LA TECHNIQUE DU TAO – Texte 11

Il existe plusieurs voies permettent à un être humain d’accéder à un état de conscience différent de celui qui lui est habituel. Nous avons délibérément négligé de vous présenter deux de ces voies : celle de la méditation et celle de la prière.

– La méditation : il est pratiquement impossible, ou tout au moins très difficile « d’enseigner la méditation » par correspondance. Tout au plus est – il permis de dégager les grandes lignes de cette forme de discipline mentale.

– La prière : nous reconnaissons la valeur de la « bakti » mais notre enseignement est areligieux: nous sommes des « neutres ». Pourtant, afin de répondre aux questions de certaines personnes, nous allons ouvrir une brève parenthèse et dire quelques mots de la prière. Nous ne distinguerons pas entre la prière de louange et celle de demande. Nous parlerons simplement, non du genre, mais du niveau de la prière.

Il y a tout d’abord le niveau le plus bas. L’être humain (mais est-il vraiment humain) répète mécaniquement des formules toutes faites. A la longue, cette méthode peut avoir, à l’instar de celle de Coué, une certaine action sur le subconscient personnel de l’individu. Ce subconscient peut alors répondre, d’une façon ou d’une autre, et le suppliant engage un « dialogue »… avec lui-même.

Au degré au-dessus, existe la prière « venue du fond du coeur ». Elle est essentiellement basée sur l’émotivité. Son action, qui peut dépasser le niveau de l’inconscient personnel, est plus ou moins efficace, selon le niveau de véhémence atteint.

Bien supérieure est la prière – d’origine émotive également, mais d’une émotivité contrôlée – où le dévot sait « ce qui prie ». Il s’agit là d’une forme très élevée d’oraison. L’homme « se connaît », se situe dans son milieu au moment de la prière, ne se fait aucune illusion sur ce milieu et sur lui-même – et tente de hisser le tout vers l’Absolu. C’est là la prière d’un être totalement humain. Son action dépasse de beaucoup le niveau de l’inconscient individuel (et peut-être même collectif) et va rejoindre Autre Chose dont nous ne voulons pas parler. Nous rencontrons cette forme de prière chez les grands mystiques. Mais, ne l’oublions pas, le mysticisme est affaire de tempérament, ou, si l’on veut, de prédestination : ne devient pas mystique qui veut. Pour un saint authentique, que de perroquets se gargarisant d’une eau bénite douceâtre !

Fermons la parenthèse…

Et maintenant, récapitulons : nous vous avons offert le choix entre deux voies que nous avons appelées : A et B. Nous vous avons montré un des chemins permettant d’accéder à l’Eveil. Ce chemin passe par la pratique du Tsyng-Chen intégral. Il mène, obligatoirement, à l’Eveil s’il est suivi sans défaillance. Combien de temps faut-il pour parvenir au but ? Nous ne pouvons vous le dire : tout est cas d’espèce. Cependant, étant Occidental, vous aimez tracer des plans et pouvoir dire à l’avance : tel jour, à telle heure, j’aurai changé d’état de conscience, je serai « éveillé » ? Eh bien, soyez satisfait : le moyen de pouvoir prévoir ainsi existe. Il s’appelle : la Voie directe. Et, qui mieux est, vous pourrez suivre cette voie quelle que soit celle que vous avez déjà choisie : A ou B. Que vous acceptiez le monde tel qu’il est ou que vous souhaitiez y apporter quelque modification, la voie directe vous est ouverte. Et vous arriverez au but. A une condition : il vous faudra suivre, au jour le jour, le programme que nous vous tracerons. Et ne dites pas : « je n’ai pas le temps. Je suis trop occupé. Ce que je fais ne me laisse pas assez de liberté d’esprit. » Cette voie est celle de l’homme très occupé, sur tous les plans. Si vous disiez : « Mes conditions de vie m’empêchent de suivre cette voie », ce serait le dormeur amoureux de son sommeil qui parlerait en vous, car l’homme est ainsi fait : non seulement il dort, mais il chérit son sommeil. S’il pouvait le haïr, si un nombre suffisant d’humains pouvaient haïr le sommeil de leur être, tout changerait pour notre espèce – d’un changement bénéfique…

A la fin de ce texte, nous allons vous proposer le début d’un programme de sept fois dix jours. Sept étapes. Vous pouvez, si vous le désirez, faire durer chacune de ces étapes quinze jours (nous vous le conseillons, même).

Il s’agit d’un programme très progressif. N’importe qui, quel que soit le travail, le milieu, le niveau de vie, le degré d’instruction ou même d’intelligence, peut l’appliquer. Une seule chose est requise : non pas la Volonté avec un V majuscule, mais la simple bonne volonté. Si vous appliquez ce programme, nous vous garantissons que l’unification de votre être sera réalisée dans trois mois maximum. Vous ne verrez jamais plus le monde – ni vous même – avec votre regard actuel. Aurez-vous à ce moment-là une vision claire et exacte des rapports de l’humain avec l’espace/temps ? Peut-être pas de façon constante (cela dépend en partie, malgré tout, de votre niveau intellectuel), mais par instants brefs, oui, indiscutablement. Et ces instants se feront de plus en plus nombreux. Avant de passer à autre chose, nous vous proposons de prendre connaissance de la liste des états de conscience auxquels accède ou peut accéder l’être humain.

1° Etat de sommeil sans rêves.
2° Etat de sommeil avec rêves.
3° Etat de veille ordinaire à la fin du sommeil nocturne, avec souvenir d’une partie des rêves faits (souvenir conscient).
4° Etat de veille ordinaire – dans le courant de la journée – , le souvenir conscient de la plupart des rêves à disparu, le corps est plus « éveillé » qu’à la fin du sommeil nocturne, les pensées sont plus claires – mais les rêves oubliés par la conscience continuent leur action dans le subconscient.
5° Etat de sommeil nocturne avec rêves dont certains présentent un caractère prémonitoire ou significatif de quelque façon.
6° Etat de veille ordinaire avec conscience de l’existence de son propre corps et des paroles prononcées par ce corps (Tsyng-Chen 1ère et 2ème phase).
7° Etat de conscience de son propre corps, de ses propres paroles, de tout ce que perçoivent les sens – c’est-à- dire conscience de son être corporel et du milieu physique. Exacerbé, cet état aboutit à:
8° Etat de Tsyng-Chen intégral qui, s’il peut être maintenu, devient le 13ème état dont il sera question plus loin.
9° Etat de non-conscience de son propre corps et de son propre esprit (dépersonnalisation), réalisé par des pratiques parapsychologiques, et permettant une connaissance directe de milieux physiques ou mentaux éloignés dans le temps ou l’espace (voyance, télépathie, pré-cognition, etc…)
10° Etat de conscience (supérieur déjà à l’état de veille ordinaire). Les activités du corps, la perception du milieu, les pensées présentes (leur nature), tout cela apparaît consciemment à l’esprit et cette prise de conscience tend à devenir permanente.
11° Etat ou la conscience du corps, du milieu, des pensées présentes et du passé vécu tend à devenir permanente. (A ce stade, l’état de veille ordinaire est déjà dépassé. On peut déjà dire qu’il y a éveil partiel).
12° Etat ou la conscience du corps, du milieu, des pensées présentes, du passé vécu et du passé (origine) du milieu, tend à devenir permanents.
13° Etat ou la conscience du corps, du milieu, des pensées présentes, du passé vécu, du passé du milieu, est devenue permanente.

Ce treizième état de conscience est le plus élevé auquel puisse atteindre un individu humain qui entend demeurer un individu. Nous ne vous donnons pas l’assurance que vous parviendrez à ce stade si vous suivez scrupuleusement le programme en sept étapes que nous allons vous proposer. Mais si vous suivez nos instructions, vous atteindrez à la fin de ce programme le douzième état. Cela, nous pouvons vous l’affirmer. Et, croyez-nous, cela mérite l’effort que vous ferez. Rendez-vous, donc, à la fin de ce texte. Mais pour l’instant, place à la parapsychologie…

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Nous avons proposé aux adeptes ayant choisi la Voie B, de les initier à certaines disciplines parapsychologiques. Nous avons pensé qu’il était préférable de limiter le nombre de ces disciplines, et de faire, parmi elles, un certain tri. Prenons, par exemple, la lévitation. Il existe une méthode d’entraînement visant à permettre à l’être humain de s’affranchir momentanément des lois de la pesanteur. Cette méthode donne-t-elle des résultats pratiques ? Nous n’en savons rien. Certains trapas nous ont affirmé que oui. Pour notre part, bien que connaissant les techniques utilisées, nous n’avons jamais eu la tentation de les expérimenter. Car, nous vous demandons, quelle peut être l’utilité de ce genre de pratique ? En quoi, le fait de s’élever de quelques décimètres dans les airs peut-il aider quelqu’un, nous ne disons pas : à s’éveiller, mais à quoi que ce soit ? A supposer que vous soyez capable de léviter, quel bénéfice en tireriez – vous ? Vous ne pourriez même pas vous produire dans un music-hall : les gens crieraient au truquage. Cela vous permettrait-il d’aider autrui ? De quelle façon ? Cela vous permettrait – il « d’épater » vos amis ? Oui, et c’est bien tout. Croyez-vous sérieusement que cela vaille la peine de soumettre son corps et son esprit à une discipline ingrate?

Il est un autre « pouvoir » qui est très recherché, du moins en théorie. Celui de se rendre invisible. Infantilisme, influence des contes de fées et des diverse mythologies. En fait, il est parfaitement possible de se rendre non-visible. Les histoires d’ascètes contemplatifs « présents de corps mais non-visibles » sont, très souvent parfaitement authentiques. Et il nous a été dit (sur ce point précis nous parlons donc par ouï-dire) qu’un capucin européen est capable de « performances » de ce genre. Mais ni vous ni les tao-tö- jen de Tchan ne pourrez jamais réaliser cet exploit. Parce que l’invisibilité n’est pas ce que l’on pense. Il n’est pas question de possèder, momentanément un corps physique perméable aux rayons lumineux. Un jour ou l’autre, la Science – si ce n’est déjà fait – trouvera un procédé éliminant l’opacité de la matière, chair humaine comprise. Mais il y a d’énormes chances pour que l’application de cette méthode rende son « bénéficiaire » aveugle, puisque les éléments formant la chambre noire de son système oculaire seront, eux-aussi, traversés par les rayons lumineux. En fait, l’invisibilité très réelle – et le plus souvent involontaire – de certains ascètes, est un effet second de l’état de dépersonnalisation auquel ils sont parvenus. On ne les « voit » pas, alors qu’en un appareil photographique dirigé vers eux reproduit bel et bien leur image. (L’expérience a été faite).

Finalement, nous avons limité à trois les disciplines parapsychologiques que nous vous offrons. Nous les avons, jusqu’ici, effleurées en passant. Maintenant, nous allons entrer dans le vif du sujet et traiter à fond chacune des questions suivantes: 1) Clairvoyance. 2) Action psychique à distance. 3) Télépathie.

Si, décidément, vous avez la vocation de la « magie » et qu’après étude de ces disciplines vous êtes intéressés par certaines pratiques non mentionnées par nous, nous vous demandons de faire part de vos désirs à J. Calmar, qui vous répondra directement si le sujet est de sa compétence ou, dans le cas contraire, vous mettra en contact avec un tchaniste spécialisé dans le domaine qui vous intéresse dès que les circonstances le permettront.

(Nota: vous remarquerez que l’hypnotisme n’est pas mentionné. Ceci pour deux raisons: d’abord, l’hypnose n’a rien de « magique ». Ensuite parce que son usage est interdit en France aux non-médecins).

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LA CLAIRVOYANCE.

Ce qui différencie la voyance telle quelle est pratiquée en Occident de son homologue centre-asiatique, est le fait que, dans le second cas, ce procédé de perception qualifié d’irrationnel, découle toujours d’un entraînement rationnel. Pour les maîtres d’Asie centrale, il n’y a pas de clairvoyants « nés ». Tout au plus est – il admis qu’il existe des personnes plus douées naturellement dans ce domaine que d’autres – comme il existe des personnes plus douées que d’autres pour les travaux de plomberie ou d’ébénisterie. C’est pour cela, qu’au Tibet par exemple, le plus remarquable des Voyants est considéré avec le respect dû à un bon ouvrier et rien de plus – ce qui surprend généralement les Occidentaux. Nous allons tout d’abord vous décrire l’entraînement auquel se soumet le clairvoyant centre-asiatique. Ultérieurement, nous vous exposerons les procédés utilisés pour provoquer la clairvoyance proprement dite.

1° Alimentation. Disons tout de suite que la pratique de la voyance ne s’accommode pas de la diététique du Tao. Par exemple, le Voyant DOIT certains jours, consommer de la viande. Par contre, certains aliments, permis par le régime du Tao, lui sont interdits.

Aliments interdits :
Haricots et fèves. Cet interdit parait saugrenu, mais c’est un fait d’expérience: L’ingestion de ces deux papillonacées contrecarre la clairvoyance. Ne nous demandez pas pourquoi : nous l’ignorons. Mais c’est ainsi.
La glucose sous toutes ses formes est interdite (sauf exception citée plus loin). Bannir toute sucrerie, chocolat, miel, entremets sucrés, fruits et jusqu’aux petits pois – surtout en conserve car il sont (parait-il) artificiellement sucrés (?)
Pas d’alcool ni de vin. La bière, par contre, est recommandée, (Ainsi que le lait de jument fermenté, mais il est peu probable que vous trouviez en Occident ce genre de produit qui est, de toute façon, néfaste à l’organisme, donc à déconseiller). D’une façon générale, boire beaucoup – eau, lait coupé d’eau ou non – petite bière – est recommandé.

Prescriptions alimentaires spéciales :
Un jour sur trois, manger de la viande – et si possible, en manger beaucoup (de préférence au repas de midi). Le reste du temps, s’en abstenir. A part cela et le fait que le poisson est vivement recommandé, l’alimentation est celle de tout le monde.
Mais tous les soirs, avant le coucher, absorption d’un grand verre d’eau – plutôt froide – dans lequel on aura placé le matin : une pincée de thé noir – quelques feuilles de menthe (fraîches, si possible, sinon augmenter le nombre des feuilles. Disons trois feuilles fraîches ou six ou sept si elles sont desséchées). – Quelques feuilles de tilleul (même proportion que pour la menthe) Ajouter la valeur d’une pointe de couteau de sel et autant de bicarbonate de soude. Aucun de ces produits ne doit subir d’ébullition : ils doivent macérer à froid durant au moins douze heures. Notez qu’il ne faut pas que le goût de l’eau soit modifié par le sel et le bicarbonate qui y sont dissous. Pour les produits végétaux, c’est différent : qu’ils aient ou non modifié la saveur du liquide est sans importance. Et ne nous demandez pas en quoi l’ingestion de cette mixture peut influer favorablement sur le potentiel de clairvoyance d’un individu. Nous n’en savons rien et ne voulons pas vous asséner de fausses explications dans un jargon pseudo-scientifique : nous devons admettre que nous n’en saurons pas davantage sur ce sujet tant que la Science ne se sera pas décidée à se pencher, sans préjugé, sur ce genre de problème. Tout au plus pouvons nous nous permettre de faire remarquer qu’il est bien connu qu’une alimentation sans glucose provoque – dit-on – une tendance aux visions. Le contrôle de celles-ci risquant d’échapper au Voyant, nous pouvons supposer que le mélange thé+menthe+ tilleul+sel+bicarbonate de soude, est destiné, en vertu de propriétés qui nous échappent, à ramener ces visions « dans le droit chemin », ainsi que nous le disait jadis un vieux shamane.

Voici maintenant en quoi consiste l’entraînement physique et psychique du Voyant (les deux sont liés).

Tous les matins, et aussitôt levé : défécation. Excusez-nous d’insister, le sujet est nauséabond mais la chose est importante : les toxines accumulées dans l’intestin influencent le psychisme.

Puis toilette. Se nettoyer le corps comme on a l’habitude de le faire, puis se sécher. Après cela, laver de nouveau, à l’eau froide, le visage, le cou et la nuque (mais pas le dos ni les épaules). Lavez aussi, toujours à l’eau froide, le creux de la poitrine (plexus solaire), mais pas les pectoraux ou les seins. Puis laver la face interne des cuisse. Essuyez sans trop frotter – par tapotements à l’aide de la serviette, de préférence. Puis décider sur quel sujet va porter l’exercice d’entraînement du matin. Disons, par exemple, sur les événement qui sont susceptibles de se dérouler dans la journée.

Cette décision prise, se mettre debout, sur un tapis assez épais. Il n’est pas nécessaire d’être dévêtu pour pratiquer l’exercice qui va suivre. Toutefois, il convient de ne pas être couvert de vêtements qui gênent les mouvements.

S’agenouiller sur le tapis. Poser les mains à plat devant soi, les poignets retournés, l’extrémité des doigts dirigée vers les genoux. Poser la tête sur le tapis. Arquer le corps, les orteils se rapprochant le plus possible de la tête. En équilibre sur la tête et les mains, lever les jambes et les mettre à la verticale… Vous avez reconnu cet exercice: c’est l’asana de la Tête cher aux hatha-yogins. Pas tout à fait cependant : cet exercice est d’origine mongole et, à l’encontre de l’asana indien, la position d’équilibre sur la tête et les mains ne doit pas être maintenue : il convient de marquer un temps d’arrêt (compter 1 – 2) puis se remettre tête en bas (temps d’arrêt), reprendre la position à genoux (temps d’arrêt) etc… Les shamanes et les bön-po recommencent cet exercice sept fois de suite. Les lamaïstes cinq fois seulement. Nous conseillons ce dernier chiffre: c’est très suffisant.

Ici, une remarque importante: si vous n’avez pas l’habitude de ce genre d’exercice, demandez l’avis de votre médecin avant de vous y livrer. Cette gymnastique, qui a nom: lai-qu-li-ping (littéralement : aller-venir-energie-vase) est beaucoup plus brutale, plus traumatisante pour l’organisme, que n’importe quel asana indien.

A la fin du dernier exercice, alors que l’on se trouve en position agenouillée, prendre immédiatement l’attitude Shi-yi (de tranquillité), qui est exactement semblable à l’asana indien du Diamant: les jambes touchant le sol des genoux aux orteils, le postérieur reposant sur les talons, la tête et le buste se trouvant dans une même ligne verticale. Deux points diffèrent, cependant, de l’asana du Diamant : les yeux doivent être fermés dès la prise de position, et les mains, au lieu de reposer à plat sur les cuisses, doivent être posées, sur ces mêmes cuisses, la paume en l’air. Aussitôt que cette position est prise, « tomber » dans une méditation basée sur le sujet qu’il a été décidé d’évoquer, (dans notre exemple : les événements qui vont se dérouler dans le monde dans le courant de la journée).

Cette méditation doit être aussi éloignée que possible de toute concentration d’esprit. En fait, elle sera presque un rêve éveillé, dirigé certes, mais à peine. Evoquer l’un après l’autre les pays ou les hommes susceptibles de défrayer la chronique du jour. Essayer de ne pas s’attarder dans l’évocation d’un individu ou d’un pays donné. Passer en revue rapide le plus d’éléments possibles. Puis laisser les idées, les images venir librement. Il se peut que certaines de ces images aient tendance à se maintenir plus longtemps que d’autres ou à revenir plus souvent. Noter le fait et vérifier ultérieurement si leur caractère mérite ou non l’adjectif « prémonitoire ». (Si votre état de santé vous interdit de pratiquer intégralement le lai-qu-li- ping, vous pouvez tout au moins vous livrer au début de cet exercice et poser la tête sur le sol, puis prendre ensuite l’attitude Shi-yi sans dresser les jambes à la verticale. Augmenter, dans ce cas, le nombre des répétitions – le doubler).

Dans la soirée, l’entraînement du Voyant centre-asiatique comprend des exercices plus nettement techniques. Pour ces pratiques, un « support » est utilisé. Le moins connu mais, d’après tous les connaisseurs, le plus efficace, consiste tout simplement en un simple morceau de papier blanc. La voyance dans le cristal n’est pas ignorée en Asie centrale, mais il semble que cette technique n’est pas autochtone. Les voyants, shamanes ou lamas, ont très probablement connu ce procédé par l’entremise d’Indiens en rapport avec l’Occident. L’utilisation d’écailles de tortue pour établir des pronostics d’avenir ne peut être assimilée à la voyance proprement dite. En effet, cette méthode divinatoire, basée sur l’interprétation de signes apparaissant sur la surface craquelée d’écailles soumises à une forte température, requiert certaines connaissances mais non des capacités particulières. Il en est de même de la divination par les baguettes et de divers procédés apparentés.

La feuille de papier blanc constitue une sorte d’écran cinématographique sur lequel la vision intérieure doit se trouver projetée. En général, il s’agit d’un carré de papier dont les dimensions sont comprises entre 50 centimètres et un mètre de côté. Le Voyant place ce carré de papier sur le mur, de façon à ce qu’il se trouve très exactement à la hauteur de son visage lorsqu’il sera assis. La distance entre l’homme et l’écran doit être d’environ deux à trois mètres. La pièce sera plongée dans une demi – obscurité. Il importe cependant qu’une lampe soit allumée, mais elle sera voilée ou placée de façon à ne donner qu’un éclairage faible et indirect. Il est recommandé de ne pas oublier de tracer, avec la main, le « Sceau qui chasse le Gardien » avant de commencer la séance d’entraînement. Plus tard, lorsque le Voyant se livrera à son art de façon effective, il lui faudra, après l’exécution du sceau, brûler un bâtonnet d’encens dans une soucoupe placée devant lui. L’expérience prouve que l’inhalation des vapeurs d’encens favorisent réellement la clairvoyance, tout au moins dans certaines conditions. Etant assis et ayant tracé le Sceau, le Voyant ferme les yeux et concentre sa pensée sur le sujet qui l’intéresse. Il essaye de l’évoquer avec le maximum de détails. Plus la concentration de pensée sera longue et profonde, plus les résultats obtenus seront probants. Généralement, la concentration de pensée précédant une séance d’entraînement dure un quart d’heure environ. Lorsqu’elle est terminée, notre voyant garde les yeux fermés, mais chasse, dans la mesure où il en est capable, toute pensée de son esprit.
Puis il entreprend un mouvement de gymnastique consistant à tourner la tête en direction de son épaule droite, puis de son épaule gauche, tandis qu’il souligne chaque tête – droite ou tête – gauche d’un chiffre prononcé mentalement: un, deux, trois, etc… Il compte ainsi jusqu’à cent. En fait, en début d’entraînement, nous recommandons d’arrêter bien avant ce chiffre: une sensation – d’ailleurs recherchée – d’étourdissement, se produit assez vite. Arrivé au chiffre cent, le Voyant rend les muscles de son cou à leur immobilité première, mais il conserve les yeux fermés et porte les mains à son visage. La partie de la paume de chaque main située près du poignet, au – dessous de l’auriculaire, vient alors presser doucement les paupières fermées, exerçant une poussée légère sur les globes oculaires. Tout en exécutant ce geste, il convient de répéter une sorte de mantra dont voici un exemplaire typique : shao-shi-chu-xin-wo. Ces cinq mots n’ont, par eux – mêmes , pas grand sens puisqu’ils signifient littéralement : illuminer – réel – sortir – coeur – moi. Ces mots appartiennent à la langue chinoise et même, plus exactement, au chinois de Pékin. Les hommes du Sin-Kiang ou même du Tibet qui les utilisent, ne les comprennent généralement pas. C’est précisément à cause de cette incompréhension à peu près générale que ces mots sont utilisés. Non parce qu’étant inconnus, on leur suppose un caractère magique, mais parce que chaque mot devant être suivi de sa traduction dans la langue de l’opérateur, l’effort intellectuel demandé contribue quelque peu à chasser toute autre pensée consciente. Ajoutons que l’accentuation originale doit être aussi respectée. Un Français récitant le mantra en question devra donc répéter à mi-voix – et ceci durant plusieurs minutes (quatre ou cinq au moins): zeh – a – o (le a est à peine prononcé) – chi (le i est prononcé à peu près normalement, il est toutefois un tout petit peu moins marqué que dans le mot français « chinois » par exemple). Notons en passant que la traduction exacte du mot « réel » n’est pas « shi » mais bien « shi zsi ». Expliquer la raison pour laquelle ce terme a, dans ce « mantra » perdu la moitié de sa substance nous entraînerait trop loin et ne servirait pas à grand chose. Le mot « chu » se prononce « tchu ». Le u terminal est le u français, fortement prononcé, craché en quelque sorte. Le mot « xin » se prononce xine, le e final étant, si l’on peut dire, tranché net. Ne pas oublier que chacun de ces mots doit être immédiatement suivi de sa traduction dans la langue natale de l’opérateur. Ajoutons que cette formule doit être récitée à mi-voix. A noter aussi que lorsque l’entraînement laissera la place à la voyance proprement dite, l’ordre des mots répétés sera interverti, le dernier devenant le premier. (Ce dernier mot « wo » se prononce : ou-o).

Pressant toujours (légèrement) ses paupières, le Voyant récite dix fois, vingt fois, les mots sus-mentionnés. Puis il écarte les mains de son visage et ouvre les yeux. L’écran est en face de lui. La pièce baigne dans la pénombre. Il regarde l’écran. Qu’y voit-il ? Nous le disons tout de suite: durant les premiers temps, il ne verra absolument rien si ce ne sont les fantasmes produits par l’afflux du sang dans ses globes oculaires. Peu à peu, cependant, il commencera à apercevoir des images d’abord floues puis de plus en plus nettes. Dans les derniers temps de son entraînement, il veillera à pratiquer plusieurs rétentions respiratoires après ces exercices, lesquels, à ce moment, devront avoir lieu le matin.
Terminer chaque séance par le Sceau du Départ exécuté debout.
Nous resterons là en ce qui concerne la description de l’entraînement des clairvoyants. Il existe, certes, de nombreux autres procédés d’approche de la voyance. Mais il convient de ne pas disperser ses efforts et ce que nous vous avons appris constitue le procédé à la fois le plus simple et le plus efficace. Nous vous donnerons, dans notre prochain texte des détails sur l’exécution d’une opération de clairvoyance proprement dite. Nous vous parlerons aussi de la modification momentanée du régime alimentaire qui précède cette opération. Mais de toute façon, un assez long entraînement préalable est nécessaire avant que vous ne soyez en mesure d’obtenir des résultats probants.

Et surtout, n’oubliez pas : dans tout le centre-asiatique, même dans les régions où la langue arabe est complètement inconnue, un voyant, un « Magicien » qui n’est que cela et rien d’autre, est traité de fakir. Le mot « fakir » signifie pauvre, dans le sens de « pauvre type ».

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Témoignage de Jérôme Calmar :

Il y a de cela bien des années, le vénérable Wou, auquel son entourage , hors de sa présence, accordait volontiers le titre de « tseu » (maître), fit appeler près de lui un jeune homme d’origine européenne qui séjournait au « monastère ouvert » de Kiang-Si depuis près de trois mois. Ayant invité son visiteur à s’asseoir, Maître Wou, faisant fi des circonlocutions chères aux lettrés de l’Est, demanda abruptement :
– Voulez-vous devenir des nôtres ?
Le garçon fut étonné.
– Je ne crois pas, dit-il, posséder les qualités requises. D’abord, je suis fort peu doué pour l’étude des langues étrangères. Je n’ai jamais pu apprendre vraiment l’anglais, et je sais que votre langue, ses subtilités m’échapperont toujours. Si vous et deux ou trois occupants de ce monastère ne parlier pas ma langue, j’aurais le plus grand mal à me faire comprendre de mon entourage. Pourquoi ne pas me laisser à mon seul travail actuel ? Je sarcle, je bine ni mieux ni plus mal qu’un autre. Je vous suis reconnaissant de m’avoir donné un toit et de la nourriture dans ce payx où le hasard m’a conduit. J’essaie d’exprimer ma reconnaissance par mon travail en attendant le moment où les circonstances me permettront de regagner mon pays…
Maître Wou secoua la tête.
– La méconnaissance d’une langue n’est pas un obstacle : les mots peuvent constituer autant de piège. Je sais, mon jeune ami, que vous ne connaissez pas l’inquiétude métaphysique. Mais cela pourra venir plus tard… si vous refusez mon offre. Et de toutes façons, dans ce dernier cas, vous ne connaîtrez jamais la vraie liberté, celle qui délivre des chaînes du temps.
– Soit, dit le jeune homme. Si vous y tenez, j’accepte. Mais vous serait-il possible, en termes simples, de me définir cette fameuse liberté dont j’entends parler sous le nom d' »éveil » depuis que je suis ici ?
– Je puis le faire en termes très simples, dit le vieillard. Regardez-moi, je suis un vieil homme. Mais auparavant, j’ai été un adulte dans la force de l’âge, auparavant encore, un jeune homme, un enfant, un bébé. De tous ces personnages, qui est « moi » ? Négligeons les arguties. Ne disons pas « le moi n’existe pas » : même éveillé, on continue à se comporter comme si le « moi » existait bel et bien. Donc, qui est moi ? Le vieillard, l’adulte, le jeune homme, l’enfant ou le bébé ? Et je ne compte pas la multitude des personnages intermédiaires, si je puis dire…
– Je ne sais que répondre, dit le garçon. Dans le domaine théorique, on peut toujours admettre l’inexistence du « moi », mais je me rends compte qu’en répondant cela j’esquiverais le problème tel que vous le posez. Je dirai donc : je ne sais pas.
– Eh bien, dit le vieillard, je vais vous éclairer. Dire que le « je » existe, c’est se servir de mots. Dire que le « je » est inexistant, c’est aussi se servir de mots, et les mots ne sont pas la chose qu’ils veulent désigner. Dire que le « je » est à la fois le bébé, l’enfant, le jeune homme, l’adulte et le vieillard, tout cela n’est que mots aussi – et cela ne peut être la vérité ultime. Cependant, l’homme doit en prendre son parti : la Vérité objective lui est dissimulée tant qu’il demeure un homme, même supérieur. Par contre, des vérités subjectives existent, et les plus élevées d’entre elles sont à la portée des êtres que nous sommes, êtres finis en tant qu’individus. La vérité subjective la plus haute qu’un humain puisse atteindre individuellemnt, est la connaissance pratique du fait que « je » échappe à l’emprise du Temps. L’homme qui sait cela, non par croyance mais par expérience, échappera à tout jamais au malheur sous toutes ses formes. Il devient spectateur et non plus acteur. Tout se passe comme si, installé au-dessus de la tête corporelle et au-delà de l’émotivité, le « je » considérait avec une pitié à la fois amusée et attendrie, les activités de la petite marionnette qu’il avait crue autrefois être « je ». Et cette pitié amusie et attendrie va aussi aux autres petites marionnettes qui se croient aussi des « je ».
– Beau programme, dit le jeune homme, – que le mysticisme n’avait jamais particulièrement attiré – et peut-on savoir par quel moyen ce résultat peut être obtenu ? Par l’entraînement aux pratiques magiques ?
– Ne méprisez pas ce que les anglo-saxons appellent la « parapsychologie », rétorqua Maître Wou. Tout ce qui vise à donner à l’homme sa plénitude a son importance. Mais la parapsychologie n’est pas le procédé d’accès le plus direct à l’Eveil aus réalités du Tao. La voie la plus droite est celle que nos amis tibétains appellent « dzog tchen ». C’est la voie la plus rapide, celle de l’attention…
– N’en dites pas davantage, fit le jeune homme, j’ai compris : votre dzog tchen est proche parent de l’exaspérant Tsyng-Chen, je ne le vois que trop… Oui, je ne vous en avais rien dit, mais j’ai moi aussi, essayé de pratiqué de Tsyng-Chen, comme les autres, pour me rendre compte. Je n’ai jamais rien entrepris d’aussi agaçant… et j’ai abandonné. Un homme n’a-t-il rien de mieux à faire que de se regarder s’agiter comme s’il… comme s’il regardait un robot en action ?
– Un homme, certes, a mieux à faire, dit Maître Wou. Mais un robot ? De toutes façons, malgré certaines similitudes, le dzog tchen n’est pas le Tsyng-Chen. Ce dernier est essentiellement physique. Il permet, en occupant totalement l’intellect à la surveillance des activités sensorielles, de résoudre, à l’aide du psychisme inconscient, des problèmes dépassant les possibilités
de la raison. L’homme qui persiste dans la pratique du Tsyng-Chen intégral atteint, un jour ou l’autre, le but recherché. Il l’atteint, mais quand ? Il ne peut le savoir à l’avance. Avec le dzog tchen, c’est différent : pour un individu donné, la date d’un éveil au moins partiel peut être fixé à quelques jours près (sous réserve de bonne volonté du sujet). Ainsi pour vous, d’après votre attitude générale et en tenant compte de l’incident du bidon, je dirai que dans soixante jours vous toucherez au but…
– En ce cas, dit le garçon, commençons tout de suite. Que dois-je faire ?
– Quelque chose qui est , comme vous l’avez dit, apparenté au Tsyng-Chen, mais plus simple : pendant les dix jours prochains, veillez – c’est le mot -, à tenir votre tête et vos épaules bien droites, chaque fois que votre travail ne vous obligera pas à vous pencher vers le sol. Redressez-vous, prenez la position d’un garde-à-vous sans raideur à longueur de journée. Et tenez compte du nombre de fois où vous procéderez à cette opération. Ceci, chaque jour…
– Bon ! fit le jeune homme d’un ton résigné, j’essaierai. Est-ce tout ?
– Pas tout à fait. Le dzog tchen travaille sur deux plans. Durant ces dix jours – et beaucoup plus longtemps si nécessaire – je ferai en sorte que ceux de nos amis qui parlent votre langue soient constamment à vos côtés. Vous ne devrez parler qu’à eux et surveiller chacun des mots qui sortiront de votre bouche.
– Je vois : si mes compagnons de travail ne parlaient pas ma langue maternelle, je serais tout naturellement obligé de faire attention à ce que je dis et l’exercice deviendrait trop aisé.
– C’est cela. Ainsi, pendant dix jours, outre, bien entendu, votre travail habituel, il vous faudra veiller à vous tenir bien droit et à ne pas parler sans savoir ce que vous dites. Rien d’autre. La tête droite, le corps droit, la langue droite sont choses allant ensemble… Naturellement, il vous faudra aussi tenir compte du nombre de fois où, dans la journée, vous aurez pensé à surveiller vos paroles. Ce sera tout. Le onzième jour, revenez me voir.
– Bien, j’ai compris. Et… c’est facile à mettre en pratique, votre petit programme ?
– Pour vous, dans les débuts, pas trop, je le crains…

Pendant les jours qui suivirent, le jeune Européen nota, sur un carnet, les résultats de son expérience. Nous vous les communiquons sans rien y changer…

Premier jour.
Sacré père Wou ! Pas tellement drôles ses petits trucs. Surtout lorsqu’on passe chaque jour huit heures aux champs, deux ou trois heures à des bricolages divers et trois heures de plus à étudier… Enfin, puisque ça lui fait plaisir ! C’est un bien brave vieux… Pour la tête et le buste à redresser, ça a été à peu près, je puis le dire ce soir. Lorsque l’on passe des heures courbé vers le sol, on est trop heureux d’avoir un prétexte pour se redresser. Ça, je l’ai fait très exactement 127 fois durant le temps passé aux travaux agricoles. Par contre, en bricolant dans la remise et surtout pendant que j’étudiais, j’ai passé de longs moments sans penser à me redresser. Et pour la surveillance de mes paroles, ça n’a pas été si facile. Le petit père Wou savait ce qu’il faisait en me collant ces deux sangsues pour coéquipiers. Ces deux gars sont chinois dans tous les sens du terme. Ils n’ont pas cessé de m’interpeller à brûle-pourpoint, ce qui fait qu’à plusieurs reprises je ne sais vraiment ce que je leur ai répondu.

Deuxième jour.
Toute cette histoire commence à m’agacer ! Ce n’est pas possible de penser à se tenir droit comme un petit soldat quand on est aussi occupé. Et ces deux imbéciles qui ne cessent pas de me poser des questions ! J’ai bien envie – tout en « écoutant mes paroles » puisqu’ils y tiennent, de citer à chacun d’eux le mot historique du général Cambronne puisqu’ils sont, m’ont-ils dit, friands d’Histoire de France : ça élargirait le champ de leur connaissance dans ce domaine. De toutes, façons, aujourd’hui, je n’ai pensé à me redresser que 28 ou 30 fois aux champs. Je ne sais plus au juste. 11 fois en bricolant (mes deux pérsécuteurs n’étaient plus là) et 5 fois en étudiant. Par contre, alors qu’hier je n’avais pas même réussi à compter le nombre de fois où j’avais réussi à surveiller mes paroles, j’ai pu le faire aujourd’hui. 8 fois en tout. Où rien ne va plus, c’est pendant les repas. Là, je ne pense à rien d’autre qu’à manger. Ventre affamé n’a pas d’oreilles… même pour ses propres paroles.

Troisième jour.
Un peu mieux aujourd’hui. J’ai trouvé un truc. Je parle moins. Je ne dis aux autres, de moi-même, que ce qui est strictement nécessaire et, lorsqu’ils me posent une question, j’attends un peu avant d’y répondre. Un peu agaçant mais on s’y fait – même à table -. Ce qui devient vraiment plus facile, c’est de penser à se redresser : plus de 300 fois aujourd’hui…

Durant les six jour suivants, le jeune homme ne nota rien sur son carnet. Le dixième : » Demain je vais revenir voir Maître Wou. Depuis trois jours, je ne compte plus le nombre de fois où, dans la journée, au travail ou à table, je songe à me redresser : j’y pense tout le temps. Il en est de même pour la surveillance de mes paroles… Je me faisais un monde de bien peu de choses. Et maintenant, qu’est-ce que lepère Wou va me proposer ?

Les premières paroles de Maître Wou, lorsque le garçon pénétra dans sa cellule, furent : « Alors, est-ce que l’habitude a réussi à vaincre l’habitude ? »

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