souvient, j’ai fait mon possible pour écarter de vous toute idée préconçue.
– Vous m’avez même dit que les sensations éprouvées, l’état d’esprit de l’individu qui connaît l’éveil ne sont pas descriptibles. Si cela est vrai, je n’en suis pas là car ce que je ressens peut assez bien se décrire.
– Alors, décrivez !
– Voilà : vous connaissez cette particularité de mon mental ? Il m’est très difficile, par nature, de concentrer mon esprit sur un sujet donné. Pour y parvenir, je suis, chaque fois, obligé de fournir un gros effort. Par manière de compensation, cette disposition naturelle me procure quelques avantages : je puis, par exemple, soutenir une conversation, écouter la radio et lire en même temps. Mais, bien entendu, cette simultanéité n’est qu’apparente. En fait, lorsque quelqu’un me parle, ma pensée enregistre les mots entendus, puis elle se porte vivement vers les paroles issues du poste de radio – qu’elle enregistre aussi – elle « fonce » vers le livre où elle ramasse quelques lignes et se trouve à nouveau disponible pour fournir la réponse à l’interlocuteur, etc… Tout cela très vite, ce qui fait qu’un observateur non averti pourrait s’y tromper et croire que je suis réellement capable de penser plusieurs choses à la fois. Mais je sais bien, moi, qu’il n’en est rien et que, si je fixe ma pensée sur un point – ce qui m’est difficile – elle ne peut, en même temps, être fixée sur un autre…
– Et alors ?
– Alors, cela était vrai jusqu’à ces jours derniers. Maintenant, je suis vraiment capable, à certains moments, de penser – non pas à plusieurs choses – mais à deux choses à la fois. C’est très curieux : lorsque j’arrive vraiment à me « désidentifier », à regarder extérieurement mon psychisme (si je puis dire), je le « vois » littéralement penser à une chose donnée. Et mon « je » … comment dire ? extra-psychique ? n’est pas dans cette pensée. Il pense lui aussi mais… (ce point là est difficile à expliquer)… il pense à un autre niveau, sur un autre plan. Le plus curieux est que je sens venir cette double pensée, s’exerçant, en quelque sorte, sur deux longueurs d’ondes différentes : une froide exaltation – j’ai réfléchi, c’est exactement l’expression qui convient : une froide exaltation – envahit mon psychisme, mon corps, mais non ce « moi » qui n’est ni mon corps ni mon psychisme.
– Vous commencez, mon jeune ami, à vous éveiller partiellement.
– Diable ! Puis-je vous dire le fond de ma pensée ? J’ai toujours pensé que ce que vous appeliez « éveil » devait survenir brusquement, brutalement, comme une bombe ou une révélation; comme un bouleversement qui transforme totalement et irréversiblement l’individu qui en est le bénéficiaire…
– C’est irréversible. Quant à la brutalité, pourquoi serait-elle obligatoire ? L’état d’éveil est défini comme aussi différent de la veille ordinaire que celle-ci l’est du rêve fait pendant le sommeil du corps. Il est possible de s’éveiller brutalement, brusquement, du sommeil nocturne. Il est aussi possible de s’éveiller graduellement. L’éveil initiatique est un état de conscience acquis, non une Révélation divine… c’est irréversible lorsque l’éveil est total…
– Bon ! Si je comprends bien, j’appartiens à la catégorie des éveillés progressifs. Mais, puisque dans mon cas, il y a graduation, il doit être possible de prévoir, au moins pour l’immédiat, la suite de cette graduation ?
– C’est facile. En vous – si ce n’est déjà fait – va s’établir l’apatheia. Apatheia est un terme grec dont votre peuple a fait le mot « apathie ». Il fut surtout utilisé par les stoïciens pour définir un état d’esprit, très différent de votre apathie, laquelle est toujours plus ou moins pathologique. L’homme en état d’apatheia est presque indifférent au sort de ce que l’on considère généralement comme lui-même (son corps/psychisme) mais il ne demeure pas inactif pour autant, bien au contraire. Dès que, par la pratique du dzog tchen, l’apatheia est atteinte, je dis nettement qu’il y a éveil. Partiel ? Sur le plan de la réalisation intérieure, certes. Mais sur celui des réalisation pratiques, il est bien près d’être total. Comment se comporte, en effet, l’homme qui, par le dzog tchen, a atteint l’apatheia ? Il se comporte comme celui qui sait qu’il n’est pas ce qu’on croit être lui et, par conséquent, il ignore tout égoïsme. Dirons-nous qu’il a pitié des créatures qui s’agitent autour de lui et qui s’identifient à leur ego ? Evidemment, il a pitié, mais cette pitié se manifeste au niveau de son psychisme et de son corps et à l’égard des seuls psychismes et corps des êtres qui l’entourent. Cette pitié ne va pas au véritable « je » de ces êtres. Elle est donc relative et non paralysante. L’homme déjà éveillé, en état d’apatheia, ne s’intéressant plus exclusivement aux exigences de son ego (dont certaines, cependant, sont légitimes et doivent être satisfaites) pourra réellement aider autrui. Comprenez ceci : l’homme éveillé sait que son corps/psychisme n’est pas « lui ». Il sait aussi que les corps/psychismes qui l’entourent de sont pas réellement « les autres ». Toutefois, comme je l’ai dit, son état d’esprit ne le dispose pas à l’inactivité, bien au contraire. Il agira donc pour donner à son corps/psychisme ce à quoi il a légitimement droit. Mais il agira tout autant pour donner aux autres corps/psychismes, non seulement ce à quoi ils ont droit légitimement mais aussi ce qu’ils désirent si la chose est permise sans troubler le bon fonctionnement du Tao – du Destin. Il oeuvrera aussi – et surtout – pour que les autres « je », emprisonnés dans leur ego, parviennent à s’éveiller. Et les actions de l’homme éveillé – même au stade de l’apatheia – sont aidées par une force extraordinaire : l’intelligence objective.
– Bonne nouvelle ! Si je deviens plus intelligent, je vais enfin pouvoir apprendre plus facilement votre damnée langue.
– Vous m’avez mal compris. Il ne s’agit pas du degré de l’intelligence. Vous êtes personnellement d’une intelligence… disons : de bonne moyenne. Mais vous êtes très peu doué dans certains domaines (idiomatique et mathématique notamment). Il n’est pas question de progrès scolaires. J’ai parlé d’intelligence objective. L’homme ordinaire ne se sert pratiquement jamais de ce genre d’intelligence. La sienne est subjective car elle est dominée par son émotivité. Prenons un exemple dans votre Histoire : Napoléon Bonaparte fut un homme d’une intelligence tout à fait exceptionnelle. Lorsque (accidentellement, par malheur) il lui arrivait d’utiliser cette intelligence de façon objective, les résultats étaient extraordinaires. Mais sa sujétion à son ego, donc à son émotivité, lui firent commettre des bévues incroyables. Songez donc : cet homme au cerveau puissant se voulut le maître d’un Empire héréditaire dans un monde où, en grande partie par son action, de tels Empires devenaient non-viables. Un homme éveillé, même très inférieur intellectuellement à votre Empereur, n’aurait pas commis ses erreurs. D’abord parce qu’il n’aurait jamais eu envie d’exalter la pauvre chose qu’est un ego. Ensuite parce qu’il eut tenu pour aussi licite – et plus encore – les désirs de l’ego d’autrui. Enfin parce que son intelligence objective permanente l’eut empêché de jamais perdre son sang-froid et de prendre les excitations de ses nerfs pour l’expression de la réalité : comparez Napoléon à Asoka. Un homme éveillé, même s’il est encore au stade de l’apatheia, s’efforce de ne prendre de décisions que bénéfiques au plus grand nombre ou aux plus nécessiteux. Il peut, bien entendu, se tromper : il n’est pas Dieu. Mais cela ne lui advient que rarement car il ne prend de décision qu’après avoir examiné lucidement toutes les informations qu’il possède, sans tenir compte d’aucune des impulsions négatives qui émanent de son système nerveux. Ses erreurs – rares – sont toujours imputables à la brièveté du temps qui lui est imparti ou à l’insuffisance du matériel informatif. Il est, en quelque sorte, l’archétype – au sens habituel du terme – du chirurgien.
– Tout ce que vous me dites là est bien… euh ! terre-à-terre. J’imaginais plutôt l’éveil sous un aspect plus… fantastique et merveilleux.
– Je vous parle du comportement de l’homme éveillé, tel qu’il est au stade de l’apatheia. Je ne vous parle pas des réalisations intérieures. Mais je comprends que vous soyez déçu par ce comportement même. Vous êtes encore un enfant, féru de merveilleux visible. Et cependant… il existe, c’est certain, de remarquables guérisseurs qui ont sauvé, parfois par simple attouchement, des gens condamnés par la Faculté. Vous préféreriez certainement, être un de ces guérisseurs plutôt qu’un chirurgien ? Pourtant, si vous souffriez de l’appendice, iriez-vous trouver un thaumaturge ou un chirurgien ?
– D’accord ! dans ce cas précis. Mais, vous le reconnaissez vous-même, certains malades condamnés par la Faculté sont parfois sauvés par le thaumaturge.
– Depuis des millénaires, le domaine des maladies du corps est exploré par l’homme. Cependant, ce domaine est vaste et loin d’être totalement connu. Certains médecins, éclairés, admettent que le contact de certains individus, le séjour dans certains lieux privilégiés, puissent, parfois, produire chez le malade des résultats cliniques favorables. Mais, notez-le, quelle que soit la véritable origine de ces résultats, ceux-ci se produisent toujours dans une atmosphère émotivement chargée. Or le « je » de l’homme éveillé s’intéresse toujours à l’éveil du « je » des autres êtres humains. Il ne peut compter, pour obtenir des résultats positifs, sur un état émotif favorable puisque son premier but est d’emmener autrui à dépasser les états émotifs. Il ne saurait donc être un guérisseur mais bien une sorte de chirurgien.
– Et, comment se rend-t-on compte que cette… porte de l’éveil, l’apatheia, est atteinte ?
– N’ayez aucun doute à ce sujet. Lorsqu’un homme ne craint plus rien et n’espère plus rien pour son ego, il s’en rend très vite compte. D’ailleurs, les sentiments altruistes qui apparaissent tout naturellement, sans effort, ne sauraient tromper. J’emploie du reste le mot altruisme – tout comme le mot égoïsme – pour satisfaire au caractère dualiste du langage. Mais voyez comme, en fait, de ce point de vue dualiste, il est difficile de faire la part de ce que nous désignons par ces termes dans le comportement de l’homme éveillé : il sait que son ego n’est pas « lui ». Il sait aussi que l’ego de « l’autre » (sa symbiose psycho-somatique) n’est pas « l’autre ». Dès lors, il n’aura de cesse avant d’avoir emmené cet autre où il en est, lui. Altruisme, ai-je dis ? Oui. Et aussi égoïsme car l’homme éveillé se sent bien seul parmi les dormeurs. C’est du reste à cause de cet isolement même que nous trouvons assez facilement des instructeurs malgré la difficulté de la tâche.
– Bien. Mais au-delà de l’apatheia, qu’y a-t-il ?
– Certains s’arrêtent là, surtout parmi les instructeurs : ils sont pris par leur oeuvre de libération d’autrui. Cependant, peu à peu, ceux-là même obtiennent sans le chercher ce que d’autres trouvent en continuant une quête volontaire : l’homme libéré de l’ego voit la conscience de cet ego se déplacer dans un temps immobile. Cela ne vient pas d’un coup. Il se produit ce qui se produit dans le monde « ordinaire » – le même, en fait, vu sous un angle insuffisant – pour l’enfant dont les facultés perceptives se développent. L’enfant, peu à peu, perçoit trois dimensions aux choses qui l’entourent. L’homme éveillé voit, progressivement, se dessiner la quatrième. Ce n’est du reste pas là le point ultime que peut atteindre l’homme éveillé. Mais, pour aller plus loin, les ressources de tout un groupe d’hommes et de femmes sont nécessaires : un seul individu, si éveillé soit-il, ne peut pas. La base de tout cela demeure la désidentification totale de l’ego. Si nous étions sûrs que vous soyez déjà en état d’apatheia, je pourrais vous en dire bien davantage. Mais l’êtes-vous ? Je le croirais assez volontiers. Voici soixante jours que vous suivez la voie du dzog tchen telle qu’elle est connue au Sin-Kiang. Je pensais que, pour vous, ce serait suffisant. Je le pense toujours. Mais ne brusquons rien. Vous n’êtes pas sûr de vous ? Vous pratiquez le dzog tchen de façon désordonnée ? Vous trouverez sur le papier que voici une sorte de comptine (Voir à la fin du texte). Apprenez-la par coeur. Vous connaissez le pouvoir obsédant de ce genre de chose ? Dans quelques jours, cela vous trottera dans la tête sans effort volontaire de votre part. Je vous reverrai lorsque nous serons sûrs, vous et moi, que vous avez atteint l’état où le sort de l’ego ne constitue plus une préoccupation lancinante mais intéresse seulement, comme toute autre chose – cet état où bien des hommes qui valent intrinsèquement mieux que nous ne parviennent jamais. Et je vous dirai alors quel est le but ultime du Tchan, cet ordre initiatique qui cherche à « éveiller » l’homme sans pour autant viser à sa fusion dans le divin; et qui pratique la magie cérémonielle sans s’intéresser aux réalisations pratiques de cette magie…

En fait, le jeune homme, très pris par les travaux des champs, n’eut pas l’occasion d’apprendre par coeur la comptine avant de revoir Maître Wou. Leur rencontre eut lieu le surlendemain matin, au terme d’une équipée rocambolesque vécue par le plus jeune.

Maître Wou était convaincu du fait que son disciple était plus avancé dans la voie de la « désidentification » qu’il ne l’admettait lui-même. Certes, après quelques jours, il se fut rendu à l’évidence, mais, par principe, Maître Wou ne remettait jamais à plus tard ce qui pouvait être fait dans l’immédiat. De plus, comme nous l’avons dit dans le texte onze, l’Ordre Tchan possède une tradition bien établie d’épreuves infligées aux néophytes. Ces épreuves, souvent marquées du sceau de l’humour noir, sont généralement peu appréciées par certains Ecoles, soeurs quant au but, mais de moeurs plus lénitives.

Quoi qu’il en soit, sur l’initiative du vieux maître, les occupants de Kliang-Si montèrent un canular à l’usage de l’Européen. A cette époque, le Sin-Kiang tout entier était le théâtre de troubles incessants. Musulmans et nestoriens (plus ou moins « bon teint ») s’égorgeaient dans l’Ouest, près de la frontière soviétique et, dans le secteur même, couvait une révolte d’éléments mongols contre le Gouvernement (représenté, en fait, par un quelconque Seigneur de la Guerre). On disait les Mongols très excités et ne parlant de rien moins que d’éliminer physiquement les ressortissants chinois et les étrangers en général, pour faire bonne mesure.

Or, le lendemain de sa rencontre avec le vieux maître, le jeune Européen regagnait Kliang-Si après une journée de travail passée sur un lopin de terre éloigné quand il aperçut, venant vers lui de toute la vitesse de leurs montures, un groupe de chameliers nomades. Tenter de leur échapper eut été vain; le garçon continua sa marche sans presser le pas. Il fut bientôt rejoint. Sans s’embarrasser de paroles, les Mongols empoignèrent assez brutalement le piéton, le juchèrent sur une de leurs bêtes et, faisant demi-tour, repartirent aussi
promptement qu’ils étaient venus. Deux heures plus tard, le garçon se trouvait dans un campement mongol où femmes et enfants l’avaient accueilli par des clameurs peu amènes.

Le camp se composait d’une douzaine de yourtes de feutre dont les crasseux occupants vinrent très vite former cercle autour du prisonnier, dans le meilleur style « roman d’aventures ». Un individu plus sale que les autres mais que la hauteur de son bonnet désignait comme ayant la qualité de chaman, lui tint un petit discours dont il ne comprit pas un traître mot. Mais il comprit fort bien la suite, rendue plus explicite par des gestes évocateurs : ses geôliers, à titre de représailles (?), allaient le soumettre à un genre de torture dont, comme tout le monde, il avait entendu parler – le supplice de la goutte d’eau.

Quelques précisions : le « supplice » de la goutte d’eau n’est pas, le moins du monde, un supplice. Ou, plus exactement, il constitue une torture purement subjective. Nous rappelons en quoi il consiste : la victime est allongée de tout son long, étroitement liée de façon à ne pouvoir remuer ni pied, ni patte… ni tête ! Au-dessus de cette dernière, un récipient est suspendu par un trou duquel, goutte à goutte, irrégulièrement mais implacablement, de l’eau tombe. Chaque goutte tombe au même endroit, en un point précis du front du patient et, peu à peu, celui-ci éprouve la sensation que sa chair se creuse, que ses sinus vont être troués. Tout ceci est très désagréable mais au fond, pas très grave puisque le « supplicié » sait que dans la réalité sa chair ne se creusera pas : des mois seraient nécessaires pour en arriver là. Mais il sait aussi autre chose, malheureusement, autre chose qu’il a entendu ici ou là : si ce genre de torture, anodin quant à ses répercussions physiques se poursuit trop longtemps (des heures, un jour, deux jours…) à un certain moment – lui a-t-on dit – la folie s’emparera de lui ! Et, très souvent, en effet, à une époque où ce genre de mauvaise plaisanterie était monnaie courante, on vit des gens perdre la raison, au moins temporairement, PARCE QU’ILS ETAIENT CERTAINS DE LA PERDRE.

En apprenant, surtout grâce à la mimique forcenée à laquelle se livrait le chaman, le sort qui lui était réservé, l’Européen ne manifesta pas grand trouble. Il fit seulement remarquer (en dialecte local que le chaman ne parut pas comprendre) que l’eau eut été d’un meilleur usage sur le visage du dit chaman.

Il ne fut pas, dès l’abord, procédé aux préparatifs du « supplice ». Lors de son arrivée dans le camp, le prisonnier, après avoir été quelque peu houspillé, avait été garrotté à l’aide de courroies de cuir et étalé de tout son long sur le sol. Les nomades l’abandonnèrent dans cette position durant un temps assez considérable qu’ils consacrèrent à manger. Pour un repas de nomades, celui-ci dura fort longtemps car plusieurs heures s’écoulèrent avant que les convives ne se décident à l’abandonner. La pièce de résistance était un fort mouton dont les effluves venaient tout droit aux narines du prisonnier affamé. Le mouton, lui, venait tout droit du monastère ouvert de Kliang-Si et il avait été offert aux nomades par Maître Wou, ami de longue date du chaman. Mais ce dernier détail était ignoré du prisonnier.

La nuit était déjà fort avancée lorsque les « bourreaux » se décidèrent à remplir leur office. Le jeune homme fut plus étroitement lié et, en quelque sorte, rivé à terre à l’aide de solides bâtons coincés entre sa chair et les courroies qui enserraient ses membres. Au-dessus de sa tête, fut disposée à l’extrémité d’une forte perche, une grosse outre, inclinée astucieusement, de façon à ce qu’une goutte et une seule à la fois, puisse tomber à intervalles irréguliers et imprévisibles en un point précis de son front.

Notez que le garçon dont nous parlons ne possédait pas une intelligence extraordinaire. Sa culture était mince et sa nature peu réfléchie le portait à croire, dur comme fer, à la légende de « la goutte d’eau qui rend fou » telle qu’il l’avait entendu conter. Il était, de plus, encore très jeune. Pourtant il ne broncha pas, ne répondit rien aux quolibets et aux insultes. Elles étaient, il est vrai, proférées dans un langage qui lui était incompréhensible. Il resta là, inerte, chaque goutte d’eau tombant, après la précédente, sur un front qu’il ne pouvait déplacer.

Le temps passa.. Peu à peu, insulteurs et railleurs se lassèrent et, un à un, les nomades, hommes et femmes, gagnèrent leur couche. Seul, le chaman demeura près du feu de bouse, accroupi dans la position caractéristique du sorcier mongol et que les hatha-yogins nomment « asana de la grenouille ». Le temps passa encore, une heure peut-être. Il y eut, dans le ciel, ce renforcement des ténèbres qui annonce l’approche de l’aurore. Alors le chaman se leva et vint près du prisonnier. Celui-ci, toujours immobile dans ses liens et le visage inondé d’une eau qui, goutte à goutte, frappait toujours le même point de son front, soufflait et reniflait, physiquement mal à l’aise sous la douche minuscule et permanente. Mais il dormait paisiblement.

Ce furent la voix et la poigne du chaman qui l’arrachèrent au sommeil. Il ouvrit les yeux et nota une vague silhouette cependant qu’il entendait ces mots, prononcés en dialecte :
– Hao ! nei shei tiao xuan li shui miam shi tzu-jan !
Cette phrase, très incorrecte même dans ce patois qu’est le dialecte Sin-kiang, signifie : « Bien ! celui qui choisit ici le sommeil est un homme éveillé ». Le chaman ne croyait pas, pour autant faire un jeu de mots. L’expression « Tzu-jan » employée pour « éveil » est utilisée dans son sens initiatique. L’éveil, au sens profane (se réveiller après le sommeil du corps) se dirait « xing ». En employant ce mot en lieu et place de Tzu-jan, le chaman eut fait un jeu de mots… mais qui n’aurait eu aucun sens. En ce qui nous concerne, nous avons cru devoir traduire Tzu-jan par « éveil » afin, d’une part, d’éviter un exotisme facile – d’autre part afin de ne pas contribuer à encombrer un vocabulaire « ésotérique » qui l’est déjà trop.

Quelques heures plus tard, après s’être restauré – d’un morceau de mouton froid – et après avoir reçu quelques brèves mais suffisantes explications, l’Européen se retrouva devant Maître Wou.
– Je crois, dit-il à ce dernier, que l’expérience est concluante. Il y a pourtant, peut-être un détail qui « cloche ». Pendant que vos petits amis se divertissaient à mes dépens, mon « je » attendait avec curiosité le moment où mon psychisme commencerait à déraisonner. Est-ce normal, cette curiosité ?
Maître Wou se mit à rire :
– Pourquoi pas ? Apatheia n’est pas apathie. Le « je » est détaché, il n’est pas amorphe. Mais de toute façon, sauf choc physique considérable et qui remet tout en question, un homme dont la désidentification est suffisante ne risque pas la folie. Maintenant, sachez-le, même si vous étiez abandonné à vous-même, vous continueriez à progresser. L’état que vous avez atteint, quoique différent des samadhis yogiques, a ceci de commun avec eux qu’un état inférieur débouche, un jour où l’autre, sur un état supérieur. Le tout est de faire le premier pas, de connaître le premier éveil. Mais ce premier état, ce premier pas franchi, va me permettre de vous dire certaines choses qui ne seraient de nul profit à un homme totalement non-éveillé, car elles demeureraient pour lui à l’état d’hypothèses invérifiables. Vous, déjà, vous pouvez, dans une faible mesure, entreprendre de les vérifier. Je vais vous conter une étrange histoire, celle de l’ésotérisme du Tao. Il s’agit d’une tradition, la nôtre. Ce que je vais vous dire est improuvable au sens habituel du terme. Vous avez une vague connaissance de certains ésotérismes occidentaux et orientaux. Vous noterez au passage certains points communs entre leurs traditions et la nôtre – et plus encore, des divergences. Mais tout d’abord, il est nécessaire que je vous explique les origines exactes de l’Ordre Tchan. Vous pensez que j’aurais dû vous fournir des explications au sujet de notre Ordre plus tôt ? Ce n’est pas ainsi que nous procédons.

Tchan est l’abréviation de « tchanna », traduction du mot sanscrit « dhyana ». Comme vous le savez, dyana était le mode de concentration mentale, de méditation sans objet introduit en Chine par le bouddhiste Daruna (ou Bodhidarma). Comme il fallait s’y attendre, l’empreinte chinoise fut vite mise sur cette doctrine d’importation. Le taoïsme, notamment, le marqua fortement. Peu à peu, sous la direction de ses « Patriarches », le Tchan prospéra.. Puis, pour des raisons qui importent peu, il déclina et, pour finir, émigra au Japon ou la tchanna devint la zenna : le Zen. A partir d’une certaine époque, si le Zen figure dans l’Histoire, le Tchan chinois a, sinon totalement disparu, du moins s’est presque fondu, en tant que doctrine particulière, dans un bouddhisme chinois plus ou moins orthodoxe. Cependant, le Tchan, plus qu’une doctrine, était – est – un état d’esprit. Certains hommes possèdent l’état d’esprit Tchan sans même le savoir : lorsqu’il m’a été donné, pour la première fois, l’occasion de lire l’oeuvre de l’anglais Swift, j’ai été frappé de la ressemblance entre sa tournure d’esprit et la nôtre.

Il subsista donc, en Chine, de petits groupes d’hommes – et de femmes – se recommandant de Tchan et portés, à la fois, à la recherche spirituelle et à une certaine forme d’irrespect. (Lorsque tu as prononcé le nom de Bouddha, rince ta bouche et crache, dit le Zen).

Certains de ces hommes se rendirent – l’histoire ne dit pas pourquoi – au coeur de l’Asie, dans ce Turkestan qui n’était pas encore chinois et où nous sommes. Là, ils firent la connaissance d’hommes et de femmes qui, sur bien des points, étaient proches d’eux. Ces gens se recommandaient de la Tradition du Tao. Non point du taoïsme religieux, mais de la philosophie du Tao, bien plus ancienne qu’on n’imagine et dont des hommes comme Lao-Tseu ne sont que des représentants presque tardifs. Les hommes de la tchanna prirent connaissance de la tradition ancienne du Tao, la comparèrent avec leurs propres connaissances et expériences. Ils décelèrent, entre les deux systèmes, une indéniable parenté. Il y eut fusion, des connaissances et des méthodes. De là est née la Technique du Tao, dont les adeptes, en hommage à Bouddha « le re-découvreur » – car une certaine forme d’irrespect dans le caractère n’empêche pas l’hommage mérité – conservèrent (ou prirent) le nom de tchanistes. Or, dans le tchanisme, tout, en dernière analyse, repose sur la Tradition du Tao, dont le Bouddha avait, par son propre effort, redécouvert certains des aspects.

Voici ce que dit la Tradition du Tao :
Il y a de cela des millénaires, certaines régions privilégiées du globe terrestre, reçurent la visite « d’Instructeurs venus d’ailleurs ». Cela, toutes les Traditions le disent. Mais, dans l’espèce humaine, il existe, sur un certain plan, deux types d’individus. Les Traditions sont, pour la plupart, détenues et maintenues par des gens appartenant au premier de ces types, le type religieux. De génération à génération, les initiés se transmettent le dépôt reçu (ou ce qui en subsiste), ceci dans un climat respectueux dans lequel le visage des Anciens, des premiers Instructeurs, prend un caractère se rapprochant de plus en plus du divin. Ce genre de traditionalistes est pénétré, avant tout, du sens du sacré. Cela n’est pas un mal en soi, loin de là. Mais cela tend, d’une part, à scléroser l’esprit – d’autre part à fausser la vision. Quelqu’un a écrit : « Il n’y a plus d’idolâtre dans ce pays parce qu’un jour les hommes ont osé regarder leurs dieux et ils ont vu qu’ils n’étaient fait que de bois, de pierre, et de croyances… » Le deuxième type d’homme – de traditionaliste – est différent. Il est apparenté à cet individu que nous montre Shakespeare, disant au fantôme qui vient de lui apparaître : « Vous, je vous reconnais : vous êtes une tranche de pudding que j’ai mal digérée. » Les traditionalistes du Tao appartiennent à ce type d’homme, avec toutefois, une nuance importante : sachant que l’Univers n’est pas simple, ils vérifieront, aussitôt après leur boutade, si VRAIMENT, le fantôme est bien une tranche de pudding.

Donc, lorsque les Instructeurs vinrent parmi nous, certains reçurent leur enseignement comme émanant des dieux ou de Dieu. Les hommes du Tao réagirent, en raison de leur tempérament, de façon différente. Ils ne virent rien de surnaturel, de merveilleux dans ce qui leur était enseigné, mais seulement l’expression d’une civilisation plus haute sur tous les plans : matériel, spirituel, psychique. En conséquence, ils ne divinisèrent pas leurs Instructeurs mais les regardèrent face à face et essayèrent de profiter au mieux de leur enseignement. Mais les hommes n’étaient pas armés pour atteindre, dans l’immédiat les pouvoirs de leurs éducateurs. Ceux-ci – nous les appelons : les Anciens – prévinrent leurs disciples humains des deux « obédiences », du danger qu’il y aurait à vouloir obtenir certains résultats « avant que les Temps ne soient venus ». Ceci au niveau de l’espèce, de l’Humanité. Ils leur montrèrent aussi le péril qui, au niveau de l’individu, frapperait celui qui transgresserait certaines règles cosmiques. De là naquit, bien sûr, la notion de tabou religieux.

Regardée face à face et sans la déformation qu’entraîne un respect excessif, voici ce que promet la Tradition du Tao : pour chaque homme, même isolé et à quelque « degré du Temps » qu’il se trouve, la possibilité d’accéder à un état de conscience différent et supérieur, grâce auquel la nature réelle du Temps est « saisie ».
Pour un groupe uni d’individus ayant atteint cet état de conscience, la possibilité de s’affranchir, littéralement, du Temps entropique qui mène l’homme de la naissance à la mort.
Pour l’Humanité, prise dans son ensemble, la possibilité d’accéder à un pouvoir et une connaissance supérieurs à ceux que les hommes attribuent aux « dieux » issus de leur imagination et qui ne sont que déformation du véritable visage des Anciens ou caricature humanisée du vrai Dieu, quel qu’IL soit.

Au cours des siècles, des millénaires, des hommes et des femmes, isolés, ont profité de la première de ces possibilités. Au cours des siècles, des millénaires, des hommes et des femmes groupés, ont profité de la seconde de ces possibilités. Mais la troisième ne sera offerte à l’Humanité en son ensemble, que lorsque les Temps seront venus, c’est-à-dire lorsque cette Humanité aura atteint un niveau de civilisation matérielle (je dis bien : MATERIELLE) suffisant. Or, ce niveau semble bien devoir être atteint par votre génération. Alors, la Technique du Tao apportera sa petite pierre à la première réalisation de l’Humanité Mutante, à la révolution psychologique à laquelle les hommes se préparent inconsciemment. Pour préciser à quel degré de technicité devra atteindre l’espèce pour que cette Mutation soit possible sans aboutir à une impasse, je dirai qu’il sera caractérisé par le pouvoir qu’aura acquis l’homme de quitter, avec son corps et ses biens, sa petite planète.

Pour aujourd’hui, nous arrêterons là l’exposé de Maître Wou. Le vieil homme devait, ce jour là, résumer la cosmologie du Tao devant son élève. Ce résumé serait trop long pour pouvoir être contenu dans ce texte.
Ce texte qui est l’avant-dernier de l’enseignement ronéotypé du Tao.
Dans le dix-huitième et dernier, avant de vous montrer les buts et de vous indiquer les moyens d’y atteindre, nous vous donnerons la fin de l’exposé de Maître Wou. Mais, dès aujourd’hui, il nous faut vous féliciter. Voici pourquoi :

Imaginez un homme, mandaté par un Ordre initiatique à peu près inconnu en Europe et arrivant sur ce continent afin d’y recruter des Adeptes. Imaginez que l’Ordre auquel appartient cet homme est composé d’individus qui travaillent pour gagner leur vie, qu’il ne dispose d’aucun de ces fabuleux trésors que l’imagination des foules attribue, généreusement, aux sociétés plus ou moins secrètes et que, en conséquence, son mandataire soit démuni de fonds importants. Imaginez enfin que le dit mandataire ne connaisse, en Europe, pratiquement personne.

Question : comment notre homme va-t-il s’y prendre pour recruter des adeptes en tenant compte des obligations suivantes :
a) ces adeptes doivent, sur un certain plan, constituer une sorte d’élite.
b) cette appartenance à une élite doit être déterminée par la capacité à surmonter une certaine forme d’épreuves.

Première solution : rechercher des adeptes individuellement, au hasard des rencontres. C’est la solution classique, mais un seul « quêteur », isolé, ne pourrait recruter que lentement et surtout dans un milieu restreint.

Restait une autre solution, d’apparence quasi-démentielle mais qui, en fait, résolvait toutes les difficultés : proposer un enseignement par correspondance, par voie de presse. Il est bien évident que tout ne peut être dit, dans ce domaine, par envois ronéotypés et nous reviendrons sur ce sujet dans notre dernier texte. Pourtant, ce n’était pas là qu’apparaissait le caractère anormal de l’entreprise mais bien dans le fait même d’offrir par voie de presse un enseignement initiatique. Beaucoup de personnes qui eussent accepté une initiation directement proposée, firent la grimace devant nos annonces et s’abstinrent. D’autres eurent une réaction différente et décidèrent de vérifier par elles-mêmes si le fantôme était, oui ou non, autre chose que du pudding mal digéré. Elles nous écrivirent et reçurent nos textes.

Or, parmi ces personnes, beaucoup n’étaient pas aptes à tirer profit de notre enseignement. Il nous fallait dégager l’élite sus-mentionnée. Ceci fut fait par les textes mêmes. Le contenu de ces textes, leur présentation, quelquefois même leur façon de vous parvenir, tout cela constituait une vaste épreuve et, vous qui lisez ce dix-septième texte, sachez que, lorsque vous rencontriez des explications contradictoires; lorsque, après vous avoir conseillé vivement tel ou tel exercice nous vous conseillions de l’abandonner sans raison apparente, tout cela était voulu. C’était, en quelque sorte, la contrepartie « littéraire » des épreuves souvent brutales des tchanistes du Centre-Asie. Souvent, sans doute, vous avez pensé : « Décidément, ces gens-là ne savent pas ce qu’ils veulent ». Mais vous avez passé outre. Sachez que, parmi les personnes qui avaient initialement entrepris de suivre notre enseignement, une sur trois est dans votre cas. C’est la norme. Le résultat que nous attendions. L’épreuve ne fut pas si facile !

Ceci est le passé. Parlons de l’avenir. Ne croyez pas qu’après le texte 18 nous vous « abandonnerons » à moins que telle ne soit votre volonté. Dans ce dernier texte, vous trouverez nos propositions. Nous pouvons vous le dire : même si, jusqu’ici, vous n’avez apparemment obtenu AUCUN résultat notable, vous en obtiendrez inéluctablement : nous y veillerons.

Quelques mots encore sur un sujet extrêmement terre-à-terre. Dans le prochain texte, nous définirons le chemin qu’il vous faudra suivre pour atteindre vos buts. Puis, durant un certain temps, il est nécessaire que vous soyez « livré à vous-même ». Après cela et selon les possibilités, nous essayerons de vous faire rencontrer personnellement notre actuel instructeur en France – ou un autre, si faire se peut. Si la chose est impossible – et que vous soyez d’accord – une correspondance par lettres s’établira entre vous et nous. Mais il est bien évident qu’à vous, désormais tchaniste « à part entière », il ne saurait, à l’avenir, être question de demander d’argent à quelque titre que ce soit : nous ne sommes pas des commerçants et nos frais sont maintenant couverts. Tout au plus prierons-nous nos correspondants de nous adresser, s’ils y pensent, un timbre pour la réponse. Quand aux groupes Tchan qui, nous l’espérons, se formeront un jour proche et rassembleront les adeptes d’une même région, ils établiront leurs propres règles. Nous pensons être à même de dire à tous un jour : Tchan possède en France un Centre permanent, un « monastère ouvert » ou vous êtes cordialement invités. Le Tao en décide.

Et pour terminer, voici la comptine que Maître Wou communiqua à son élève en lui recommandant de l’apprendre par coeur :

L’oiseau-Phénix est un étrange oiseau.
Il parle en son langage mais c’est l’oiseau
qui parle
et le Phénix écoute.

L’oiseau-Phénix est un étrange oiseau.
Il ne voit pas les êtres et les choses comme
les autres êtres.
Pour lui le gland est chêne
et l’enfant est vieillard.

L’oiseau-Phénix est un étrange oiseau
qui pense à lui souvent, à l’oiseau,
et qui se voit enfant
et puis qui se voit chêne
promis à la cognée.

L’étrange oiseau-Phénix
sait bien que chaque instant
peut apporter la mort
à carcasse et ramage.

Souffrance va venir,
Il se le dit sans trêve.
Tel est un sort d’oiseau
dans ce monde changeant. Ainsi pense
dans la crête
de l’oiseau
le Phénix…

Il s’agit, bien entendu, d’un procédé rappelant en quelques phrases les diverses étapes du dzog-tchen et non comme l’imagine le clergé taoïste qui en a fait une litanie, une prière à quelque divinité. Que les Puissances bénéfiques soient avec vous.

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