Les sources : en Europe

Ce n’est qu’en 1964 qu’il fut décidé “d’essaimer” …

La Région autonome Ouigoure, ex-Sin-Kiang, est à l’heure actuelle, le Los Alamos et le Cap Kennedy de la Chine … Dès que les premières installations industrielles et les “combinats” gigantesques surgirent dans la Province, les dirigeants du Xi-Tch’an estimèrent que le moment était venu de rompre avec des habitudes millénaires et la dispersion des Fang zi kaï fut décidée. (Précisons que le Tch’an n’est pas “contre” l’industrialisation. Simplement, du fait de cette industrialisation, l’ancien mode de vie autarcique, devenait impossible)”.

Introduction du Tch’an de l’Ouest en Europe

“Un certain nombre de “Centres” se formèrent dans d’autres régions de Chine. La “maison mère” sous la direction du “premier instructeur” ou, pour employer un terme occidental “du grand maître de l’ordre” (le mot chinois “Kia ” a la double signification “d’école” et “d’ordre” au sens où l’Occident entend ce dernier mot) fut installée au Pamir. Ceux des adeptes ayant qualification d’instructeurs (tao-tö-jen) qui étaient de nationalité étrangère eurent le choix entre le retour dans leur pays d’origine et la prise de direction d’un Centre Tch’an dans un Etat d’Asie autre que la Chine. Il fut, à ce moment-là, tenté une expérience sans précédent: l’instructeur Jérôme Calmar, de nationalité française, se vit confier la mission d’ouvrir un Centre Tch’an dans son propre pays. Disons tout de suite la raison de cette décision : les Chinois cultivés de cette époque estimaient, pour diverses raisons, que les Français de cette époque, étaient, de beaucoup, ceux des Occidentaux dont la mentalité se rapprochait le plus de la leur. Les personnes de nationalité non-française mais parlant habituellement le français étant, dans cette optique, considérées comme françaises: pour les Chinois, la “race” n’existe pas. A l’instar de Napoléon 1er, ils considèrent que ce qui donne à une ethnie sa cohésion, c’est le langage commun, base de la culture. Le Tch’an chinois (avec, il est vrai, des apports tibétains), devait donc être plus facilement assimilable par des francophones que par tout autre groupe linguistique d’Occident.

Un premier enseignement par correspondance

L’expérience fut tentée dès 1965. Ce qui peut paraître surprenant à qui ne connaît pas le Xi-Tch’an. est que l’enseignement Tch’an fut tenté par correspondance. Il était cependant normal qu’il en fut ainsi. Non pas, comme on pourrait le croire, parce que cette méthode permettait d’entrer en contact avec un grand nombre d’adeptes, mais bien parce que, si étrange que cela puisse paraître, l’enseignement du Xi-Tch’an a été, depuis les origines, dispensé par un procédé bien proche de la méthode “par correspondance”. Naguère, dans un Fang zi kaï (demeure ouverte) les choses se passaient ainsi : tous les membres de la communauté, sans une seule exception, aussi bien les instructeurs que les élèves, gagnaient leur vie par leur travail; un travail le plus souvent manuel et généralement agricole. Une fois par mois en moyenne, ils se réunissaient le soir, et discutaient des problèmes de la communauté. Mais l’enseignement lui-même n’était pas abordé dans ces réunions. Simplement, une ou deux fois par mois, selon les conventions, chaque instructeur remettait à l’adepte qui dépendait de lui une feuille de papier sur laquelle étaient mentionnés les “exercices de formation de soi” recommandés pour la quinzaine ou le mois suivant. Les travaux “nourriciers”, travaux d’ordre pratique qu’il convenait d’effectuer étant, eux, mentionnés de vive voix comme dans toutes les communautés agricoles du monde. L’enseignement Tch’an par correspondance ne constituait donc pas, à proprement parler une véritable innovation.
Depuis les années 60, les résultats, pris dans leur ensemble, ont été très légèrement inférieurs à ce qu’ils furent au Sin-Kiang durant dix siècles. La raison de cet état de chose est facile à déceler: même si les francophones sont, par la mentalité, relativement proches des Han (des Chinois), la différence culturelle demeure cependant profonde. Bien des concepts, implicites pour un chinois, sont lettre morte pour un francophone.

Un second enseignement

Conscients de ce fait, les membres du conseil Tch’an décidèrent, après une étude approfondie de la femme et de l’homme “culturellement français” (étude qui dura sept ans) de charger six instructeurs de mettre au point et de proposer aux personnes susceptibles d’être intéressées, le “nouvel enseignement Tch’an”. Parmi les nombreuses techniques Tch’an, dites de libération ont été sélectionnées celles qui correspondent, point par point, au mode de pensée de la femme ou l’homme d’Occident et de culture française.“
Et c’est ainsi que de 1965 à 2006 : le Centre Tch’an de Limoges a fonctionné sans discontinuer ….

méditation bouddhisme tchan chan ou Xi-tch'an – ADCE | Autre site : traditiontchan.eu
Copyright © ADCE - Association Du Chan Europe. All rights reserved.