Je viens de découvrir (après 18 mois d’enseignement tch’an de l’école de Limoges) que l’éveil ne serait pas la libération. Pourrais-je connaître la différence entre les 2 ?
Lorsque vous vous réveillez le matin, peut-être ne faites vous pas le distinguo avec la journée qui commence … C’est une image. Lorsque Siddharta devint le Bouddha, il s’éveilla et dans le même instant, il devint libéré. Le désir de mettre ses sandales dans les pas du maître ont conduit à bien des découragements. La libération est un apprentissage, celui de l’éveil. Si vous avez appris à monter à bicyclette vous devez vous souvenir de quelques chutes … Certains ont connu des états furtifs d’éveil sans savoir que leur ressenti était celui là. Le sachant, ils auraient persévéré … comme pour la bicyclette ! C’est pour ceux-là que nous faisons le distinguo.
Je comprends donc que l’enseignement tch’an permet à l’adepte de s’éveiller, mais que la libération de ce dernier ne dépend que de lui et de lui seul (”volition libre et consciente”) est-ce le cas » ?
Oui
Dans quels cas un éveillé pourrait ne pas souhaiter ou accéder à la libération ?
La Tradition dans toutes ses manifestations insiste sur la liberté de choix qui reste le seuil véritable du passage. Cela signifie que vous aurez toujours un choix. Certains prétendent même que des êtres totalement libérés choisissent de revenir enseigner dans une nouvelle incarnation. Personne ne les y a obligés.
Si un jour j’atteignais l’éveil et ma propre libération …
Pourquoi postulez-vous le doute ? N’oubliez jamais que votre pensée est un instrument puissant qui est fait pour réaliser les véritables choix. Votre choix est-il un conditionnel ?
Qu’en sera-t-il de ma relation avec ma famille ?
Vous avez choisi de vivre cette vie pour des raisons qui vous sont propres, que vous seul connaissez et que l’éveil complet vous rappellera. Retrouver votre véritable considération sur les choses, sur le monde, sur les autres, ne doit pas vous inquiéter. Bien au contraire. L’avoir oublié est le vrai problème.
Cet attachement à ma famille, cet amour est-il un obstacle incontournable à la libération? Est-ce au contraire la libération qui rend cet attachement différent ?
Le sage n’est plus soumis aux émotions destructrices. Mais il ne faut pas confondre émotion et sentiment. un sentiment est une réaction affective adaptée à une situation. Le sage respire, mange, boit, dort, pense, communique et vit des sentiments. Mais tout cela dans l’harmonie que seule la libération procure. C’est pourquoi sa respiration, sa parole, son amour sont différents. Quand un humain ordinaire croise la route d’un tel sage, il s’en souvient par le plaisir ressenti et par le témoignage mobilisateur. (Rien à voir avec la médiatisation). Le sage dont il est question, c’est peut-être le cordonnier dans la petite boutique près de chez vous … Tout à l’heure, demain ou plus tard … ce sera vous … si vous le voulez réellement et si vous vous y entraînez.
La pratique du Neng Shang Tong génère-t-elle un risque supplémentaire de faire apparaître certaines entités néfastes dans sa vie? Cette question est également très importante pour moi (ou plutôt la réponse attendue). Je suis de nature à être assez effrayé par tout ce qui est surnaturel (car j’y crois), et je ne voudrais pas jouer aux apprentis sorcier avec des forces maléfiques que je ne pourrais maîtriser.
Y croire ou pas ne change rien à l’existence du «sur-naturel». La pire des choses est la peur. Si vous devez craindre une pratique, vous ne devez pas vous y contraindre et aucun instructeur digne de son rôle, et à qui vous vous confiez, ne saurait non plus vous y encourager. Paix, Force et Harmonie dans votre vie.