J’ai été extrêmement surpris de découvrir votre site internet ! Jamais je n’aurais imaginé que vous puissiez vous servir de ce moyen pour diffuser votre enseignement, après ce qu’il m’a été donné de connaître de vous par le centre de Limoges. J’ai en effet remarqué la disparition de l’annonce dans le magazine Nouvelles Clefs, avant de la voir réapparaître récemment avec votre adresse électronique.
Cela fait plus de trois ans que j’ai l’intention d’écrire à Jérôme Calmar, et j’ai toujours différé, par découragement et par scepticisme, l’envoi du courrier : l’enveloppe est maintenant toute jaunie. Je regrette que le centre de Limoges soit désormais fermé.
J’ai commencé l’enseignement avec Jérôme Calmar début avril 2001 et j’ai reçu le dernier et dixième cours le 23 juillet 2003.
Je vous écrit pour vous demander conseil, parce que j’estime que mes efforts se sont soldés par un fiasco total. S’il n’est plus possible d’écrire à Jérôme Calmar, merci de me dire ce que je puis faire.
Je me suis inscrit aux cours par correspondance, après avoir remarqué l’annonce dans le magazine susdit, non pour atteindre rapidement l’éveil, (promesse qui m’a laissé et me laisse encore toujours extrêmement sceptique…) mais pour apporter quelque soulagement à une maladie chronique. Bien sûr, ce phénomène que vous appelez “éveil” et “libération” me motive énormément, mais je le répète je ne peux croire, compte tenu du délabrement de mon système nerveux , qu’il me soit possible de provoquer “cette chose” en “quelques mois” et “avec un peu de bonne volonté” pour reprendre les termes exacts que j’ai trouvés dans le cours. Je me suis décidé à m’engager avec M. Calmar, je tiens à le souligner, uniquement à cause des fautes d’orthographe énormes et invraisemblables dont le texte était émaillé… J’y ai vu une stratégie pour éloigner les curieux et esprits superficiels et je l’ai donc interprétée comme un gage de sérieux. Vous pouvez rire tout votre soûl…
J’ai totalement arrêté de pratiquer au cours de l’été 2008.
Depuis 2005 environ et jusqu’à l’année dernière (été 2008), j’ai pratiqué la totalité du programme que m’avait prescrit Jérôme Calmar
Tout ce que j’ai remarqué comme résultat est une amélioration de ma maladie physique qui a beaucoup régressé (c’est déjà pas mal me direz-vous). En revanche, les symptôme nerveux (angoisse, colère, agressivité, dépression et tout le cauchemar que vous pouvez imaginer) sont encore toujours bien là. Mais situation sociale en conséquence est très préoccupante pour ne pas dire misérable. J’ai peur de la vie plus que jamais. La méditation relativiste tchan n’a pas calmé mes angoisses, elle les a avivées. J’ai l’impression que le fil auquel tient ma vie peut se rompre à tout instant et m’entraîner dans la déchéance totale. Ce n’est pas la mort physique que je crains, mais bien la mort sociale avec inévitablement toutes les violences et contraintes qui s’exercent sur ceux qui, comme moi, sont marginalisés.
Que dois-je faire à présent ?
Me suffit-il de reprendre les exercices tels que Jérôme Calmar me les a prescrits ?
Dois-je renoncer et rechercher une autre voie mieux adaptée ? J’avoue pour terminer que ces notions de libération et d’éveil provoquent en moi une exaspération et un dégoût qui peuvent devenir un obstacle insurmontable. J’ai des tonnes de livres sur le sujet (je suis allé jusqu’à apprendre le sanskrit et le chinois etc…!) et j’en ai vraiment marre.
Merci d’avance de ne pas me donner une réponse dans le style “provocation relativiste” comme s’y plaisent et s’y complaisent les tchanistes : vous ne réussiriez qu’à me décourager davantage.
TB
Réponse ADCE
Votre questionnement révèle une véritable interrogation, mais aussi du doute, de lʼamertume, de la déception, de lʼinquiétude … Nous ne vous disons pas cela comme un jugement mais comme un reflet dont nous devons tenir compte et dont vous devez être conscient si nous souhaitons que nos réponses puissent correspondre à votre demande sous jacente et vous aider.
Ne soyez pas surpris de lʼutilisation de moyens plus modernes de diffusion de lʼenseignement du Xi Tchʼan. Déjà lorsque le Centre de Limoges décida de lʼenseignement «par correspondance» nombreux furent ceux qui crièrent au blasphème ! …. Et pardonnez-nous nos éventuelles fautes dʼorthographe. Nous veillons à nous relire, mais nous nʼavons pas de prétentions professorales en la matière.
Vous avez suivi lʼenseignement sur les dix leçons, vraisemblablement avec un certain nombre dʼincompris, et il est effectivement dommage que vous nʼayez pas contacté en son temps Jérôme Calmar. Vous accepterez volontiers que nous ne puissions nous immiscer dans ce quʼil était censé contrôler : à savoir votre évolution vers lʼéveil. Ce nʼest ni une fuite ni une esquive. Simplement du bon sens : on ne peut reprendre la partie commencée par quelquʼun dʼautre en ce domaine.
Nous allons cependant tenter de vous répondre. Mais nous précisons, même si vous en doutez, que lʼenseignement que nous avons nous-même suivi est excellent, bien que nous ayons pensé quʼil nécessitait des adaptations … «pédagogiques ». Vous lʼavez suivi aussi, et vous en concluez au « fiasco » … Nous respectons votre vécu. Ce nʼest pas le nôtre.
Vous nous confiez avoir étudié le chinois. Vous connaissez sûrement le caractère Chen ? Le pictogramme montre en sa partie droite un fil que deux mains ne peuvent saisir : cʼest selon notre enseignement le souffle créateur qui anime le monde manifesté. Cʼest parce que Chen relève du Ciel Antérieur, que la manifestation ne peut lʼappréhender. Chen, est parfois traduit par «âmes viscérales». Il sʼagit dʼune interprétation restrictive. En général, Chen est traduit par «les esprits», voire la «conscience». Chen ne doit pas être confondu avec le I (qui relève de la pensée Hsiang). Cʼest ce qui fait dire à lʼenseignement Xi Tchʼan que nous ne sommes pas la pensée. Celle-ci nʼest quʼun instrument, comme le corps. Et notre «éveil» est dʼen être «conscient» autrement que par la pensée ! Le I est comme une «machine» à actualiser les expériences de Chen. Mais quand Chen nʼest pas «éveillé», ce qui se réalise ce sont … les pensées elles-mêmes. Ainsi, lorsque vous écrivez ceci : « …non pour atteindre rapidement l’éveil, (promesse qui m’a laissé et me laisse encore toujours extrêmement sceptique…) » votre pensée sʼapplique à réaliser son postulat de scepticisme. Cʼest malheureusement ainsi pour beaucoup …
Par contre, nous sommes étonnés que lʼon ne vous ait pas précisé que le but du Tchʼan nʼest pas la guérison des maladies physiques. Cela dit, pourquoi un grave problème physique serait-il incompatible avec lʼéveil ? Si le corps est un instrument au service de Chen, vous comprenez que celui-ci puisse «re- programmer» son instrument pour lui redonner la performance nécessaire pour ce quʼil a à réaliser dans ce cycle de vie.
Vous nous demandez : « que dois-je faire à présent ?»
Par facilité nous devrions vous conseiller de reprendre les exercices que Jérôme Calmar (qui a été votre instructeur et qui vous a suivi), vous a conseillés. Mais vous expliquez que cela vous «bloque» si ce nʼest davantage. Nous le regrettons car, comme nous vous lʼavons écrit, lʼenseignement du Centre de Limoges a produit beaucoup de fruits.
Nous pourrions aussi vous dire de chercher ailleurs. Et cʼest vrai quʼil existe «beaucoup de demeures dans la maison du Père» (pour plagier une phrase dʼun célèbre sage). Mais le Tchʼan nous convient. Nous aurions alors tendance à vous proposer de reprendre lʼenseignement autrement. Si vous abordiez cela avec un autre état dʼesprit, cela serait jouable. Mais si votre postulat est le scepticisme qui stérilise …. à quoi bon ?
Nous espérons que nos propos ne heurtent pas votre sensibilité.
Interrogez votre intuition. Si vous estimez que nous pouvons vous aider, nous le ferons volontiers.
Paix, force et harmonie dans votre vie.