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Qu’est-ce que la méditation ?

février 28th, 2010

La méditation est un mode de conscience qui remet l’Etre en harmonie avec lui même.

Cela conduit au quotidien, à une relation harmonieuse à soi-même, aux autres, au monde.

Les bienfaits sont nombreux

Bienfaits physiques

  • Détente psychosomatique (corps et mental)
  • Régule les voies digestives et les besoins de manger
  • Aide à réduire la consommation de stimulants ou de calmants, de tabac, de café, d’alcool, de drogue
  • Meilleure qualité de sommeil
  • Amélioration du système circulatoire
  • Réduit la tension artérielle
  • Disparition du syndrome prémenstruel
  • Harmonisation du système nerveux
  • Plus de force et d’énergie
  • Moindre risque de contracter des maladies
  • Santé et vitalité; ralentit le processus de vieillissement
  • Bien-être physique

Bienfaits émotionnels/ mentaux

  1. Libère le stress
  2. Équilibre intérieur
  3. Active la mémoire
  4. Améliore l’humeur
  5. Enthousiasme
  6. Calme
  7. Paix intérieure
  8. Bienveillance
  9. Contrôle des pensées
  10. Purification du mental
  11. Élimination des pensées négatives

Bienfaits spirituels

  1. Amélioration de l’intuition
  2. Connaissance de Soi
  3. Créativité
  4. Paix
  5. Sagesse
  6. Compassion

Finalité

  1. Extase spirituelle
  2. Eveil
  3. Libération du cycle de l’incarnation

UNE AIDE DANS LA VOIE

L’adepte doit emprunter la voie du Tao progressivement, sans se tyranniser. Il existe certaines pratiques qui, lorsqu’elles sont quotidiennes, aident considérablement à progresser dans la voie positive du Tao.

1° Le première consiste, tout simplement, à consacrer dix minutes ou un quart d’heure chaque jour à l’observation de l’acte respiratoire. Il suffit, durant ces minutes, de s’asseoir commodément, le dos droit, les genoux plus bas que le bassin ; de fixer le regard devant soi, à un mètre cinquante environ, et de s’astreindre à observer:  » inspiration, expiration, inspiration, etc…  » sans se laisser distraire, en principe, par quoi que ce soit. Au début, l’adepte pourra conserver les yeux fermés. Si un bruit ou un spectacle quelconque le trouble dans son observation, il NOMME :  » entendre – voir… » et reprend l’observation sans attacher d’importance à l’incident.

2° La seconde pratique consiste à consacrer 10 minutes/un quart d’heure à l’observation d’un geste simple. N’importe quel geste peut servir à cet usage mais il doit être décomposé en chacun de ses éléments. La marche, par exemple. Elle doit être très lente et décomposée ainsi : l’adepte NOMME : intention de marcher (il s’apprête à lever un pied). Lever (le pied en question). Projeter (le pied). Poser (le pied). Puis : intention de marcher (c’est à dire de lever l’autre pied = il s’apprête). Lever (l’autre pied). Projeter, etc… Nommer également les bruits ou spectacles perturbateurs (entendre – voir) et reprendre l’observation sans s’émouvoir pour autant.

3° La troisième pratique est dite :  » Vie et mort des bâtonnets d’encens  ». Laissant de côte tout exotisme onéreux et sens intérêt pratique, nous conseillons à l’adepte occidental d’utiliser tout bonnement des allumettes de la Régie. S’asseoir confortablement, le dos droit et les genoux plus bas que le bassin. (Très important). Avoir devant soi une bougie allumée et à sa droite (à gauche pour les gauchers) une boîte d’allumettes ouverte. Prendre une allumette et l’enflammer à la bougie en fixant sa pensée sur un objet donné (le Tout Effeil, par exemple). Penser à la Tour Effeil tant que l’allumette brûlera. Lorsque l’allumette s’éteint, en enflammer une autre aussitôt en portant sa pensée vers un sujet très différent : disons, vers la faim dans le monde. Laisser l’allumette se consumer en maintenant la pensée fixée sur la faim dans le monde. L’allumette éteinte, en enflammer aussitôt une autre en changeant encore une fois l’objet sur lequel va être fixée la pensée tant que durera la combustion de la troisième allumette. Agir ainsi avec dix allumettes. Il est bien entendu que le sujet auquel on pense doit être trouvé au moment même où l’allumette précédente s’éteint. Variantes : a) décider à l’avance quels seront les sujets évoqués. Les noter sur un papier et évoquer chaque sujet à son tour.
b) Agir comme en a), puis recommencer en suivant un ordre d’évocation diffé- rent. La pratique de cet exercice favorise ta maîtrise de la pensée.

Nota : il est bien entendu que dans les exercices 1 et 2, il convient comme dans le tao proprement dit, de NOMMER par la seule pensée.

TEXTE 19 – CENTRE TCHAN DE LIMOGES – ANCIEN ENSEIGNEMENT TCHAN – année 1965

- LE     tao      du        TAO -

 » Suivre le tao (chemin) qui mène au Tao (Conscience cosmique) est simple  » disait un maître réputé à son disciple : « Quand vous aurez faim, mangez. Quand vous aurez un travail à effectuer, travaillez…
- Mais  » répondait le disciple surpris « c’est bien ainsi que j’agis !  »
- Non  » reprenait le maître  » lorsque vous mangez votre esprit est à tout autre chose. Et lorsque vous travaillez, vous vous laissez distraire par mille rêves vains…  »

Vivre le tao du Tao est il vraiment aussi simple que le disait le vieux maître ? Oui et non. Oui, il est vrai que, si l’homme suit effectivement la ligne de conduite proposée sans se poser de questions inutiles, il connaitra fatalement le tzu-jen, le satori, l’éveil. Mais, d’autre part, non, il n’est pas permis de suivre tout de go cette ligne. Pourquoi cela ? La réponse à cette question est en partie fournie par ce petit conte :

Histoire du Prince Perle

Il était une fois un prince qui, depuis toujours, cherchait le pays du bonheur. Il avait, des années durant, parcouru le monde en vain et dépensé des fortunes dans sa quête. Un jour, quelqu’un lui dit :  » Je ne sais pas où se trouve le pays chu bonheur, mais je connais le chemin qui y mène. Ce chemin a son point de départ là où se trouve la demeure du vieil Ho, le vieillard-enfant.
Le prince chercha et trouva la demeure du vieil Ho. Il s’approcha de la porte et frappa. Personne ne lui répondit. Le prince frappa longtemps, puis, lassé, découragé, il s’apprêtait à se retirer quand sen regard se posa sur l’amorce d’un sentier que l’on apercevait, au milieu des buissons, de l’autre côté de la route. Une intuition traversa l’esprit du prince et il comprit que cette voie étroite menait vers le pays du bonheur.
Il prit ce chemin. Il était fort peu commode. Les ronces déchiraient les mains et le visage du prince. Il trébuchait sur de grosses pierres malicieusement dissimulées sous les herbes de la sentine. Il marcha, longtemps, très longtemps. Souvent, il eut peur car des dragons et des fantômes lui apparurent. Enfin, après des jours, des mois, des années peut-être, de marche harassante, il parvint dans un jardin très quelconque. Des jardins semblables à celui-ci, le prince en avait vu des centaines. Et cependant, il sentit qu’il était enfin au bout de sa quête, qu’il avait atteint le pays du bonheur. Dorénavant et pour toujours, il vivrait là, heureux.
Mais, avant de prendre possession de son domaine, le prince décida d’en faire le tour. Le jardin était petit, de forme carrée, encadré sur trois côtés par des broussailles. Mais, le quatrième côté, à l’opposite de la direction d’où venait le prince, était, lui, borné par une petite maison. Effectuant le tour de son petit royaume, le prince parvint devant la maison cet en trouva la porte ouverte. Il entra. Personne à l’intérieur. Voulant en avoir le cœur net, le prince traversa la maison entière. Il parvint ainsi à la porte qui donnait sur l’extérieur.
Le prince ouvrit cette porte, sortit, se retrouva sur le trottoir d’une route. Il se retourna et considéra le battant de cette porte par laquelle il venait de passer. Il vit alors qui ce battant portait une inscription :  » Maison du vieil Ho – Pays du bonheur – Entrée libre  » et le prince comprit qu’il avait déjà vu cette inscription mais qu’il n’avait pas été capable de la comprendre…

Pourquoi l’homme qui n’a pas subi un entrainement spécial est il incapable de trouver d’emblée le  » pays du bonheur  » ?
Parce que, simplement, il n’utilise pas son équipement mental comme il devrait le faire.
L’être humain est, NATURELLEMENT,  » équipé  » pour échapper, au malheur qui est, comme le bonheur, notion en grande partie subjective.
Le corps humain possède des muscle que l’individu veut mouvoir volontairement et d’autres sur lesquels sa volonté n’a pas d’action directe, mais qui ne sont pas moins utiles que les premiers : des muscles « conscients » et des muscles « inconscients », en somme. De même, le mental humain possède des aptitudes conscientes et des aptitudes inconscientes. Les aptitudes conscientes sont, comme leur nom l’indique, destinées à permettre à l’homme de s’occuper de ce qu’il peut consciemment percevoir, de diriger son existence quotidienne. Les aptitudes inconscientes doivent, en principe, permettre l’homme d’entrer en contact avec la  » conscience ’’ du Tao – du Cosmos – de même que par ses muscles lisses il est en contact avec le  » vie ’’ du Tao. L’expression  » conscience nu Tao  » ne doit, en effet, pas nous illusionner : cette conscience se rapproche bien davantage de l’inconscient humain gue du conscient humain.
La raison humaine, la raison consciente, celle qui devrait uniquement être utilisée pour les actions immédiates de la vie de chaque jour est, en effet, dualiste. Elle ne peut, en définitive, répondre (avec des nuances, certes) que par  » oui  » ou par  » non ’’ aux questions posées. Et cela est fort bon dons la vie pratique. Mais, la Conscience Cosmique (le Tao, Dieu, peu importe le nom que l’on veut lui donner) dépasse infiniment le dualisme. On ne peut donc pas plus entrer en contact avec elle par le canal de la raison consciente qu’on ne peut digérer volontairement à l’aide des muscles abdominaux. Mais la partie inconsciente du mental humain, à un moindre degré que la Conscience Cosmique, n’est pas non plus limitée par un dualisme restrictif. Sa fonction originelle était donc de permettre l’établissement d’une sorte de pont entre l’homme et la Conscience Universelle non-dualiste. Mais, tout fier de se raison consciente et imaginant à tort qu’elle devait lui per- mettre de tout élucider, de tout SAVOIR alors que certains états ne peuvent être que RESSENTIS, l’homme a détourné cette raison consciente de son véritable travail et lui a posé les questions auxquelles elle ne pouvait répondre. La partie inconsciente du psychisme humain se trouvant ainsi déchargée du travail qui était normalement le sien devint oisive et se  » débaucha « . D’instrument de contact entre l’homme et le Cosmique, elle devint le réceptacle des refoulements et des névroses. Certains appellent ce déplorable État de fait  » la Chute de l’homme « .
Ce mode de pensée totalement faux qui est celui de presque tous les humains, finit par imposer à l’homme une structure mentale particulière, anormale. Il convient donc de briser cette structure car, permettre à l’homme de prendre la voie du Tao sans cette précaution préliminaire, équivaudrait à faire absorber un forti- fiant à un homme empoisonné sans lavage d’estomac préalable.
Chaque Ecole a ses procédés de  » brisage  » des structures. Celui couramment utilisé par le Groupe Tchan consiste à faire exécuter des exercices spéciaux qui, sans qu’il y paraisse souvent, introduisent une fêlure dans cette structure.
Certains de ces exercices – le dzog tchen, notamment – peuvent et DOIVENT provoquer  » l’éveil au moment même où la fêlure – qui devient aussitôt brisure – se manifeste. Mais il n’en est pas toujours ainsi; soit parce que l’exercice a été pratiqué dans des conditions défectueuses, soit par suite d’un ‘‘ sommeil de l’être  » trop profond, le côté positif de l’expérience peut ne pas apparaitre. MAIS LE COTE NEGATIF APPARAIT TOUJOURS. Et, en définitive, c’est là l’important. Lorsque l’adepte Tchan a suivi, même sans résultats VISIBLES une voie corres- pondant à ce que proposent les textes de la  » Technique du Tao « , il est prêt à prendre la voie positive, et à vivre, s’il le veut, le tao du Tao.
Lorsque, dans un  » monastère ouvert  » du Centre Asie, un adepte juge que, sans avoir atteint l’éveil, il a, néanmoins,  » purgé ’’ son mental par la pratique de la Technique, il le dit à l’instructeur et celui ci, sans mot dire, lui remet un feuillet portant ce qui suit :
Programme de l’adepte :

Afin de libérer sin mental conscient d’une tâche qui n’est pas la sienne (1) l’adep- te fera en sorte que, progressivement, le blocage de ce mental conscient sur ce qui doit être normalement son travail devienne de plus en plus parfait. En consé- quence, il s’exercera à NOMMER en lui-même tout ce qu’il ressent consciemment, tout ce qu’il fait consciemment, tout ce qui lui advient et dont il a conscience. L’adepte libéré de l’ancienne structure (2) atteindra ainsi le tzu-jan (éveil au Tao) pour peu qu’il se refuse à céder à la paresse intellectuelle qui le ramènerait à son ancienne condition.
A son éveil du sommeil nocturne, l’adente nommera ce qui lui advient en répé- tant plusieurs fois : éveillé, éveillé, éveillé… Si, les premiers temps il oublie, ce ne sera pas grave mais il doit toujours conserver en lui la volonté de NOMMER son réveil.
Durant toute la journée, il NOMMERA ainsi chacune de ses activités en décom- posant chaque détail et en ayant soin de laisser au verbe employé un sens im- personnel. S’il veut se lever, il dira : intention de SE Lever – et non : intention de ME lever. S’il veut replier ses jambes, s’asseoir sur la natte, se lever, saisir un vêtement, s’en couvrir, il agira de même.

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(1) L’établissement du contact avec le Cosmique.
(2) Par une ascèse quelconque ou par nos exercices.

Si, les premiers temps, il oublie, ce ne sera pas grave, mais il doit toujours con- server en lui la volonté de NOMMER chaque détail de sa vie quotidienne. Il y parviendra en prenant l’habitude de NOMMER chaque oubli dès qu’il remarque qu’il vient d’en commettre un. Il dira : oublié, oublié – et reprendra son obser- vation.
S’il veut manger, il NOMMERA : intention de manger – se servir – porter (la nourriture à la bouche) – ouvrir (la bouche) – goûter – mâcher – avaler.
Lorsqu’il travaillera, selon les gestes de son travail, il NOMMERA tirer, lever, pousser, etc… Lorsque son travail sera d’ordre intellectuel, il nommera : travail demandant pensée – et s’absorbera dans ce travail sans avoir besoin de continuer à nommer puisque, en raison de la complexité de son occupation, le bloca- ge sur son acte mental se fera de lui-même. Lorsque l’adepte entamera une con- versation, il NOMMERA : parler, puis il agira comme pour le travail intellectuel : il absorbera toutes ses facultés conscientes dans la conversation. Après un certain temps, du reste, il s’apercevra du fait que, sans qu’il les nomme, aucun de ses gestes ne lui échappe quand il converse.
L’adepte devra ainsi NOMMER tout ce qu’il fait et aussi tout ce qu’il ressent et tout ce qui lui advient. S’il a faim, il NOMMERA : faim. S’il a froid : froid. S’il est irrité : irritation. Découragé : découragement. Joyeux : joie, etc… Si, pendant quelques instants, il lui semble – à tort, du reste – qu’il n’a rien à observer, il NOMMERA son mouvement respiratoire : inspiration – expiration… S’il éprouve, devant une situation particulière, le besoin de réfléchir, il NOMMERA : besoin de réfléchir – et se plongera dans le sujet qui l’intéresse. Si le pensée qui est à la base de sa réflexion s’est imposée à lui brusquement sans lui laisser le temps de NOMMER la réflexion à venir, il NOMMERA agrès coup :  » réflexion passée-oubli. L’adepte nommera toute chose dont il aura conscience. Lorsqu’il remarquera un spectacle, il dira : voir, regarder. Lorsqu’il souffrira physiquement, il NOMMERA : souffrir, puis nommera à la file plusieurs inspirations et expirations en ayant soin de pratiquer les expirations à fond. Lorsqu’il souffrira moralement, il dira : blo- cage insuffisant et ramènera son attention sur ce qui doit l’occuper dans l’immédiat.
Il n’est possible de donner à l’adepte que des idées générales. Lui seul peut adapter le tao du Tao à son propre cas. Il comprendra qu’il approche du but (l’éveil) lorsque, même durant le sommeil nocturne – qui tendra à voir se durée diminuer – il conservera la conscience de plus en plus claire de lui-même. Au début de son tao, l’adepte oubliera mille choses et de longs moments pas- seront sans qu’il pense à NOMMER ce qu’il fait ou ce qui lui advient. Cela n’est pas important : avec l’habitude et la bonne volonté, sens fournir un excessif effort qui irait à l’encontre du but recherché, il s’apercevra que tout lui devient facile et qu’il devient capable de nommer, tout naturellement, une foule de choses non citées ici, qu’il fait, qu’il ressent, qui lui adviennent. L’adepte pensera que sa tâche serait facilitée s’il vivait dans la comtempla-tion.

Il n’en est rien. Si au cours de ses 8 heures de travail manuel et de ses 4 heures de travail intellectuel quotidiennes il éprouve plus de difficultés et succombe plus souvent qu’un moine contemplatif, il doit savoir que le résultat obtenu est fonc- tion, non du nombre d’observations faites mais de la bonne volonté mise à les faire.
C’est au début de la voie que l’adepte rencontrera des difficultés. Par la suite, elles seront progressivement remplacées par un état permanent d’euphorie lé- gère qui annonce l’approche du but. A ce moment là, l’adepte devra se méfier de lui-même et ne pas succomber à la dernière tentation, celle de mépriser les hom- mes qui  » ne vivent pas mais se laissent vivre « . D’ailleurs…

Lorsque le rive est atteinte il est recommandé à l’adepte d’abandonner la Barque. L’adepte éveillé n’aura plus besoin de suivre le tao du Tao. Pour lui, toutes choses redeviendront ce qu’elles étaient et il vivra comme les autres hommes, ses frères…

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Note : NOMMER signifie, évidemment, nommer intérieurement, sans paroles.

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Un dernier conseil : Il est tentant de se laisser distraire par des spectacles de toutes sortes, télévision, journaux, les problèmes quotidiens, en laissant sa pensée divaguer d’un sujet à un autre, cependant il faut faire l’effort sur soi même si on veut un jour parvenir à un état de conscience où la peur de la mort ne sera plus qu’un lointain souvenir, avec des efforts, de la volonté, vous parviendrez au but.
Que la paix soit avec vous…

L’établissement du contact avec le Cosmique
(2) Par une ascèse quelconque ou par nos exercices.
……..
Au cours des siècles des êtres de tous milieux et de toutes religions se sont données comme but de dépasser leurs conditions de vie pour accéder à un état supérieur.

Comment accéder au bonheur ?

Le bonheur comme le malheur est un état subjectif, ce qui paraît comme un désastre pour un occidental, car il a selon lui peu de moyen pour vivre, peut paraître comme une joie immense pour un être habitant l’Afrique ou certains pays d’ Amérique du Sud.

Il y a malgré tout un devenir commun à tous les êtres, qui est la finalité de la vie.

Même si un homme n’avoue pas qu’il a peur de la mort, il sait qu’un jour il mourra, qu’on soit riche ou pauvre, heureux ou malheureux, personne n’y échappe. Il ne peut y avoir de naissance sans son opposé qui est la mort.

Que l’on soit un être religieux pour se rapprocher du créateur ou si l’on croit à la réincarnation et que l’on veuille se libérer à jamais du cycle des renaissances et de la mort, pour cela il existe la méditation.

On peut méditer sur un sujet précis, comme l’amour, la mort etc…. cette méthode est lente, on peut parvenir à un état supérieur au bout de plusieurs années ou il existe une voie plus difficile mais beaucoup plus rapide qui permet à tout un chacun de s’éveiller en peu de temps.

Cette méditation qui correspond à la mentalité occidentale a l’avantage de pouvoir être pratiquée à chaque instant qu’elle que soit son activité, et permet à toute personne de bonne volonté d’obtenir les résultats espérés.

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Patrick a écrit :
J’ai lu ceci : “le monde n’est pas une chose imparfaite ou en voie de perfection, lente à se produire : non, c’est une chose parfaite, et à n’importe quel moment”. Qu’en pensez-vous ?

Commentaire ADCE
Nous n’allons pas commenter toutes les citations qui nous sont proposées, mais nous ferons une exception.
La réponse est évidente : tout dépend de l’état d’éveil.
Et de toute façon, pour reprendre une autre phrase de votre courrier : “nous ne sommes pas venus pour rester”

Bernard a écrit :
La détente du corps est-elle nécessaire pour qui pratique le Tch’an ?

Commentaire ADCE
De même que le chat profite de chaque instant où il n’est pas sollicité pour se détendre totalement (bien que gardant la vigilance), de même devrait être le tch’aniste dans son quotidien. Si vous pratiquez cet état d’être vous trouverez l’harmonie du corps et de l’esprit. C’est simple, tout le monde peut faire ainsi. Mais les gens croient qu’il faut payer très chers des stages d’entraînement qui se déroulent hors de leur quotidien (dans la mesure où ‘il faut se réunir spécialement pour cela), alors que les maîtres enseignent aux moines à vivre ainsi leur quotidien. C’est là la différence.

BG a écrit :
Juste par curiosité: j’aimerais savoir quelle est votre méthode pour “suivre” l’adepte quand celui-ci indique les moments de sa pratique; comme l’a dit Myriam, “connaître ce choix que vous avez dans la pratique est important pour votre suivi”.

Commentaire ADCE
Votre curiosité révèle une inquiétude : vous voulez être sûr que l’on se préoccupe réellement des adeptes. C’est une faille dans votre confiance, mais cela est normal comme il est évident que vous ne nous verrez jamais nous justifier. Notre enseignement est, et nous sommes ! Rien à ajouter.
Mais là, il s’agit d’expliquer patiemment comme on rassure un enfant. Ce n’est pas une justification. C’est juste nécessaire, d’autant que cela questionne aussi d’autres adeptes
L’être humain est un être d’habitudes. C’est grâce aux habitudes qu’il est capable d’agir tout en vivant sur un autre registre (vous verrez ce que cela signifie d’ici quelques leçons). Pour autant il ne doit pas non plus être prisonnier des habitudes (d’où les exercices de prise de conscience gestuelle, parole etc). Si vous ne pouvez fixer un moment régulier à vos exercices, ce n’est pas grave, vous vous adapterez autrement. Cependant, connaître vos choix nous permet de mieux comprendre vos rythmes psycho-biologiques : l’enseignement taoïste nous enseigne tant de choses à ce sujet … Vous comprendrez cela aussi, mais … soyez patient …

Laurent nous écrit :
En réponse à une lettre ayant trait à la transmission de l’enseignement Tchan, vous m’aviez conseillé de comparer vos textes avec ceux de Limoges. J’ai suivi votre recommandation et cela m’amène à vous écrire de nouveau. Je reconnais la prépondérance de l’aspect pratique sur la part doctrinale et aussi combien les mots peuvent constituer une limitation, un voile. J’ai cependant besoin d’éclaircissement sur un point précis.
En effet, dans les nouveaux dossiers, il me semble distinguer deux conceptions différentes. D’une part, nous avons pour le Taoïsme, l’ « idée de créateur » Tai Yi, « sans que cette idée se ramène à une entité ». Il y a bien un principe supérieur d’unité que l’on retrouve au niveau du « shen », « unité consciente de conscience », qui correspond à l’esprit transcendant l’âme et le corps.
D’autre part, nous avons, avec le récit du comment de la création du monde du bouddhisme, l’histoire du « mahabrahma ». Le Soi est un super ego, qui a l’illusion d’être un dieu et d’avoir créé les autres êtres, qui, d’ailleurs, partagent, son illusion. Démasquer la supercherie du Soi conduit à l’éveil. L’auteur de ce texte, Dominique Trotignon rattache le problème du bien et du mal à l’existence de ce Soi fictif.
À cet égard, vous me pardonnerez de citer Ananda K. Coomaraswamy dans Hindouisme et bouddhisme : « Il serait bon de rappeler que le bouddha n’est pas venu pour établir un nouvel ordre mais pour restaurer un ordre ancien (…) C’est une voie ancienne que l’on avait perdue que le bouddha ouvre à nouveau. » (…) « Naturellement, il est bien vrai que le bouddha niait l’existence de l’âme ou du soi, au sens étroit du terme, mais ce n’est pas ce que nos écrivains entendent ni ce que nos lecteurs comprennent, et ce qu’ils veulent dire, c’est que le bouddha niait le Soi immortel, sans naissance et suprême des Upanishads. Et cela est d’une fausseté flagrante. Car il parle souvent du Soi ou Esprit, et nulle part aussi clairement que dans la formule « na mê so attâ » (« ceci n’est pas mon Soi »), dont l’exclusion porte sur le corps et les éléments de conscience empiriques, vérité à laquelle s’applique tout particulièrement les paroles de Shancara : « Quand nous nions quelque chose d’irréel, c’est par référence à quelque chose de réel. » (…) C’est assurément au sujet de ce principe ineffable que le bouddha dit : « Qui sait où il se trouve ? C’est le Soi intérieur pur de toute contamination, le Soi suprême dont on ne peut rien dire de vrai et qu’aucune pensée ne peut saisir sinon celle-ci : « Il est. » (…) « Il y a un non-né, un non-devenu, un non-créé, un non-composé, et si ce n’était pas pour ce non-né, ce non-devenu, ce non-créé, ce non-composé, il ne pourrait être montré aucun chemin d’évasion hors de la naissance du devenir, de la création et de la composition. » Et nous ne voyons pas ce que ce non-né pourrait être sinon « Cela », cet Esprit (âtman) non animé (anâtmya) sans l’être invisible (sat) duquel il ne saurait y avoir nulle part d’existence. (…) Le bouddha nie de façon péremptoire qu’il ait jamais enseigné la cessation ou l’annihilation d’une Essence. Tout ce qu’il enseigne c’est comment mettre un terme à la souffrance. (…) De même qu’on traduit si souvent à faux l’expression répétée « Ce n’est pas mon Soi » par « Il n’y a pas de soi », on regarde l’analyse destructive de l’individualité – véhicule comme voulant signifier qu’il n’y a pas de Personnalité. (…) Le bouddha s’identifie Soi-même à ce Soi qu’il appelle son refuge. (…) Il est tout à fait contraire au bouddhisme, aussi bien qu’au Vedanta, de penser à nous-mêmes comme errant au hasard dans le tourbillon fatal du flot du monde. Notre Soi immortel est tout sauf une « individualité qui survit. » Ce n’est pas cet homme, un tel ou un tel qui réintègre sa demeure et disparaît à sa vue, mais le Soi prodigue qui se souvient de lui-même. Celui qui fut multiple est de nouveau un et indiscernable. »
Ainsi, à mon sens, il y a deux acceptions incompatibles du bouddhisme : l’une qui nie tout principe supérieur, l’autre qui le reconnaît. De plus, il semble que la convergence du bouddhisme avec le taoïsme ait pu s’établir sur la reconnaissance commune d’un principe entraînant par ailleurs la conception d’une hiérarchie des modalités de l’être. Ma question est donc la suivante : votre enseignement reconnaît-il un principe suprême ?
En espérant que vous porterez attention à ma question. Merci.

Commentaire ADCE
Votre question est fort pertinente : “votre enseignement reconnaît-il un principe suprême ?”
Vous auriez pu la poser dès la lecture du premier dossier. Et des suivants. Car nous l’abordons en pointillé, et nous y répondons en partie. C’est pourquoi je vous recommande de relire les trois premiers dossiers même si c’est le quatrième qui a fait pour vous office de révélateur.
Puisque nous diffusons en sus des exercices quelques développements philosophiques, autant répondre à vos interrogations. A condition que cela n”influe en rien sur vos propres décisions. Voici donc ce que nous pouvons ajouter :
La voie du Tch’an, issue du bouddhisme a-religieux et du taoïsme a-religieux, est une voie essentiellement pragmatique qui ne s’encombre pas de discussions casuistiques.
Ce que nous pensons n’est pas important, et de toute manière pour la pratique des exercices d’éveil vous n’êtes pas obligé d’être d’accord avec nos points de vue. Vous devez même conserver votre entière liberté de conscience.
Le Tch’an est né de la rencontre et du mariage de deux courants de pensée : le taoïsme et le bouddhisme.
(Vous vous rendez compte ? deux courants de “pensée” pour un Tch’an qui considère la pensée comme un simple outil, utile mais source de tromperie et d’endormissement de l’être à lui-même, lorsqu’elle obstrue la conscience d’être).
Nous sommes les enfants de ce mariage, mais selon les circonstances et les êtres, certains se retrouvent ressemblant davantage au géniteur bouddhiste et d’autres au géniteur taoïste. En ce qui nous concerne, et vous l’avez sûrement noté, nous avons beaucoup pris de notre géniteur taoïste.
En outre, et comme vous l’avez aussi remarquablement fait ressortir (ce dont nous vous félicitons), la présentation habituelle qui est faite du bouddhisme paraît (à quelques uns dont nous sommes) quelque peu limitée sinon erronée. C’est ce que vous auriez pu lire en filigrane dans les premiers dossiers.
Mais en quoi est-ce important pour l’éveil ? Tout n’est-il pas illusion ? La seule constante étant l’illusion…. cela lui donne d’ailleurs le statut d’être. L’illusion est donc une certitude, au même titre que celle du souffle créateur, qui n’a pas de nom : l’innommable, l’inconcevable : ”Le tao que l’on nomme n’est pas le tao” est-il écrit. Nous pourrions ajouter : cela est alors l’illusion.
Il est écrit aussi (et tant pis pour mon bavardage) : “celui qui ne sait pas, parle. Celui qui sait se tait”. Mais il est écrit encore “un yin, un yang, c’est le tao”. Alors j’espère que mon bavardage yang a pu être pour vous l’occasion d’un réelle méditation yin, afin que l’éveil soit. Et de toute manière, on ne doit pas s’embarrasser de ce qui est écrit !
Paix, Force et Harmonie dans votre vie.
PS : Votre conclusion est excellente lorsque vous écrivez : “Ainsi, à mon sens, il y a deux acceptions incompatibles du bouddhisme : l’une qui nie tout principe supérieur, l’autre qui le reconnaît. De plus, il semble que la convergence du bouddhisme avec le taoïsme ait pu s’établir sur la reconnaissance commune d’un principe entraînant par ailleurs la conception d’une hiérarchie des modalités de l’être”.

Tout d’abord pour vous dire que l’entraînement se passe bien. Ce qui est “marrant”, c’est qu’il y a des jours ou cela est beaucoup plus facile que d’autres.
J’ai quelques questions si vous me le permettez au sujet de l’éveil.
Comment s’aperçoit-on que l’on est éveillé? L’éveil vient-il brusquement suite à un événement déclencheur ou vient-il progressivement?
La sensation ressentie lors de l’éveil est-elle la même pour tout le monde?
L’éveil étant la voie menant à la libération, comment s’y prendre ensuite pour se libérer?
Les moyens à entreprendre sont-ils les mêmes pour tout le monde?

Réponse ADCE
Peut-on décrire la saveur du chocolat ? Ce ne sera jamais qu’une approximation et seul le fait de goûter le chocolat donnera corps à la description.
Il y aura un temps où vous vivrez votre expérience, et elle sera unique parce qu’elle sera vôtre. Et cela peut déjà s’être produit en cet instant où je vous écrit, cela peut se produire quand vous lirez cette lettre, cela peut se faire par flashs successifs, ou en une seule fois …. Nous serons là pour en parler si vous le souhaitez, et peut-être vous guider vers la libération. Je dis “peut-être”, tout simplement parce qu’il est “possible” voire “probable” que votre éveil conditionne votre libération sans que vous ayez besoin de conseil. Mais là encore, et si vous le souhaitez (mais pourquoi ne le souhaiteriez-vous pas ?) nous serons là pour partager.
En attendant, si rien de spectaculaire ne se produit, ne vous découragez pas. Pensez à l’alchimie invisible qui précède dans le temps l’apparition du bourgeon. Il n’y a de jaillissement de la fleur que pour l’observateur de l’apparence. La pratique régulière des exercices, votre réflexion inconsciente sur les textes qui constituent les dossiers, sont des facteurs de maturation. Chacun de nous est comme une graine. Toutes les graines n’ont pas le même rythme même si toutes sont soumises au même cycle. Ne soyez ni dans le comparatif, ni dans l’attente, sinon vous vous situez hors du mouvement et vous vivez la discontinuité. Soyez dans le mouvement (les exercices sont là pour vous y aider) et forcément vous vivrez l’unité … et bientôt l’éveil.
Paix, Force et Harmonie dans votre vie.

Ce qui me fait vous écrire aujourd’hui est un souvenir très précis arrivé vers mes 9 ans et qui revient régulièrement en ce moment. Je devais partir en classe de neige …. ( nous ne donnons pas la teneur du rêve car cela relève de l’intime) … hallucination ou rêve éveillé ?… Peut-être en pensez-vous quelque chose ? Une symbolique ou autres… Merci d’avance.

Commentaire ADCE
Vous avez vécu une expérience. Seule votre considération compte. Si cette expérience est vraie pour vous, alors elle est vraie pour vous, tout simplement. Ne permettez pas que l’on s’immisce dans votre vécu. Restez maître de vos considérations. Mais qu’est-ce que le “réel” ? C’est d’une telle impermanence ! … Où commence l’hallucination, on finit le rêve ? Que voulez-vous que nous en disions ? Nous vivons dans une société dominée et dirigée par l’ignorance … faudrait-il devenir pour autrui une quelconque pierre d’achoppement ?
L’ enseignement Tch’an apprend à dissoudre ce qui relève du masque (personnalité), à ne rester ni sous le joug du corps (qui n’est qu’un véhicule) ni sous celui de la pensée (qui nous illusionne en nous faisant croire qu’elle est nous). Le Tch’an ne méprise ni le corps ni la pensée qui sont de bons outils. Simplement, les serviteurs ne doivent pas cacher le maître. Dissoudre certes, mais sans violence, pour s’éveiller puis se libérer.
le Xi Tch’an est très éloigné de toutes les méthodes qui se prétendent explicatives des rêves ou comportements d’autrui. S’il y a quelque chose à comprendre dans votre expérience, si vous avez un message à déchiffrer, vous seul, libéré des pièges et des illusions, pourrez y avoir accès. Bonne continuation sur la Voie. Paix, Force et Harmonie dans votre vie.

Je viens de découvrir (après 18 mois d’enseignement tch’an de l’école de Limoges) que l’éveil ne serait pas la libération. Pourrais-je connaître la différence entre les 2 ?

Lorsque vous vous réveillez le matin, peut-être ne faites vous pas le distinguo avec la journée qui commence … C’est une image. Lorsque Siddharta devint le Bouddha, il s’éveilla et dans le même instant, il devint libéré. Le désir de mettre ses sandales dans les pas du maître ont conduit à bien des découragements. La libération est un apprentissage, celui de l’éveil. Si vous avez appris à monter à bicyclette vous devez vous souvenir de quelques chutes … Certains ont connu des états furtifs d’éveil sans savoir que leur ressenti était celui là. Le sachant, ils auraient persévéré … comme pour la bicyclette ! C’est pour ceux-là que nous faisons le distinguo.

Je comprends donc que l’enseignement tch’an permet à l’adepte de s’éveiller, mais que la libération de ce dernier ne dépend que de lui et de lui seul (”volition libre et consciente”) est-ce le cas » ?

Oui

Dans quels cas un éveillé pourrait ne pas souhaiter ou accéder à la libération ?

La Tradition dans toutes ses manifestations insiste sur la liberté de choix qui reste le seuil véritable du passage. Cela signifie que vous aurez toujours un choix. Certains prétendent même que des êtres totalement libérés choisissent de revenir enseigner dans une nouvelle incarnation. Personne ne les y a obligés.

Si un jour j’atteignais l’éveil et ma propre libération …

Pourquoi postulez-vous le doute ? N’oubliez jamais que votre pensée est un instrument puissant qui est fait pour réaliser les véritables choix. Votre choix est-il un conditionnel ?

Qu’en sera-t-il de ma relation avec ma famille ?

Vous avez choisi de vivre cette vie pour des raisons qui vous sont propres, que vous seul connaissez et que l’éveil complet vous rappellera. Retrouver votre véritable considération sur les choses, sur le monde, sur les autres, ne doit pas vous inquiéter. Bien au contraire. L’avoir oublié est le vrai problème.

Cet attachement à ma famille, cet amour est-il un obstacle incontournable à la libération? Est-ce au contraire la libération qui rend cet attachement différent ?

Le sage n’est plus soumis aux émotions destructrices. Mais il ne faut pas confondre émotion et sentiment. un sentiment est une réaction affective adaptée à une situation. Le sage respire, mange, boit, dort, pense, communique et vit des sentiments. Mais tout cela dans l’harmonie que seule la libération procure. C’est pourquoi sa respiration, sa parole, son amour sont différents. Quand un humain ordinaire croise la route d’un tel sage, il s’en souvient par le plaisir ressenti et par le témoignage mobilisateur. (Rien à voir avec la médiatisation). Le sage dont il est question, c’est peut-être le cordonnier dans la petite boutique près de chez vous … Tout à l’heure, demain ou plus tard … ce sera vous … si vous le voulez réellement et si vous vous y entraînez.

La pratique du Neng Shang Tong génère-t-elle un risque supplémentaire de faire apparaître certaines entités néfastes dans sa vie? Cette question est également très importante pour moi (ou plutôt la réponse attendue). Je suis de nature à être assez effrayé par tout ce qui est surnaturel (car j’y crois), et je ne voudrais pas jouer aux apprentis sorcier avec des forces maléfiques que je ne pourrais maîtriser.

Y croire ou pas ne change rien à l’existence du «sur-naturel». La pire des choses est la peur. Si vous devez craindre une pratique, vous ne devez pas vous y contraindre et aucun instructeur digne de son rôle, et à qui vous vous confiez, ne saurait non plus vous y encourager. Paix, Force et Harmonie dans votre vie.

Bonjour,
je suis de nouveau adhérent chez vous depuis le début d’année. C’est avec un réel plaisir que j’ai repris ces cours. Je me rends régulièrement au Mexique pour notre travail avec ma femme sur le chamanisme et la médecine énergétique Maya. Depuis longtemps je m’intéresse aux grandes traditions qui semblent se répéter dans leurs histoires symboliques et également dans leur prophéties. Nous arrivons, à priori, et selon ces prophéties à “une fin des temps” qui paraît être désastreuse pour le genre humain, une date clé s’impose : 2012. Je le répète, cela fait plus de 25 ans que j’essaye d’analyser ces différentes lectures, en toute humilité et en autodidacte, sans accorder la moindre prépondérance à ce qui me semblait alors inutile ou trop mondain. Puis je suis tombé sur le site de Pierre Jovanovic et acheté son livre “notre dame de la miséricorde”: le tilt, une synthése sérieuse et magistrale des prophéties de la vierge et d’autres, jusqu’aux aborigènes d’Australie, et tout concorde, à priori.
Nous sommes bien loin de l’enseignement Tchan, et pourtant…Peut-être auriez-vous un avis à ce sujet, vous avez mentionné je crois sur votre site interne que les temps que nous vivons ouvrent des portes difficiles. Merci de votre réponse.

Réponse ADCE
Nous ne répondrons pas directement à votre question pour ne pas vous influencer. Ne nous en voulez pas de prendre ce recul; si nous le faisons, c’est par respect pour les considérations de chacun : nous ne souhaitons pas devenir “maîtres de vérités”. Parfois des données qui arrivent mal à propos peuvent se comporter comme de véritables implants perturbant le jugement, et nous ne prenons pas ce risque. Cela dit, dans nos dossiers, vous trouverez matière à enrichir les hypothèses de votre questionnement, car l’enseignement Tch’an est bien inscrit dans la trame de l’univers.
Paix, Force et Harmonie dans votre vie.

J’ai été extrêmement surpris de découvrir votre site internet ! Jamais je n’aurais imaginé que vous puissiez vous servir de ce moyen pour diffuser votre enseignement, après ce qu’il m’a été donné de connaître de vous par le centre de Limoges. J’ai en effet remarqué la disparition de l’annonce dans le magazine Nouvelles Clefs, avant de la voir réapparaître récemment avec votre adresse électronique.
Cela fait plus de trois ans que j’ai l’intention d’écrire à Jérôme Calmar, et j’ai toujours différé, par découragement et par scepticisme, l’envoi du courrier : l’enveloppe est maintenant toute jaunie. Je regrette que le centre de Limoges soit désormais fermé.
J’ai commencé l’enseignement avec Jérôme Calmar début avril 2001 et j’ai reçu le dernier et dixième cours le 23 juillet 2003.
Je vous écrit pour vous demander conseil, parce que j’estime que mes efforts se sont soldés par un fiasco total. S’il n’est plus possible d’écrire à Jérôme Calmar, merci de me dire ce que je puis faire.
Je me suis inscrit aux cours par correspondance, après avoir remarqué l’annonce dans le magazine susdit, non pour atteindre rapidement l’éveil, (promesse qui m’a laissé et me laisse encore toujours extrêmement sceptique…) mais pour apporter quelque soulagement à une maladie chronique. Bien sûr, ce phénomène que vous appelez “éveil” et “libération” me motive énormément, mais je le répète je ne peux croire, compte tenu du délabrement de mon système nerveux , qu’il me soit possible de provoquer “cette chose” en “quelques mois” et “avec un peu de bonne volonté” pour reprendre les termes exacts que j’ai trouvés dans le cours. Je me suis décidé à m’engager avec M. Calmar, je tiens à le souligner, uniquement à cause des fautes d’orthographe énormes et invraisemblables dont le texte était émaillé… J’y ai vu une stratégie pour éloigner les curieux et esprits superficiels et je l’ai donc interprétée comme un gage de sérieux. Vous pouvez rire tout votre soûl…
J’ai totalement arrêté de pratiquer au cours de l’été 2008.
Depuis 2005 environ et jusqu’à l’année dernière (été 2008), j’ai pratiqué la totalité du programme que m’avait prescrit Jérôme Calmar
Tout ce que j’ai remarqué comme résultat est une amélioration de ma maladie physique qui a beaucoup régressé (c’est déjà pas mal me direz-vous). En revanche, les symptôme nerveux (angoisse, colère, agressivité, dépression et tout le cauchemar que vous pouvez imaginer) sont encore toujours bien là. Mais situation sociale en conséquence est très préoccupante pour ne pas dire misérable. J’ai peur de la vie plus que jamais. La méditation relativiste tchan n’a pas calmé mes angoisses, elle les a avivées. J’ai l’impression que le fil auquel tient ma vie peut se rompre à tout instant et m’entraîner dans la déchéance totale. Ce n’est pas la mort physique que je crains, mais bien la mort sociale avec inévitablement toutes les violences et contraintes qui s’exercent sur ceux qui, comme moi, sont marginalisés.
Que dois-je faire à présent ?
Me suffit-il de reprendre les exercices tels que Jérôme Calmar me les a prescrits ?
Dois-je renoncer et rechercher une autre voie mieux adaptée ? J’avoue pour terminer que ces notions de libération et d’éveil provoquent en moi une exaspération et un dégoût qui peuvent devenir un obstacle insurmontable. J’ai des tonnes de livres sur le sujet (je suis allé jusqu’à apprendre le sanskrit et le chinois etc…!) et j’en ai vraiment marre.
Merci d’avance de ne pas me donner une réponse dans le style “provocation relativiste” comme s’y plaisent et s’y complaisent les tchanistes : vous ne réussiriez qu’à me décourager davantage.
TB

Réponse ADCE
Votre questionnement révèle une véritable interrogation, mais aussi du doute, de lʼamertume, de la déception, de lʼinquiétude … Nous ne vous disons pas cela comme un jugement mais comme un reflet dont nous devons tenir compte et dont vous devez être conscient si nous souhaitons que nos réponses puissent correspondre à votre demande sous jacente et vous aider.
Ne soyez pas surpris de lʼutilisation de moyens plus modernes de diffusion de lʼenseignement du Xi Tchʼan. Déjà lorsque le Centre de Limoges décida de lʼenseignement «par correspondance» nombreux furent ceux qui crièrent au blasphème ! …. Et pardonnez-nous nos éventuelles fautes dʼorthographe. Nous veillons à nous relire, mais nous nʼavons pas de prétentions professorales en la matière.
Vous avez suivi lʼenseignement sur les dix leçons, vraisemblablement avec un certain nombre dʼincompris, et il est effectivement dommage que vous nʼayez pas contacté en son temps Jérôme Calmar. Vous accepterez volontiers que nous ne puissions nous immiscer dans ce quʼil était censé contrôler : à savoir votre évolution vers lʼéveil. Ce nʼest ni une fuite ni une esquive. Simplement du bon sens : on ne peut reprendre la partie commencée par quelquʼun dʼautre en ce domaine.
Nous allons cependant tenter de vous répondre. Mais nous précisons, même si vous en doutez, que lʼenseignement que nous avons nous-même suivi est excellent, bien que nous ayons pensé quʼil nécessitait des adaptations … «pédagogiques ». Vous lʼavez suivi aussi, et vous en concluez au « fiasco » … Nous respectons votre vécu. Ce nʼest pas le nôtre.
Vous nous confiez avoir étudié le chinois. Vous connaissez sûrement le caractère Chen ? Le pictogramme montre en sa partie droite un fil que deux mains ne peuvent saisir : cʼest selon notre enseignement le souffle créateur qui anime le monde manifesté. Cʼest parce que Chen relève du Ciel Antérieur, que la manifestation ne peut lʼappréhender. Chen, est parfois traduit par «âmes viscérales». Il sʼagit dʼune interprétation restrictive. En général, Chen est traduit par «les esprits», voire la «conscience». Chen ne doit pas être confondu avec le I (qui relève de la pensée Hsiang). Cʼest ce qui fait dire à lʼenseignement Xi Tchʼan que nous ne sommes pas la pensée. Celle-ci nʼest quʼun instrument, comme le corps. Et notre «éveil» est dʼen être «conscient» autrement que par la pensée ! Le I est comme une «machine» à actualiser les expériences de Chen. Mais quand Chen nʼest pas «éveillé», ce qui se réalise ce sont … les pensées elles-mêmes. Ainsi, lorsque vous écrivez ceci : « …non pour atteindre rapidement l’éveil, (promesse qui m’a laissé et me laisse encore toujours extrêmement sceptique…) » votre pensée sʼapplique à réaliser son postulat de scepticisme. Cʼest malheureusement ainsi pour beaucoup …
Par contre, nous sommes étonnés que lʼon ne vous ait pas précisé que le but du Tchʼan nʼest pas la guérison des maladies physiques. Cela dit, pourquoi un grave problème physique serait-il incompatible avec lʼéveil ? Si le corps est un instrument au service de Chen, vous comprenez que celui-ci puisse «re- programmer» son instrument pour lui redonner la performance nécessaire pour ce quʼil a à réaliser dans ce cycle de vie.
Vous nous demandez : « que dois-je faire à présent ?»
Par facilité nous devrions vous conseiller de reprendre les exercices que Jérôme Calmar (qui a été votre instructeur et qui vous a suivi), vous a conseillés. Mais vous expliquez que cela vous «bloque» si ce nʼest davantage. Nous le regrettons car, comme nous vous lʼavons écrit, lʼenseignement du Centre de Limoges a produit beaucoup de fruits.
Nous pourrions aussi vous dire de chercher ailleurs. Et cʼest vrai quʼil existe «beaucoup de demeures dans la maison du Père» (pour plagier une phrase dʼun célèbre sage). Mais le Tchʼan nous convient. Nous aurions alors tendance à vous proposer de reprendre lʼenseignement autrement. Si vous abordiez cela avec un autre état dʼesprit, cela serait jouable. Mais si votre postulat est le scepticisme qui stérilise …. à quoi bon ?
Nous espérons que nos propos ne heurtent pas votre sensibilité.
Interrogez votre intuition. Si vous estimez que nous pouvons vous aider, nous le ferons volontiers.
Paix, force et harmonie dans votre vie.

Bonjour, (et bonne année 2009)
J’ai reçu le texte 10 du Nouvel Enseignement Tchan vers 2004. J’ai toujours été et je suis toujours quotidiennement assidu à la pratique malgré des hauts et les bas de toutes sortes. J’avais pris le silence des instructeurs de Limoges comme un enseignement ultime, une invitation à trouver les solutions par moi-même, puisque j’avais déjà les outils nécessaires. Et ma foi, j’ai trouvé pas mal de ‘’solutions”. Mais je ne pense pas être Éveillé pour autant … too bad.

J’ai bien le chakra ouvert au sommet du crâne et le ni-wan aussi, quelques autres le long de la colonne vertébrale et du sternum. La pensée purement perceptive assez bien entraînée, elle apparaît parfois sans effort. Mais il me semble que ça ne veut pas dire grand chose quant à la libération totale. Je n’ai développé absolument aucun pouvoir, quelques intuitions des fois, mais rien de certain … ce dernier point n’est pas très important.

Évidemment j’ai été surpris de découvrir votre page web.

J’ai quelques questions :

  1. Que vous ne soyez pas relié administrativement au centre de Limoges, d’accord, mais vous êtes sûrement ”reliés” autrement non ? (ma question est floue, je m’attends à une réponse du même genre…)
  2. Je ne comprends déjà rien au Hao Xie (comment ça fonctionne ce truc), j’ai le final, un papier jaune à moitié brûlé avec des calligraphies chinoises (?) … mais si en plus, comme vous le dites le centre de Limoges à cessé toute activité alors là je comprends encore moins comment ça peut marcher. Ont-ils vraiment tout cessé ou juste arrêté de répondre au courrier ?
  3. Et puis surtout pourquoi cette cessation des activités ?
  4. Comment ça se fait que les xi-tchanistes ne forment et ne cherchent à former que des groupes restreints ?
  5. Si par Ô grand bonheur j’atteignais l’Éveil Ultime, la libération totale, je ne saurais que faire pour aider les autres. C’est dommage. J’ai bien conservé les dix textes, mais je ne saurais pas comment personnaliser les programmes des adeptes. Et vous alors ? Comment savez-vous faire ça ? Est-ce que quelqu’un du centre de Limoges vous a aidé ? Pourtant, si mes souvenirs sont bons, dans le texte dix, ils précisent que les tchanistes sont des hommes d’action. Mais quelle action ? Si je n’ai pas les outils, ni les moyens d’aider les autres sur la voie, je ne vois pas de quelle autre action ils veulent parler.
  6. Comment vous vous êtes rencontrés ? (c’est vrai que c’est dur à imaginer pour moi, je ne connais absolument personne d’autre qui a suivi le même enseignement, et en plus je ne suis même plus en France)

Bon ça suffit ça fait assez de questions je crois. Merci et bonne journée. Au plaisir.
AM

ADCE
Permettez-nous une historiette :
Siddharta venait de prêcher.
Un moine s’approcha et lui demanda :
- “Si par Ô grand bonheur j’atteignais l’Éveil Ultime, la libération totale, je ne saurais que faire pour aider les autres”….
Le Sage garda le silence.
Le moine s’enhardit :
- Je possède un exemplaire complet des divers Sutras, mais je ne saurais pas comment les personnaliser pour ceux qui viendraient se confier à moi.
Et comme le Bouddha n’ajoutait rien, le moine révéla le poison qui l’aveuglait : le scepticisme ! Apostrophant le Sage il dit :
- “Et vous alors ? Comment savez-vous faire ça ? Est-ce que quelqu’un vous a aidé ? Car vous ne pouvez être éveillé et libéré sans que quelqu’un ne vous ai montré le chemin “…
Le Bouddha sourit et lui dit :
- «Ne met aucune tête au-dessus de la tienne, soit ta propre lumière, parle moins et agis»
Alors le moine s’éloigna en maugréant : «Pourtant, si mes souvenirs sont bons, dans le dixième Sutra de Limoges, ils précisent que les tchanistes sont des hommes d’action…. Mais quelle action ? Et si je n’ai pas les outils, ni les moyens d’aider les autres sur la voie, je ne vois pas de quelle autre action ils veulent parler….»

Veuillez bien vouloir pardonner notre humour … et soyons plus sérieux.

Votre assiduité à la pratique de l’enseignement que vous avez reçu du centre de Limoges, témoigne de votre intérêt pour la Voie du Xi Tch’an.
Peut-être aurez vous déjà des réponses à un certain nombre de vos questions nous concernant sur notre site http://asiatchan.wordpress.com.
Vous saurez comment nous nous sommes rencontrés, pourquoi, quels sont nos rapports avec nos prédécesseurs, quelles sont nos différences de choix. En effet, d’autres anciens de Limoges nous ont déjà posé ces mêmes questions. Nous y avons répondu du mieux possible.
Si cependant un détail vous échappait ou si vous ne trouviez pas une réponse à une question, n’hésitez pas à nous demander une précision.
La pratique du Tch’an conduit à l’éveil soyez-en assuré. Pouvons-nous nous permettre une suggestion ? Peut-être êtes-vous trop dans l’attente et non dans la fluidité du mouvement pour y parvenir ?
ADCE diffuse l’enseignement à partir de dossiers qui reprennent largement les données que vous connaissez avec de notables différences cependant. Autrement dit c’est à la fois semblable et différent. Chaque dossier a un double objectif. En premier, il contient des données susceptibles de provoquer l’éveil, et si cela ne survient pas, ce n’est pas important (ne pas rester prisonnier de l’attente qui crée la dichotomie néfaste à l’éveil et responsable du mauvais rêve de l’illusion dans le quotidien). En second, il donne des indications pour poursuivre la quête dans et par le dossier suivant. Mais l’éveil ne devient “libération” que lorsqu’il est permanent. C’est une autre histoire. Plusieurs “dossiers” sont sans doute nécessaires. Encore faut-il avoir pratiqué et intégré leur contenu.
Nous vous souhaitons Paix, Force et Harmonie dans votre vie.

J’ai fini le premier dossier. Je suis trop intéressé pour la voie évolutive, plus rien d’autre ! Je préfère cette voie point trait. Trop de philosophie. j’en ai assez, car on constate que le écoles initiatiques des pays du nord, cherchent toujours à assujettir les noirs. Nous voulons la pratique directe, non la colonisation. Soyez clairs avec vos nouveaux adeptes, car nous avons aussi trop subi.
Merci pour vos orientations futures.
Cyril

ADCE
Je crains que vous vous mépreniez sur le but du Tch’an
Notre tradition est issue de l’Asie, Plus particulièrement du taoïsme chinois et du bouddhisme indien.

Les querelles Nord-Sud, les a-priori raciaux, religieux ou sexuels ne font pas partie de notre façon de penser.
Nous sommes dépositaires d’un savoir ancestral, d’une sagesse que nous nous sommes engagés à diffuser pour le bien de chacun.
Le véritable pouvoir est en soi, dégagé de l’illusion de l’égo, pas pour dominer autrui, mais pour redevenir nous-même, co-créateurs de notre réalité.
Si c’est la magie qui vous intéresse, et je peux le comprendre, il existe des écoles pour cela.
Mais là encore, pour avoir des amis très “avancés” dans ce domaine, et en particulier dans le “vaudou”, vous devez savoir que le véritable vaudou est d’abord un art de vie et surtout une compréhension participative des énergies ambiantes, ce qui n’est pas si éloigné du Tch’an.
Pour reprendre une belle expression cinématographique, “prenez garde à ne pas vous laisser séduire par le côté obscur de la Force” !

“Les méditations et autres techniques « passives » ne me semblent pas un moyen efficace.
Quand je me surpasse physiquement j’ai l’impression d’être vivant.”

ADCE
Que signifie “efficace” ?
Quel rapport pour vous avec “l’impression d’être vivant” ?
Lorsque vous aurez fait de point de ces questions vous serez alors prêt à aborder la méditation.

bonjour
dans votre réponse à un message du 24 septembre,vous parlez de l’enseignement à distance comme un moyen d’éviter le piège de l’ego pour l’instructeur,ainsi donc ,la personne supposée être délivrée de l’illusion de l’ego pourrait encore tomber dans ses pièges? je vous serai gré de répondre à cette question car elle corresponds à un trouble réel,merci

ADCE
Nous ne pensons pas vraiment pouvoir vous aider en entrant dans le jeu d’argutie de type intellectuel auquel vous nous conviez. Cela n’amène rien de véritablement libératoire et n’entre pas dans notre domaine de compétence.
D’autant que le problème ne semble pas être là. Il y a en effet dans vos demandes un dénominateur commun de non-dit, peut-être de frustrations ? Comme si vous souhaitiez vous prouver quelque chose à postériori.
Et si vous vous exprimiez simplement, avec franchise, et nous confiiez ce qui vous met cycliquement dans cet état ?
Nous pourrions alors peut-être vous aider.
En attendant, nous vous envoyons nos sentiments de paix.

(Echanges avec Jacky, un “ancien” étudiant de Limoges)
Jacky
Bien malgré-moi, j’ai provoqué un trouble chez un frère, un ami. Il me demande de lever la polémique. Ce que je fais bien volontiers puisque pour moi les polémiques n’existent que dans les esprits. En une fraction de seconde, il serait très aisé d’établir la paix dans le monde.

ADCE
Nos illustres prédécesseurs n’avaient pas internet à leur disposition.
Pour autant, à ce que j’en ai entendu dire, le suivi des postulants à l’éveil a toujours été quelque chose de … très vivant.
Nous avons ouvert une nouvelle rubrique sur le site intitulée “le livre anonyme” afin de donner la parole à des tch’anistes qui souhaitent communiquer.
Bien entendu pas de polémique, mais amener ceux qui peuvent s’intéresser au Tch’an à réaliser par des témoignages que la voie proposée n’est pas une voie-ghetto.
Pour autant ne vous obligez pas à écrire.
En fait ne vous obligez à rien d’autre qu’à être.
La rubrique “le livre anonyme” est de toute manière un non-sens, car les écrits ne sont pas si importants pour le Tch’an.
Mais cela peut-être important pour certains Tch’anistes. C’est toute la relativité et l’ambiguïté de cette impermanence appelée vie.

Jacky
Avant d’apprendre l’existence de ce nouveau centre tchan, j’avais pris l’habitude de zoner sur le net… une fois je suis tombé sur une discussion a propos du tchan. Beaucoup l’entendaient comme une secte, certains mêmes n’y voyait qu’une manière de faire de l’argent. (n’est jaloux que celui qui trompe) j’ai donc fait une intervention. suite à quoi j’ai eu beaucoup de contacts. Des anciens tchan, mais aussi des personnes qui cherchaient une vérité. C’est à elles que je pense. Combien d’années, combien de livres, combien de vaines agitations un chercheur sincère peut perdre?
Bien souvent, las de recherches inutiles, il abandonne. D’autant que notre société laisse peu de place à de telles recherches.
je ne voulais pas utiliser cet espace pour en mettre des “tas”, mais un simple témoignage qui n’aurait pas même le volume de nos échanges.
Avec Jérôme et Hi-shia, ma jeunesse m’imposait un “respect” qui faisait que jamais je ne leur ai écrit, hormis la réponse aux questions.
Même si les “mots” ne sont que des mots, aussi imparfaits soient-ils, ils sont le seul moyen de communiquer pour la plus part des êtres. Ainsi, dans tes courriers, il transpire une évidente sagesse, qui balaye les doutes dont je parlais plus haut. Mais il faut voir aussi que beaucoup d’êtres sages, parfaits, éveillés se sont isolés de ces masses. A mon sens, ceci n’engage que ma personne, il faut savoir garder un pied dans sa grotte et l’autre à l’extérieur. rôle que tu remplis très bien.
Cette ambiguïté dont tu parles, n’est que relative car elle permet à ceux qui ne sont pas encore au “sommet” de se sentir faire partie d’une “famille”.

J’ai déjà pratiqué le Tchan. Je serais particulièrement intéressé à étudier et pratiquer de façon plus intensive la voie magique en envisageant évidemment une rémunération.

Notre réponse
La voie Tch’an est une voie personnelle. Pas commerciale. L’éveil est le but pour soi et pas une marchandise. Si vous désirez apprendre des techniques magiques en vue de rémunération, ce qui est votre droit, il vous faut trouver un centre approprié.

Ma requête va sûrement vous paraitre étrange, en tout cas elle ne vous sera d’aucune utilité. Pourtant j’aimerais connaitre le visage de Jérome Calmar, j’ai pensé depuis quelque temps déja qu’il était décédé. J’ai suivi son enseignement par correspondance il y a plusieurs années, j’en ai tiré le plus grand bénéfice.
Envoyez moi une photo por favor ! Qu’en tirerai-je ? Quoi de plus quoi de moins ? Rien c’est évident, mais un plaisir sûrement. Faites-moi ce plaisir et je vous enverrai mes pensées les plus chaleureuses ; allez, je vous les accorde d’avance quelque soit votre réponse ou non réponse, mais je pourrais être ammené à redoubler !!! Alors merci . Bien à vous. JF

Notre réponse
Pensez-vous vraiment que nous serions en droit d’aller contre une volonté explicite érigée en règle : ne jamais travailler en direct, y compris par photographie, y compris post-mortem supposée ?
Cela dit, il existe des possibilités de visualisation et de contact par l’esprit … Mais franchement, en dehors de la curiosité et du risque de “l’iconophobie”, à quoi cela vous servirait-il ?

Et les pouvoirs ?

ADCE
ADCE préfère parler de voie évolutive plutôt que de voie magique. Nous avons d’ailleurs pris la décision d’être très prudents, parce que depuis quelques années, certaines … disons “connections temporelles”, se sont ouvertes, permettant le passage d’entités qui ne sont pas toujours favorables. Et cela a pris de l’ampleur. Certes vous n’êtes pas obligé d’y croire, et nous ne vous le demandons pas. Pour ne pas prendre de risque, la question a cependant été débattu de tout arrêter. Certains en ont décidé ainsi. ADCE a fait un autre choix, et c’est pour cela que nous nous sommes fait connaître.
A notre avis, il n’a pas été suffisamment spécifié que l’éveil est un état de conscience (pas forcément permanent au début) de soi-même avec soi-même, mais à un autre niveau, dans la coexistence des temps, comme un retour à Shen (que l’on pourrait traduire par “l’instant créateur”). Bref, s’éveiller, c’est se retrouver “même bien que différent”. Cela n’a rien à voir avec la présence d’un autre (ou d’une voix) qui souvent, malgré une apparence de “sagesse” relève du parasitage.
Chacun de nous est ici pour se re-synchroniser (s’éveiller, se libérer), et non pour actualiser les futurs d’un autre, d’un projet de société ou d’une entité.

Lettre du 24 septembre

mars 2nd, 2010

Bonjour, Une amie et moi-même qui avons pratiqué les 10 programmes aimerions savoir ce que sont devenus Jerôme Calmar et Hi Shia. Merci d’avance de nous répondre. Marie L.

ADCE
Si Jérôme Calmar et Hi Shia n’ont pas souhaité donner d’explication à leur actuel silence, c’est qu’ils n’ont pas souhaité le faire.
Vous avez suivi leur formation, vous avez échangé à partir des questionnaires, mais je ne pense pas que vous les ayez eu au téléphone, ou que vous les ayez personnellement rencontrés. La règle a toujours été simple et vous l’avez toujours connue: ne jamais travailler en direct. C’est ainsi.
La raison de ce principe est que cela évite le piège de l’égo pour les instructeurs, et surtout celui de la dépendance pour l’adepte.
Mais chaque fois que vous pratiquez leur enseignement, la véritable relation à vos instructeurs est présente, avec leurs conseils personnalisés, et c’est cela qui compte.

Je suivais l’enseignement du centre de limoges depuis 2ans quand le contact a cessé. 3ème degrés depuis 1 an.Merci de l’information sur l’arret de ce centre, le silence etant assez inconfortable.Evidemment je suis interessé a continuer dans cette voie et vous paraissez ètre legitimes comme instructeurs. Il y a cependant des questions que j’aimerais poser avant de m’inscrire.

  1. pourquoi le centre de limoges a- t- il stopé son activité(sans prevenir)?
  2. comment vous, les 7 anciens adeptes ètes vous entrés en contact les uns avec les autres?.
  3. Si je suis l’enseignement avec vous , dois- commencer au premier degrés? (vous parlez de nouvelle unité de temps et c’est ce qu j’ai cru pouvoir en deduire).

S’engager dans une telle voie n’est,vous le savez je pense, pas neutre. L’esprit du tchan se caracterise, je crois, par un à priori de precaution, de “doute sain”. c’est dans ce sens où vont les questions. Elles ne sont pas motivées par une vaine curiosité. C’est pourquoi je vous remercie de bien vouloir excuser ma sollicitation et de répondre dans la mesure de vos possibilités. Bien a vous.

ADCE
Nous comprenons vos interrogations.
Vous avez déjà pratiqué le Tch’an. Vous savez donc que l’un de nos principes est de ne jamais travailler en direct, pour éviter le piège de l’égo (pour l’instructeur) et de la dépendance (pour l’adepte).
Vous vous souvenez sans doute aussi que le tch’an enseigne que le temps est un et que coexistent passé présent futur. Que seule la conscience se déplace, et que le reste n’est qu’illusion. S’inscrire dans une nouvelle unité de temps signifie exactement cela et correspond au chemin vers l’éveil. C’est être en état de conscience immédiat. C’est ce que veut relater cet histoire Tch’an classique :
“Un moine demande à Tchao Tcheou :
- Enseignez-moi.
- As-u pris ta bouillie de riz ?
- Je l’ai prise.
- Alors, va laver ton bol !
A cet instant le moine s’éveilla”.
Nous sommes désolé que vous soyez resté sans nouvelles du Centre de Limoges. Mais s’il en est ainsi c’est que cela devait être ainsi.
Se préoccuper de “comment vont les uns et les autres, comment s’est établie la filiation, et la justification qui la précise”, c’est se situer une fois de plus sur une ligne de temps (passé, présent, futur), et ne relève pas du Tch’an.
Relisez les textes que vous avez reçu de Limoges. Vous y trouverez forcément des réponses.
Et même si nos textes diffèrent quelque peu (dans la forme ou l’expression), les textes que vous avez reçu et qui vous disent dès le départ “notre engagement est de ne jamais travailler en direct”, “ne mettez aucune tête au-dessus de la vôtre”, “ne retenez pour vrai que ce que vous aurez vous-même vérifié”, “sortez du piège de temps (seule la “conscience” se déplace), “si la doctrine vous gêne; bousculez la doctrine”, sont les seules réponses à vos interrogations. Qu’au demeurant nous respectons. Mais nous avons, nous, un autre contrat avec l’éveil, que des discussions inutiles.
Nous diffusons le Tch’an. C’est un engagement que nous avons pris après mûres réflexions, avec ce que cela implique de périodes de vie communautaire. (Heureusement les moyens modernes comme internet facilitent la logistique). Notre enseignement est à la fois le même et différent. Quelques textes sont supprimés, d’autres revus, certains sont ajoutés. Des phrases précisent parfois. Les exercices sont globalement les mêmes mais avec des variantes notables. Cela ne signifie pas que l’enseignement est meilleur. C’est tout simplement du à l’adaptation qui devait être réalisée par nos instructeurs pour gérer comme il convient les demandes de formation à l’éveil. Ces demandes proviennent parfois d’anciens adeptes, pour autant les anciens adeptes ne sont plus les mêmes tout en étant semblables… C’est la leçon de ce fleuve appelé temps qui charrie nos vies et dont nous devons nous affranchir.

Quelques lettres reçues

mars 2nd, 2010

Bonjour a vous!
Cela fait environ 15 ans que j’ai reçu les 10 cours ! Et depuis je pratique et me sens bien, très bien…y a-t-il des cours additionnels pour nous les “anciens”?
MERCI de me répondre.

Bonjour,
Je suis un adepte du nouvel enseignement tchan du centre de Limoges que j’ai connu en septembre 1992. Je suis entré en possession de l’ancien enseignement quelques années plus tard. Depuis, je m’efforce à la pratique de la “pensée perceptive” et à la “gymnastique magique”. Je voudrais savoir si, outre la continuation de la diffusion de la tradition tchan, l’ADCE organise des rencontres entre “anciens” élèves de Jérôme Calmar et de ses frères tchanistes.

Bonjour,
Merci pour votre réponse rapide. Pour préciser l’intention qui motive ma demande : le programme du Tchan constitue la Voie que je suis, et les résultats obtenus sont encourageants. Avec le Shen Ti Yan, ce qui est recherché est un renforcement de la constitution physique et psychique grâce à un exercice qui, semble t-il, demande peu de temps. Etant de constitution un peu fragile, il m’est apparu souhaitable de travailler à ce niveau afin de pouvoir pratiquer avec davantage de lucidité. Pour ce qui est des “pouvoirs”, je reste pour l’instant peu porté sur les pratiques de type occulte, déjà pour une question de temps.
Vous mentionnez les périodes particulières de méditation, est-ce parce-qu’il serait possible d’y prendre part? Y aurait-il un intérêt et une possibilité que j’y participe?
Bien à vous.

Notre réponse
Nous sommes heureux d’un témoignage qui prouve la justesse de l’enseignement Tch’an tel que l’a inauguré le Centre de Limoges.
Pourquoi faudrait-il des cours additionnels ?
A notre tour, nous vous posons une question: “y aurait-il un éveil après l’éveil” ?
On peut dire aussi les choses autrement :
Ou bien vous êtes parvenu à l’éveil et la question ne se pose pas.
Ou bien vous n’y êtes pas encore parvenu, même si votre vie s’est trouvée transformée par la pratique du Tch’an.
Nous sommes désolés qu’il ne soit pas possible de se joindre à nous : lorsque nous avons crée ADCE, nous nous sommes organisés en communauté laïque, avec comme règle de n’avoir pas d’autres contacts avec les adeptes (anciens ou nouveaux) que par courrier (ou courriel).
Mais pourquoi ne pas créer une association avec forum internet ?
Certes nous n’avons pas vocation de nous occuper de cela, ni le temps. Mais si par exemple certains d’entre vous décidaient de s’y atteler, nous serions prêts à vous épauler en informant ceux et celles qui nous ont écrits de vous contacter, en le signalant sur notre site internet, et en répondant à d’éventuelles questions ou par des conseils généraux”.
En outre sachez qu’il n’y a rien de désobligeant à re-visiter un voyage précédent. Ce que l’on a déjà parcouru et vécu, enrichit le nouveau voyage, et parfois, l’éveil est au bout.
Paix, Force et Harmonie dans votre vie.

Le Livre Anonyme

mars 2nd, 2010

Un commentaire qui a suivi la publication du texte du “premier jour” nous oblige à préciser que ces textes de la rubrique “le livre anonyme” sont le dit de tch’anistes nous ayant demandé de faire connaître leur témoignage, une note de lecture ou un commentaire.
Cela peut être intéressant pour stimuler l’éveil de certains de sortir des textes habituels consensuels, et de considérer d’autres points de vue que le leur. Nous sommes désolés pour les émotions que cela peut engendrer chez certains, comme ce fut le cas pour Patrick.
La question qui peut aussi se poser est “qui est tch’aniste et qui ne l’est pas” ? Mais aussi : “quel est le critère du tch’aniste, et qui accorde le label “?
Le point de vue d’ADCE est le suivant : est tch’aniste celui qui explicitement est en route vers l’éveil, et qui suit la voie de l’enseignement Tch’an. L’éveillé n’a pas besoin de se dire tch’aniste, il est.
Cela dit, chaque fois que nous recevrons un nouveau texte de la part de tch’aniste, susceptible d’interpeller la conscience (Shen), nous le publierons en tant que “nouveau jour”.

jour 1

mars 2nd, 2010

“Toute justification des actions, qu’elles soient méprisables ou excellentes, est toujours un nouveau rêve qui laisse le vide devant soi.
La foi est aussi variable que la raison ou le rêve.
La “responsabilité” de celui qui se compromet n’est pas plus grande que la responsabilité de celui qui ne se compromet pas.
J’agis selon mes intérêts et cela ne me rend pas lâche mais ne fait pas non plus de moi un héros.
Mes “intérêts” ne justifient ni ne discréditent rien.
Mes “raisons” ne sont ni meilleures ni pires que les raisons des autres.
La cruauté m’horrifie, mais ce n’est pas pour cela, ni en elle-même, qu’elle est meilleure ou pire que la bonté.
Ce qui est dit aujourd’hui, pour moi ou pour les autres, n’est pas valable demain.
Mourir n’est pas meilleur que vivre ou que n’être pas né, mais ce n’est pas pire non plus.
J’ai découvert, non par enseignement mais par expérience et méditation, qu’il n’y a pas de sens dans la vie si celle-ci se termine à la mort”.
Michel

Question de ADCE
Qu’est-ce qui meurt ?

Commentaire (épuré et résumé) de “Patrick”
“On connaissait le relativisme culturel, Voici maintenant le relativisme absolu. Si l’auteur de ce texte est un tch’aniste, je cours dans l’autre sens: je sais je sais , il n’y a pas de sens”.

Réponse d’ADCE
Nous avons bien reçu votre commentaire, nous le transmettrons dans son intégralité.

jour 2

mars 2nd, 2010

Ce jour j’ai retenu ces dures paroles d’un maître Tch’an :

“il y a une espèce de gens ignorants du bien et du mal qui, de l’enseignement, tirent des spéculations et des discussions et qui en font des commentaires, phrase par phrase. C’est comme s’ils mettaient dans leur bouche des morceaux de merde et les recrachaient pour les transmettre à d’autres “
“Les entretiens de Lin-Tsi” édition Fayard, 1972
Muriel

Commentaire ADCE
Certains tch’anistes ont délibérément choisis la provocation du langage. Elle n’est cependant pas indispensable.

jour 3

mars 2nd, 2010

Karim écrit : Voici un texte que je souhaite mettre sur le site. C’est un extrait du chapitre 58 du Tao Te King deLAO TSEU :

“Le malheur
Marche au bras du bonheur
Le bonheur
Couche au pied du malheur.

C’est incompréhensible
A cela pas de règle
La règle se dérègle
Le bon se corrompt
L’humanité se dévoie
Et ce n’est pas d’hier”

Commentaire ADCE
Nous acceptons volontiers ce jour de mettre en évidence cette citation. Toute chose, même la vie, ne se réalise parfaitement qu’en intégrant ce que nous appelons son contraire. Mais le but de cette rubrique est davantage que vous vous exprimiez avec vos propres mots, et témoigniez de votre pratique. Au moins donnez votre commentaire afin que chacun sente combien la pratique est la voie vers l’éveil.

jour 4

mars 2nd, 2010

Roger a écrit :
Dans le monde et pas du monde.
C’est pourquoi les difficultés ne sont pas des difficultés.
Nous vivons dans la conscience des difficultés et donc nous n’en souffrons pas.
Lorsque je marche, je marche. Lorsque j’écris ce texte, j’écris ce texte. Et plus rien ne m’enferme. Je ris de mes prétentions d’hier, et je sais que chaque instant est un nouvel instant qui contient tous les instants.

Commentaire ADCE
Chaque instant est un bon instant

jour 5

mars 2nd, 2010

Jean propose ce texte tiré des “Printemps et automnes” et qu’il a extrait d’un numéro spécial du magasine “Le Monde des religions”.
“Le brigandage a-t-il une Voie ?
Bien sûr qu’il a une Voie !
Deviner ce qu’il y a derrière une porte et arriver droit au trésor, c’est la Sagesse.
Entrer le premier c’est le courage.
Sortir le dernier c’est le sens du devoir.
Connaître le moment opportun, c’est l’intelligence.
Partager équitablement, c’est la Vertu suprême.
Nul sous le ciel ne peut être un grand brigand s’il ne possède ces cinq qualités”

Commentaire ADCE
La marque de la pensée traditionnelle est sa capacité à utiliser les recoins insoupçonnés du quotidien pour rendre compte de la Sagesse.

jour 6

mars 2nd, 2010

xitchaniste a souhaité que nous retirions son écrit : Nous respectons sa demande. A la place, reste une bulle de silence … que chacun pourra interpréter à sa manière.

jour 7

mars 2nd, 2010

Pourquoi ne pas publier les anciens textes du Tch’an ?

Commentaire ADCE
Vous avez raison, le septième jour est un premier achèvement.

Vous pouvez les consulter ici

jour 8

mars 2nd, 2010

Patonic propose cette réflexion :
Quand la pensée conceptuelle est réalisée comme vide et que la pensée perceptive est réalisée comme née, qui réalise cela ?
Quand ces deux soeurs sont maintenant perçues comme étant les prisons de la conscience, de l’espace et du temps qu’est ce qui perçoit cela ?
La conscience, le temps et l’espace sont les esclaves du maitre, qui les a créè à partir de rien.
Frère tchaniste tu es le maitre de la conscience,de l’espace et du temps.
Seule ta peur née de la pensée qui veut être maitresse de ton destin et son désir de connaitre une expérience volontaire seront tes ennemies.
Bien à toi

Commentaire ADCE
Merci, frère Tch’aniste.
Ce site est le tien.

jour 9

mars 2nd, 2010

Patrick propose cette réflexion:
“Nous ne sommes pas venus pour rester”

Commentaire ADCE
C’est la sobriété du Tch’an !

initiation à la technique du tao

L’ORDRE INITIATIQUE – TCHAN – vous présente :

LA TECHNIQUE DU TAO

Depuis que le monde existe; depuis que des humaines vivent sur cette Terre, ces humains sont malheureux.
Ils sont malheureux parce que, sur le plan matériel, sur le plan affectif, sur le plan spirituel, ils ne possèdent pas ce qu’ils désirent.
En Occident, les Sciences physiques ont lutté et luttent encore contre cet état de chose avec des résultats souvent concluants sur le plan matériel : de nos jours, l’Occident ignore les famines et les grandes épidémies.
Est-ce à dire que tout est pour le mieux dans le meilleur des « mondes occidentaux » possibles ? Le progrès matériel a-t-il fait disparaître le malheur ? Rien n’est moins sûr, et, de toutes façons, si le bonheure existe en Occident, il n’est pas à la portée de tous.
En Extrême-Orient, l’évolution s’est produite de façon différente en ce qui concerne la recherche du bonheur. Aux Indes, par exemple, être heureux n’est pas un terme ayant la même signification qu’en Europe ou en Afriqe. Etre heureux, pour un Indien, cela signifie posséder la sagesse et se sentir uni à l’Absolu. A de rares exceptions près, cette conception du bonheur ne convient pas aux hommes et aux femmes d’Occident, formés par des siècles d’Histoire dynamique. Par contre, il existe, dans l’Ouest de la Chine et dans le Nord du Tibet, un procédé de conquête du Bonheur qui convient parfaitement à la mentalité des Occidentaux. Ce procédé, entièrement basé sur les « Pouvoirs Cachés » de l’Inconscient humain, se nomme : La Technique du Tao

Le grand psychologue iranien G.A. MOKTAR a dit fort justement : « Cette méthode est un véritable judo psychique car elle TRANSFORME EN FORCE les cent et une faiblesses de l’être humain… »
Professée par l’Ordre Initiatique Tchan, la Technique du Tao existe depuis des millénaires. Et cependant – ce qui peut paraître paradoxal – elle demeure peu connue même dans son pays d’origine.
Cet ésotérisme de fait n’a pas été sciemment voulu par ses créateurs. Sa principale raison d’être tient à ceci : dans les temps anciens, les populations sino-tibétaines étaient généralement illettrées. Par conséquence, l’enseignement de la Technique du Tao ne pouvait qu’être donné oralement, à de petits groupes privilégiés. Mais les Occidentaux actuels savent lire et, pour cette raison, ils peuvent maintenant et pour la première fois, bénéficier de tous les avantages que leur apporte cette Technique.
- Agir directement soi-même sur son Destin, aussi bien (…à suivre…)

LA TECHNIQUE DU TAO – Texte 1

Avant toute chose, il importe que vous vous pénétriez de certains principes. Nous vous demanderons donc de lire attentivement les lignes suivantes.
1. Un être humain « éveillé » est, au plein sens du terme, lucide et conscient. Dès le départ, vous devez donc vous orienter vers ces deux qualités, lucidité et conscience. Pour cela, il vous faut faire preuve, vis-à-vis de l’enseignement lui-même, d’un constant esprit critique. Lorsqu’il y a vingt ans, un postulant se présentait au « monastère ouvert » de Kliang-Si, demandant à recevoir l’initiation Tchan, le grand maître Wou lui posait la question suivante : « Etes-vous prêt à accepter pour vrai sans examen, ce que vous diront vos instructeurs ? » Si le candidat répondait : « Oui ! », le Maître, avec douceur mais fermeté, l’invitait à se retirer, car « un aveugle volontaire ne peut espérer voir un jour la lumière » .
Ceci ne signifie pas évidemment, qu’un esprit de dénégation systématique est souhaitable dans l’enseignement. L’adepte qui nierait, a priori, tout ce qui lui est dit, prouverait par son attitude qu’il estime en savoir plus que les instructeurs dans la matière enseignée et il serait absurde, bien entendu, de prétendre mener à l’éveil un tel esprit, buté, sclérosé. Mais certaines thèses émises par le Centre peuvent paraître étranges, voire démentielle à des personnes non informées. Nous ne vous demanderons pas de croire sur parole ce que nous avançons, par exemple en ce qui concerne les rapports entre l’homme et le Temps. Faites jouer à la lecture de ces thèses votre esprit critique. Parfois, assez souvent même, l’éveil proprement dit, c’est-à-dire la prise de conscience cosmique, se manifeste à la suite du heurt se produisant entre les concepts anciens et l’apport nouveau.
2. Nous vous demanderons par contre de suivre à la lettre nos instructions, surtout en ce qui concerne les attitudes à prendre. Ces attitudes sont les mêmes pour tous puisque le but à atteindre est le même pour tous. Mais elles doivent être nuancées, « interprétées » en fonction du psychisme et parfois du métabolisme de chaque adepte. C’est pour cela que nous vous prions de répondre instamment au questionnaire que vous trouverez dans chaque envoi et de le retourner aussi vite que possible à J. Calmar. Le présent envoi est comme vous le voyez entièrement ronéotypé, car chacun de ses éléments s’adresse à tous. Il en sera autrement la prochaine fois. A la lecture de vos réponses J. Calmar apportera les retouches nécessitées par votre personnalité. Ses retouches se présenteront sous formes de lettres manuscrites jointes aux envois ronéotypés. L’astrologie du Tao nous a fourni sur votre être véritable des renseignements précieux. Nous savons que vous êtes potentiellement capable dëintégrer à votre conscient les vérités profondes qui gîtent dans l’inconscient collectif humain. Mais la vie a apporté dans votre psychisme certaines modifications. La nature de ces modifications n’apparaîtra qu’à la lecture des réponses que vous ferez
aux questions qui vous sont posées.
3. L’enseignement Tchan vous semblera peut-être « sec » et dénué d’amour. C’est là un reproche qui nous a souvent été adressé. Aux yeux de certains de nos détracteurs, un tchaniste est un individu monolithique , puissamment maître de lui, ne craignant rien, altruiste par raison, mais dénué de toute « sensibilité » . Pareil grief fut fait, jadis, à des personnalités aussi éminentes que Lao-Tseu et Sidartha Gautama, le bouddha historique. En réponse, nous disons ceci : l’homme pleinement éveillé est seul capable d’aimer vraiment, car il est conscient, totalement, des liens fraternels qui unissent les êtres. L’homme ordinaire aime ou n’aime pas au gré des illusions qui le bercent. Il accorde sa sympathie et la retire selon l’impulsion du moment sans même se rendre compte du fait que ses sentiments lui sont imposés par les influences extérieures ou par l’état de ses organes.
4. Nous vous demandons de ne pas vous laisser impressionner par l’apparente difficulté de certains exercices et surtout de certaines attitudes à prendre. La tradition du Tao, d’accord sur ce point comme sur bien d’autres avec l’ésotérisme occidental , affirme que ses attitudes furent celles de l’homme avant la chute, de l’homme primordial, de l’homme éveillé. En les retrouvant, vous ne faites que reprendre, pas à pas le chemin de l’humanité véritable – celui qui n’aurait jamais dû être quitté pour une autre voie, car cette dernière ne pouvait mener qu’à la souffrance et à la mort. Si vous rencontrez des difficultés – et vous en rencontrerez faites le savoir à J. Calamar. Décrivez ces difficultés. Souvent, elles ne sont qu’apparentes. Mais, dans certains cas, elles ont une existence réelle et il convient alors de les contourner et non de les affronter. Si nous vous demandons de ne pas croire aveuglément tout ce qui vous est dit, nous insistons par contre sur le fait que vous avez tout avantage à faire confiance au dévouement de votre instructeur. Nous ne sommes pas des commerçants, des « industriels en psychologie » . S’il en était autrement nous accepterions n’importe quels élèves et nous n’en faisons rien. Ce que nous voulons et simple : nous cherchons des hommes et des femmes susceptibles de former une élite d’un genre particulier. Car, à la longue, l’action d’une minorité bien « équipée » s’exerce comme un levain sur la masse et tous les êtres profitent de cette action.
Appartenir à une élite ne signifie pas nécessairement de posséder une forte culture. Il y a certes, parmi vous, une majorité d’intellectuels. Mais notre enseignement est dépourvu de toute expression technique et sophistiquée. Les intelligences étant de natures diverses – portées, par exemple, vers l’analyse ou vers la synthèse – il arrivera que vous comprendrez mal certains exposés ou qu’ils ne vous paraîtront pas convaincants. Cela n’est pas grave, car tout est prévu pour que chaque forme d’intellect reçoive à un moment donné, lumière et compréhension. Du reste la seule compréhension intellectuelle serait insuffisante. Lorsque viendra l’éveil, votre être entier « comprendra » . C’est ce but ultime que visent les attitudes et certains exercices.
Encore quelques mots avant de terminer ce préambule : à aucun moment, l’enseignement ne traitera d’un sujet religieux. Nous dispensons une philosophie pratique et nous conduisons nos adeptes vers un état de conscience supérieur sans nous soucier de l’appartenance confessionnelle de ses adeptes. Nous comptons dans nos rangs des chrétiens, des bouddhistes, des taoistes, etc…et des gens qui estiment que la connaissance du Tao équivaut à une option religieuse. Il se peut, cependant, que parmi nos nouveaux adhérents, se trouvent des personnes qui souhaiteraient trouver dans notre enseignement une certaine orientation vers le Divin. Si tel est votre cas, faites connaître la nature exacte de vos aspirations à J. Calmar, lequel neutre en la matière , vous mettra en relation avec des personnes compétentes.
Et maintenant voici notre premier exposé théorique.

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Vous est-il arrivé de rencontrer un homme totalement, parfaitement heureux ? De tels êtres existent, ce sont les sages, mais, pour le moment, nous ne tiendrons pas compte de ces hommes supérieurs. Avez-vous un jour rencontré un être humain ordinaire qui ,à tout moment et en toute sincérité, pouvait dire : « je suis, pleinement ,totalement heureux » . Nous ne pensons pas qu’une telle rencontre ait pu se produire…
L’homme ordinaire souffre de mille maux, des mille petitesses qui encombrent sa vie. Mais, supposons, pour l’exemple un humain très équilibré, dont le système nerveux – par miracle – résisterait aux chocs incessants de l’existence. Dotons cet homme hypothétique d’une santé de fer, d’une vie affective harmonieuse du plus haut degré, d’une fortune considérable et à l’abri de tout aléa, d’une occupation professionnelle qui le passionne et de loisirs nombreux et bien remplis. Un tel homme, peut-on penser, doit être pleinement heureux : IL A TOUT POUR CELA ! Est-ce bien sûr ? Ne pensez-vous pas que son heureux présent puisse être rongé, corrodé, par cette pensé, exprimée ou non : un jour ou l’autre, mon bonheur doit finir ? S’il en était autrement, comment expliquerait-on les débauches et les folies, souvent criminelles, de tant d’individus manifestement chéris par la Chance et la Fortune ? Comment expliquer le besoin de « s’étourdir » manifesté par tant d’hommes et de femmes auxquels tout souriait ? Pourquoi les suicidés, véritables Gribouilles, sont-ils plus nombreux dans les pays où l’existence est facile et le niveau de vie particulièrement élevé ? La vérité est que l’homme ordinaire ne peut être pleinement heureux parce qu’il sait que le bonheur présent ne peut être éternel. La mort le fera, un jour ou l’autre, disparaître.
Que l’on nous comprenne bien. Nous ne prétendons pas que tous les humains sont obsédés par la perspective de la mort physiologique. Les individus brave et maîtres d’eux – mêmes ne manquent pas même au sein de l’humanité « non éveillé ». Mais tous les hommes consciemment ou pas, sont marqués par la crainte de l’échéance inéluctable – du néant qui suivra la vie. Votre thèse, direz vous peut-être, ne vaut que pour les athées, les matérialistes.
Les croyants, à quelques religions qu’ils appartiennent, savent que l’au- delà leur réserve une autre existence, différente certes de la vie actuelle, mais d’une qualité supérieure. La réfutation de cet argument est simple. Elle tient à ce terme même : croyant. L’homme croit , il ne détient pas de preuves et certaines idéologies lui font un mérite de cette foi sans preuves. Il est, certes en toute religion, des croyants qui possèdent des preuves, des certitudes : ce sont les mystiques. Mais nous étions convaincus, bien avant Bergson, du fait que par leur expérience est, par définition, incommunicable.
Nous affirmons ceci : croire en une bonne chose, mais posséder des certitudes est beaucoup plus efficace en ce qui concerne la conquête du bonheur. Ces certitudes, nous allons vous aider à les obtenir. La technique du Tao est basée sur le postulat suivant : contrairement à une opinion trop répandue, lëunivers n’est ni absurde ni inconnaissable à l’esprit humain. Il convient toutefois de noter que, dans cette perspective le mot »esprit » perd son sens habituel, car une compréhension totale engage tout l’être, corps compris et non pas seulement les facultés psychiques.
Voici un bon exemple de ce que nous avançons . Lisez les phrases qui vont suivre . Lisez-les au moins une fois chaque jour durant la quinzaine qui vient….
Vous serez ou non d’accord avec ce que vous lirez, n’importe. Mais il est certain que votre intellect en comprendra le sens. Cependant, votre ETRE total ne le comprendra pas. S’il en était autrement vous connaîtriez déjà l’éveil et nous n’aurions plus rien à vous apprendre. Voici ces phrases :
« Le temps est UN et éternel. Passé, présent et avenir COEXISTENT. C’est la conscience seule qui ce déplace… »
Vous avez lu ? Sans doute avez-vous pensé : comprendre des phrases ne présente aucune difficulté ; cependant , les affirmations qu’elles contiennent sont tout à fait gratuites. De plus, même en admettant qu’elles expriment une vérité, purement métaphysique, ne saurait exerce d influence sur ma destiner et, à plus forte raison, sur mon comportement quotidien…
Vous pouvez croire cela. Pour le moment, nous n’essayerons pas de vous détromper. Nous vous invitons simplement à relire ses phrases tous les jours au moins une fois. Soulignez-les d’un trait de crayon afin de pouvoir les retrouver aisément dans le texte. Actuellement, certes, vous ne pouvez les comprendre qu’avec votre seul intellect et leur effet et nul. Mais, dans peu de mois, elles seront intégrées à votre être entier. Et vous serez alors LIBRE, totalement. Encore une fois, nous ne vous demandons pas de croire à la réalité de cette promesse mais simplement d’agir, en adoptant, dès maintenant, l’attitude TSYNG-CHEN dans sa première phase.

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La première phase de l’attitude Tsyng- Chen est bien connue de la psychologie occidentale qui l’utilise dans le traitement de certaines névroses. Elle est dans le cas de timidité pathologique notamment, d’une efficacité incontestable. Le bouddhisme orthodoxe fait, en ces termes, l’éloge du Satipatthana, procédé apparenté au Tsyng-Chen : « Celui, O moines, qui, durant non pas sept années, ni sept mois, mais sept jours, pratiquera le Satipatthana-Sutta – celui-là atteindra le Nibbana (Nirvana)…. » Dans le détail, Satipatthana-Sutta et Tsyng-Chen diffèrent assez notablement.
Cependant l’idée de base est la même. Il s’agit dans les deux cas d’acquérir plus de conscience. Mais cette acquisition n’est pas dirigée vers le même but. Cela tient au fait que les fondateurs du bouddhisme et de la technique du Tao étaient des hommes supérieurs certes, mais de psychismes différents, presque opposés même. Sakia Muni, être admirable, était un introverti. Il marqua sa doctrine du sceau d’un pessimisme grandiose et qu’il entendait dépasser. Le bonheur qu’il promet aux hommes est statique. Les pères de la technique étaient, au contraire, des extravertis. Chinois pour la plupart, ils devaient à leur appartenance ethnique une nette tendance au dynamisme qui les rapproche des penseurs occidentaux. Leur vision du monde était très proche de celle du Sage de l’Inde, mais ils l’interprétaient en termes optimismes. Que l’on nous permette cette image grossière : mis en présence d’un récipient d’un litre contenant cinquante centilitres de liquide, le Bouddha l’eut trouvée à moitié vide et les Pères du Tao à moitié pleine. (Retenez les phrases qui précèdent : elles vous permettront plus tard de comprendre à quel point l’homme ordinaire est influencé par les pressions extérieures et par son propre tempérament. Et quelle pauvre chose est son « libre arbitre » …
Pour en terminer avec les ressemblances et dissemblances existant entre le Satipatthana-Sutra et le Tsyng-Chen, nous dirons encore ceci :
le but du procédé bouddhiste est d’amener l’homme à constater l’impermanence de toute chose. Nous ne contestons pas la réalité de cette impermanence : nous prétendons rendre permanent ce qui ne l’est pas.
Permanence et impermanence n’existent que relativement à la pensée en ce qui concerne le devenir humain. C’est pour cela que le but du Tsyng-Chen est, avant tout, d’obtenir la maîtrise de la pensée. Mais on peut dire aussi que la pratique de cette première phase du Tsyng-Chen provoque déjà un réveil partiel. Ainsi que nous l’avons dit plusieurs fois, ce que nous appelons « Eveil » est le plus haut degré de conscience que l’homme peut atteindre. Ordinairement, on admet qu’il n’existe que deux états de conscience non pathologiques chez l’homme : le sommeil et l’état de veille. La réflexion la plus élémentaire nous permet de comprendre que cette façon de voir est erronée. Il existe un sommeil profond et sans rêve durant lequel l’être humain est aussi près de la brute qu’il est possible – un sommeil profond encore mais soumis à une activité onirique au sein de laquelle les parties conscientes et inconscientes du psychisme s’affrontent ou s’unissent – un sommeil léger qui permet au dormeur d’avoir conscience de tout ou partie des bruits venant de son entourage. Dans ce dernier cas et selon la profondeur du sommeil, ces apports extérieurs déterminent le réveil ou au contraire, s’intègre au rêve sous une forme ou une autre. Il y a enfin cette frontière indélimitable entre sommeil et veille que l’on appelle demi-sommeil.(Pourquoi « demi » et non pas, par exemple, quart ou trois – quart de sommeil ? )
Lorsque l’homme est enfin « éveillé » – nous voulons dire lorsqu’il est parvenu à l’état de veille ordinaire – il nous faut bien constater que cet  » éveil » n’est pas toujours de même qualité. Toute une catégorie d’individus continue à somnoler longtemps après avoir quitté sa couche.
Les gestes de ces gens demeurent gauches ,maladroits, jusqu’à ce que leur métabolisme, retrouvant sa routine, leur permette de ce conduire de façon plus naturelle, moins mécanique. Au saut du lit, ils évoquaient par leurs mouvements autant de robots. Plus tard, dans la journée, leur allure est devenue normale. Regardez-les , ils sont conscients d’eux-mêmes, de leurs gestes, de leurs attitudes. Ils sont conscients… Nous le sommes… Halte ! En êtes-vous sûr ? Au moment où vous lisiez ces lignes, aviez-vous , Vous, simplement conscience de l’attitude qui était la vôtre ? Sentiez-vous la position de vos bras, de vos jambes, de tout votre corps ? Votre buste était-il droit ou au contraire incliné vers votre lecture ? Si vous répondez franchement à cette question – et il est de votre intérêt d’agir ainsi – vous verrez que cette conscience éveillée que l’homme croit posséder par droit de naissance n’est peut-être pas si « éveillée » que cela. Et, notons-le bien, il ne s’agit là que de conscience corporelle. Faites le premier pas vers l’Eveil réel et, immédiatement, adoptez l’attitude Tsyng-Chen dans sa première phase. Il est aisé de prendre l’attitude Tsyng-Chen. En revanche, – ceci doit être su de vous – il vous sera difficile de le maintenir longtemps, sauf si vous possédez déjà un certain entraînement en la matière. Immédiatement – c’est-à-dire, dans la pratique, dès demain matin, au réveil – faites ceci : prenez conscience des mouvements et des positions de votre corps. Cela est d’une grande simplicité. Rien ne vous sera plus facile que de sentir pleinement, par exemple, le geste que fera votre bras lorsque vous ouvrirez une porte. Sentez, ce mouvement et, simultanément, ayez au maximum conscience de l’attitude générale de votre personne physique. Voici comment vous devez procéder :
Vous vous éveillez. Après un flottement de l’esprit plus ou moins long, vous vous souvenez qu’il vous faut adopter, dès le réveil, l’attitude Tsyng-Chen. Vous prenez tout d’abord conscience de la position de votre corps, lequel est, pour le moment, allongé. Vous vous levez, en fixant votre attention sur chacun de vos mouvements et, dans la mesure du possible, sur l’attitude générale de votre corps, respiration comprise. Durant votre toilette maintenez cette attention : vous vous rendrez compte du fait qu’un nombre important de vos actions habituelles est le fruit pur et simple de l’automatisme, surtout, ne tentez pas de MAITRISER cet automatisme. Contentez-vous de le surveiller comme vous surveillez vos gestes volontaires. La première phase du Tsyng- Chen n’est rien d’autres que cela : prendre conscience de ses propres gestes et attitudes physiques. C’est d’une exécution très simple. Par contre, maintenir longtemps cette surveillance est difficile, très difficile pour un débutant . Si vous n’avez jamais pratiqué le Tsyng-Chen sous une appellation ou une autre, vous ne devez pas vous illusionner : après quelques minutes, votre attention sera littéralement éparpillée aux quatre vents des phénomènes extérieurs. Votre esprit se retrouvera entièrement pris par l’interprétation des rapports de la vue, de l’ouïe , ou encore il ressassera le souvenir des événements de la veille, ou bien il établira des plans pour le lendemain. Nous savons que les choses se passeront ainsi.
Cela est normal et ne doit, en aucun cas, vous décourager. L’être de l’homme se rend obscurément compte du fait que son grand adversaire et le temps. Il essaye de le vaincre en employant cette arma dérisoire : la rêverie, laquelle, l’entraînant illusoirement vers le passé ou l’avenir, lui donne l’impression dëéchapper aux limitations de ce qu’il nomme le présent. Notons bien ceci : pour l’adversaire, – le Temps – la rêverie est une arme de pacotille dont les « coups » ne sauraient être craints, mais pour son utilisateur – l’Homme – elle se comporte en engin redoutable.
C’est une sorte de boomerang qui rate toujours son but mais revient blesser celui qui l’a lancé.
Si nous voulons maîtriser le Temps – et tel est, notre but – il nous faut tout d’abord établir notre emprise sur sa fraction la plus proche de notre conscience, celle que nous appelons le présent et, pour cela , être présent dans ce Présent. Avoir conscience de soi-même, c’est tout d’abord avoir conscience de ses gestes et attitudes physiques dans l’immédiat . Nous ne saurions trop insister sur ce point. Tout le reste en découle. Il faut dans ce début de formation, que vous soyez DANS ce que vous faites et nulle part ailleurs. Certes, il est nécessaire, pour les besoins de la vie courante, que vous établissiez des prévisions pour les actes que vous devez accomplir et que vous vous remémoriez certaines choses du passé. Les deux vont de pair, du reste, puisque ce que vous ferez dans le futur est conditionné par le passé. Lorsque vous étant levé puis habillé en gardant, dans la mesure que possible, pleine conscience de vos gestes corporels, cette pensée vous viendra : « il faut qu’aujourd’hui je voie un tel qui, avant-hier, m’avait donné rendez-vous » , passé et futur interviendront nécessairement et perturberont votre sens du présent. Mais que cette perturbation demeure momentanée. Ne vous complaisez pas dans les évocations d’un passé révolu ou d’un futur possible. Reportez, aussitôt que vous le pourrez, votre attention sur le comportement de votre être physique.
Nous ne nous faisons pas d’illusion .Durant les premiers jours, votre attention ne se maintiendra, vigilante, que durant quelques minutes. Et, pour commencer, il est très possible que demain, au réveil, vous n’ayez plus en mémoire la nécessité d’adopter l’attitude Tsyng-Chen. Cela n’est pas grave et il est tenu compte de cette possibilité dans l’Enseignement. Si vous ne prenez pas l’attitude Tsyng-Chen dès le réveil, prenez-la lorsque l’idée vous en viendra. Il se produira souvent ceci : brusquement, vous vous apercevrez que, depuis un temps indéterminé, vous avez perdu toute notion de ce que fait votre corps. Aucune importance : recommencez simplement votre observation.
Nous devons vous mettre en garde contre une certaine lâcheté, un sentiment d’ « à quoi bon, » qui est en nous tous, et qui n’est que la voix de notre tendance à l’autodestruction. Vous n’arriverez pas d’emblée, à maîtriser le Tsyng-Chen. N’y comptez pas. Mais ne tirez pas un argument de cette impossibilité momentanée pour renoncer à aller plus avant. En fait, nous commençons par le plus difficile. Il vous faut absolument obtenir la maîtrise du Tsyng-Chen. Après, tout deviendra incomparablement plus facile.
Notez bien ceci : dans certaines circonstances, nées de la vie actuelle, le Tsyng-Chen n’a pas sa place. Par exemple, si vous conduisez un véhicule automobile, vous ne devez pas essayer de garder une conscience volontaire de vos gestes. Ceux-ci doivent être abandonnés à leur automatisme sous peine d’accident. Il serait également contrevenu de vouloir surveiller tous vos mouvements si vous utilisez une machine à écrire ou si, dans le domaine musical, vous exercez une activité instrumentale. Toutefois dans ces derniers cas, il serait bon que vous conserviez une certaine connaissance de la position globale de votre corps.
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Pour aujourd’hui, nous en resterons là. Gardez-vous de toute impatience : seuls les patients vont loin. Nous ne voulons pas vous lasser dès le départ et nous entendons intégrer insensiblement l’Enseignement dans votre vie.
Lisez bien ces quelques feuillets et, tous les jours, relisez les phrases que vous trouverez au bas de la page 5. Surtout, faites le maximum pour pratiquer au mieux le Tsyng-Chen.
Attendez une dizaine de jours puis remplissez le questionnaire ci-joint et envoyez-le à J. Calmar.
ET QUE LA VERITE SOIT SUR VOUS…

Additif au texte 1

Vous avez trouvé avec ce premier texte, une courte lettre manuscrite que vous adressait personnellement notre Instructeur et par laquelle il vous souhaitait la bienvenue parmi nous. L’Ordre Tchan tout entier se joint à J. Calmar pour vous dire : «  Bienvenue !  »

Nous souhaitons qu’au cours des mois qui viennent, se produise en vous cette «  mutation  » qui, d’un être humain en proie aux divers malaises engendrés par la vie, formera de vous un être humain libéré. Nous le souhaitons et nous savons que la chose est possible et même certaine pour peu que vous vous intéressiez suffisamment à l’Enseignement TCHAN.

Le texte que vous avez trouvé dans cette enveloppe est, comme vous le verrez, fort bref et voué aux seules généralités. Il en sera de même pour les trois textes qui le suivront immédiatement : ces textes constituent une sorte de préambule à l’Enseignement TCHAN proprement dit, «  une mises en ambiance  ». Ne comportant qu’un petit nombre d’exercices ayant surtout valeur de tests, ils sont destinés à «  préparer le terrain  » etógrâce aux questionnaires qui leurs sont jointsóà déterminer quelle Voie est la Vôtre. (C’est pour cela que nous vous demandons de bien vouloir répondre, après mûre réflexion, à ces questionnairesósans vous étonner de leur puérilitéóqui n’est qu’apparente, nous vous l’assurons).

Il y a dans l’Enseignement TCHAN deux voies d’accès au Réel différentes car pour l’ésotérisme extrême-oriental, il y a deux types d’humains différents sur le plan des aspirations, spirituelles et matérielle. Toutefois, quelle que soit la Voie que vous choisirez ultérieurement, VOTRE Voie ne saurait être exactement semblable à celle de n’importe qui d’autre : votre personnalité propre lui imprimera sa marque. Vos réactions ne seront pas – ne pourront pas être – celles d’un autre adepte quel qu’il soit. Vous éprouverez le besoin de poser des questions qui seront líexpression même de votre «  être  ». Ces questions, nous insistons vivement pour que vous les posiez. Ne craignez pas d’importuner notre Instructeur. Il est la pour y répondre : c’est sa Voie à lui, sa vocation. Cependant, nous vous demandons de bien comprendre ceci : nous n’avons pour l’instant que peu d’instructeurs en Occident. Le nôtre est particulièrement surchargé de besogne. En conséquence, nous vous demandons de tout sacrifier à l’efficacité : posez vos questions, mais faites en sorte que :

1. Chacune d’elle se rapporte vraiment à l’Enseignement TCHAN. Notre Instructeur n’a pas le temps de satisfaire une vaine curiosité : sa mission est de vous conduire à l’éveil au Tao. Elle est trop importante pour que du temps soit perdu.

2. Posez vos questions brièvement, clairement. Cette façon de poser les questions est en soi un élément de progrès. Abrégez au maximum les formules de politesse (la politesse est dans l’esprit, non dans les formules) et, en contrepartie, excusez à l’avance l’Instructeur si, de son côté, il répond avec une brièveté et une précision sans fioritures. Excusez-le aussi s’il lui arrive de ne pas répondre à líune de vos questions. Ce ne sera pas négligence de sa part. Simplement, il agira ainsi parce qu’il saura que vous répondre sur certains points risquerait d’entraver vos progrès.

Que les Puissances Bénéfiques soient avec vous :

LA TECHNIQUE DU TAO – Texte 2

LE CENTRE TCHAN A TOUS

OFFRE

SALUT ET VERITE

Le but essentiel de l’Enseignement étant de donner à l’être humain les moyens de conquérir sa Liberté, nous allons aujourd’hui préciser ce que, dans la phraséologie du Tao, ce vocable signifie.

Qu’il soit bien entendu, tout d’abord que la liberté dont nous parlons ne dépend pas de causes politiques, sociales ou économiques. Ce n’est pas que nous négligions ces facteurs. Le totalitarisme politique, de quelque tendance qu’il soit, ne saurait être accepté par des hommes en marche vers l’Eveil et il est certain qu’un milieu social ou économique défavorable entraîne à la longue, l’abrutissement. Cependant, il faut bien noter que certaines natures- assez rares- trouvent au sein d’une existence particulièrement difficile les ressources nécessaires à la conquête de la véritable Liberté. D’autres, au contraire, plus nombreuses, reçoivent comme une charge les facilités d’une vie économique et sociale favorable. Epictète, esclave, était un homme libre. César, Imperator, était en fait, un esclave. Même si- et ce n’est pas le cas !- il avait réussi à maîtriser les passions qui le gouvernaient, il serait demeuré un homme «  conditionné, soumis à toutes sortes d’influences extérieures. Pour les initiés du Tao, César et après lui, les  »grands hommes » de l’Histoire, font plus encore que l’homme commun, figures d’individus irresponsables.

Dans quelle mesure, l’être humain est-il responsable de ses actes et même de ses pensées ? Au cours des siècles passés, en Occident, une controverse interminable opposa les tenants du libre arbitre et ceux de l’irresponsabilité de l’homme, jouet du Destin. De nos jours, ce différent s’est notablement apaisé. Un modus vivendi est apparu, chacune des parties ayant fait des concessions. Si l’on examine le problème de près, on peut même dire qu’aujourd’hui tout le monde est à peu près d’accord, mis à part quelques extrémistes. Extrémistes «  de gauche  », behaviouristes pour lesquels l’homme n’est rien d’autre qu’une machine cybernétique de haute précision- et pavloviens plus royalistes que le «  roi  » PAvlov. Extrémistes «  de droite  » : certaines sectes excentriques pour lesquelles la responsabilité de l’homme est totale, absolue. Mais la majorité des grandes écoles de pensée actuelle a, en fait, adopté un point de vue qui est le nôtre depuis bien des siècles : la responsabilité humaine existe, mais dans la pratique, elle est très, très limitée. Des objections pourront être faites à notre affirmation. Aux yeux de l’Eglise Catholique, dira-t-on, la responsabilité de l’homme ne se discute pas. Pourvu par Dieu d’un libre arbitre, il est responsable devant son créateur. Nous pourrions ergoter et faire remarquer que l’Homme, au sens propre du terme, tel qu’il fut d’après la Bible, créé par Dieu, n’a que peu de point communs avec l’homme actuel. Nous n’en ferons rien et noterons simplement que l’Eglise pose de telles conditions à la réalisation du péché mortel (volonté délibérée, connaissance, etc.) qu’il est bien difficile à l’être humain de commettre un tel crime. D’autre part, dans le camp opposé, le marxisme, nous dira-t-on, e manque jamais, avec les néo-lamarckiens, d’ériger en axiome le fait que : «  l’homme est le produit de son milieu  »…mais il est bien obligé d’admettre, du moins implicitement, qu’il peut y avoir des exceptions à la règle : Lénine appartenait à un milieu bourgeois.

Notre position exacte est celle-ci : dans la vie courante, l’être humain est pratiquement irresponsable tant qu’il n’est pas conscient, nettement de la triomphante immixion du milieu dans son «  moi  ». A nos yeux, il demeure un mineur tant qu’il n’a pas compris que son métabolisme, que son hérédité, l’éducation reçue et les multiples apports extérieurs de chaque jour, déterminent entièrement chacun de ses gestes et chacune de ses pensées. En bref, l’homme qui se croit déjà libre de ses actes est un simple robot télécommandé par des forces que nous appelons, par commodité, son Tao personnel- d’autres diraient : son destin…

Mais nous pensons- nou savons- que l’homme ne peut pas «  chevauher son destin », selon l’expression imagée de l’un des nôtres. Que faut-il faire pour obtenir ce résultat ? C’est simple, il s’agit de prendre conscience au maximum, de la sujétion dans laquelle nous nous trouvons. Lorsque nous accomplissons une action  » délibérée  », il nous faut voir jusqu’à quel point cette action vient de notre volonté propre : jamais, dans la pratique… Vous ne croyez pas ? Vous êtes dans le vrai en ne nous accordant pas une confiance aveugle. Vous ne devez accorder un crédit absolu qu’à votre expérience personnelle. Cette expérience, faites-la donc. Prenez par exemple, la profession que vous exercez actuellement. Il se peut qu’elle vous ait été imposée visiblement, par les circonstances. Mais il est aussi possible qu’elle soit le résultat d’une vocation… N’y a-t-il pas à ses origines, une influence étrangère ? Cherchez et surtout n’imaginez pas pouvoir découvrir aisément toutes les raisons, extérieures à vous-même qui vous ont poussé dans cette voie. Vous pouvez renouveler l’expérience avec n’importe laquelle des options que vous avez  » choisies «  : politique, religion, goûts les plus divers. Si vous poussez assez loin vos recherches, voua vous apercevez que votre personnalité entière a été crée par influences extérieures (ou héréditaires, ce qui revient au même). Ces influences vous ont modèle, en agissant soit par attraction ,soit par répulsion. Vérifiez : vous constaterez qu’elles ont exercé leur action, en ce qui vous concerne, dans tous les domaines, du plus important à vos yeux, au plus insignifiant. Actes, pensées, tout chez vous, comme chez tout homme, est conditionné par elles. Lorsqu’une idée quelconque vous traverse l’esprit, essayez d’en faire l’historique à l’envers et d’en retrouver la genèse. Agissez exactement à l’inverse des détectives de roman et , de la conclusion- votre idée actuelle- remontez aux prémisses. C’est un jeu de société amusant et combien instructif ! Vous verrez clairement que vous ne créez pas votre pensée mais qu’elle vous est imposée par des influences étrangères à votre «  moi  ». En fait, tant qu’il n’a pas pris pleine conscience de la réalité de ces influences toutes puissantes, chaque être humain voit sa personnalité confondue avec elles. Cette constatation entraîne le double corollaire suivant :

1° Pour le moment, vous n’avez pas pleine conscience des influences diverses, qui sans arrêt, façonnent votre «  moi  ». Mais vous allez conquérir cette conscience. Après cette acquisition, VOUS SEREZ RESPONSABLE DE VOS ACTES ET DE VOS PENSEES.

Ne l’oubliez pas !

2° Les humains qui vous entourent sont, eux aussi (et maintenant plus que vous) inconscients de leur sujétion. tenez-en compte.

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Dans notre premier envoi, nous vous avions demandé d’adopter, chaque fois que vous penseriez, en pratique, d’observer le plus souvent possible les gestes et attitudes de votre corps.

Très vite, vous vous êtes aperçu de ce fait : maintenir longtemps cette surveillance est difficile. Votre vie est faite d’obligations diverses et votre attention est, très souvent, nécessairement attirée par des objets extérieurs. Peut-être nos prescriptions ont-elles provoqué en vous une certaine irritation : «  observer tous ses gestes est possible, sinon facile, pour un individu menant une vie érémitique, mais moi je vis dans un monde profane, je travaille – ou j’étudie – et il m’est impossible d’observer mes gestes à longueur de journée.  »

Certes, cela vous est impossible, actuellement tout au mois.

Mais vous pouvez ESSAYER , essayer sans relâche, chaque fois que vous y penserez .

Nous ne vous demandons pas de REUSSIR mais de tenter, sans vous laisser décourager par l’échec, d’observer vos gestes et attitudes chaque fois que l’idée vous en viendra. Il y a dans les gestes de l’homme de très nombreux automatismes. En fait, on peut même dire que, dans la pratique, le corps humain mène une existence quasi-indépendante, une existence d’esclave dissipé, trop rarement dirigé par son maître naturel, l’esprit. Cet automatisme est le résultat d’une habitude prise. Si vous tentez chaque fois que l’idée vous en viendra, de redonner à votre esprit, non pas le contrôle, mais simplement la surveillance passive des activités de ce corps, l’habitude inverse s’installera peu à peu et ce sera votre cortex et non le thalamus qui dictera ses volontés à la machine corporelle. Ceci se fera sans qu’il y ait de votre part effort de volonté, tout NATURELLEMENT . Si vous ne vous laissez pas décourager, si malgré les échecs vous persévérez , vous ne tarderez pas à vous rendre compte du fait que VOUS commencez à diriger réellement vos fonctions physiques motrices, mouvements instinctifs ou réflexes mis à part.

La deuxième phase du Tsyng-Chen n’est qu’un extension de la première.

Elle intéresse trois de nos principales activités : la respiration , la nutrition et l’élocution .

Toutes les écoles psychologiques, en Extrême-Orient surtout, insistent sur l’importance de l’influence exercée par la fonction respiratoire sur le psychisme humain. Il est indiscutable que cette influence existe est que cette importance ne saurait être sous- estimée . Cependant, il ne faut pas, non plus, oublier ceci : notre corps est accoutumé, dès l’enfance, à un certain mode respiratoire, déplorable, le plus souvent .

Mais, déplorable ou non, cette façon de respirer est devenue, le temps aidant, partie intégrante de notre «  être  ». Si nous décidons, abruptement , de pratiquer des exercices respiratoires particuliers, nous brutalisons, nous brimons notre corps physique lequel, quoi qu’on en pense, est moins adaptable que l’esprit. Plus tard, lorsque nous aborderons les exercices respiratoires du Cycle de Longue Vie, nous statuerons sur chaque cas particulier : ce qui convient à l’un ne convient pas toujours à l’autre. Mais en ce début de formation et dans le cadre du Tsyn-Chen , nous vous demandons ceci : lorsque, ayant pris l’attitude d’observation de vos gestes et positions corporels, votre attention se portera vers la fonction respiratoire, veillez de temps à autre , à bien vider vos poumons. Ne croyez pas devoir expirer à fond après chaque inspiration : le mieux est l’ennemi du bien .Ne systématisez pas non plus en décidant, par exemple, que vous chasserez toute traces d’air vicié de votre poitrine une respiration sur trois.

Cela irait à l’encontre du but en cristallisant votre attention sur le seul aspect respiratoire.

Simplement agissez ainsi de temps en temps, au gré de votre fantaisie. Dans toute gymnastique respiratoire, chasser l’air vicié est, de beaucoup le plus important. C’est un puissant moyen d’élimination des toxines. les inspirations profondes développent, dit-on la capacité pulmonaire. Cela est exacte lorsque ces exercices sont bien exécutés. Mais cette capacité respiratoire augmentée n’est d’aucune aide par elle-même en ce qui concerne le nettoyage des alvéoles pulmonaires. Or c’est précisément ce nettoyage qui, dans l’acte respiratoire, exerce une action bénéfique sur le système nerveux.

Nous allons maintenant, toujours dans le cadre du Tsyng- Chen, aborder la question alimentaire. C’est là un problème important car ,dans une certaine mesure : «  la digestion fait l’homme  »…

Certaines personnes sont contraintes, par leur état de santé et généralement sur ordre médical, de suivre un strict régime alimentaire.

D’autres, l’expérience aidant, estiment que tels aliments conviennent à leur organisme et d’autres, non. Il existe des végétariens et même des céréaliens et des gens ayant adopté une attitude alimentaire carnivore. Nous ne donnerons aucun conseil en ce qui concerne le régime alimentaire proprement dit, estimant que nos adhérents sont, au départ, assez adultes pour savoir eux-mêmes ce qui leur convient. Par contre, en ce qui concerne l’acte de nutrition lui-même, nous avons quelque chose à dire.

Il existe une méthode de manducation- le fletchérisme- qui insiste sur la nécessité de mâcher longuement, très longuement ses aliments. Ainsi réduits en pulpe, ces derniers se digèrent aisément et l’estomac n’a qu’un effort minime à fournir. Des adversaires de ce système font toutefois remarquer que l’estomac, comme tout autre organe, a besoin d’exercice pour se maintenir en bon état et que des aliments réduits en bouillie- prédigérés en quelque sorte- contribuent à provoquer une atonie stomacale. Il est évident que ces deux façons de voir les choses ne s’excluent nullement l’une l’autre. La vérité est si on peut dire, dans le dosage. Si donc, vous possédez un estomac en excellent état, ne le laissez pas s’atrophier par manque d’exercice et mâchez, certes, mais modérément. Si, au contraire, votre système digestif est déficient, mâchez longuement votre nourriture. Mais en tous les cas- c’est là que nous retrouvons le Tsyng-Chen- ayez conscience du fait que vous mangez. Ne mangez jamais distraitement. L’action de se nourrir est tenue pour religieuse en Extrême-Orient. Nous subsistons parce que nous respirons et parce que nous mangeons. Chaque bouchée ingérée est un acte positif qui affirme notre appartenance à l’Etre, à la Vie. Soyez donc conscients en mangeant. Mais nous ne vous demandons pas l’impossible. Vos conditions de vie ne vous permettent peut-être pas de prendre votre nourriture en silence, loin du bruit en général et des conversations en particulier. Si l’on vous parle à table, répondez. Ne jouez pas à l’ermite renfrogné. Mais évitez de vous laisser entraîner dans une conversation oiseuse et suivie. Tant qu’il n’est question autour de vous que de sujets anodins, genre «  pluie et beau temps  », vous pouvez vous laisser aller à donner, brièvement, votre avis. Mais si des problèmes plus complexes sont traités par vos commensaux, abstenez-vous. Approuvez de temps à autre, d’un signe de tête dont vous auriez conscience, et pensez à ce que vous faites : vous mangez. Soyez dans cette action, pleinement. Ne vous identifiez pas avec la nourriture- ou avec votre gourmandise éventuelle si le mets vous plaît. Dites-vous simplement : je suis un être humain qui se nourrit, rien d’autre. N’accordez dans la mesure du possible, aucune attention à ce qui n’est pas votre acte. Si le poste de télévision ou de radio sévit près de vous pendant le repas, regardez votre assiette. Quant aux bruits que percevront malgré tout, vos oreilles, ils sont sans importance tant que vous cherchez à maintenir la conscience de vos gestes.

Venons-en maintenant à la troisième des fonctions auxquelles nous faisions attention au début de cet exposé : l’élocution.

Si vous avez, comme nous vous le demandions, essayé, non de diriger mais de surveiller les gestes et les positions de votre corps, vous avez dû éprouver de sérieuses difficultés à maintenir cette surveillance chaque fois qu’il vous a fallu adresser la parole à quelqu’un. Et même, il y a gros à parier qu’à ce moment-là vous avez complètement perdu le fil de votre observation. Et bien, si vous commencez, en dehors de toute conversation, à pouvoir maintenir assez longtemps cette surveillance sans trop de défaillances, il vous faut maintenant vous exercer à la maintenir aussi tandis que vous parlez. Essayez d’agir ainsi, tout au moins au début de toute conversation engagée. Tentez, dans la mesure du possible, de conserver la conscience, sinon de vos gestes, du moins de toutes les postures de votre corps. Certes, les premiers temps, les personnes auxquelles vous parlez vous trouveront quelque chose de bizarre, de contracté mais vous ne devez pas vous laisser arrêter par ce détail.

Tout apprentissage a ses exigences et un apprenti fait toujours, à ses débuts, plus ou moins figure de lourdaud. Cela est vrai, et il est non moins vrai que la pratique assidue du Tsyng-Chen dont nous venons de vous exposer la deuxième partie vous donnera dans peu de temps, une personnalité nouvelle dont la puissance vous étonnera…

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PREMIER EXERCIE : Concentration.

Si vous vous contentiez de pratiquer le Tsyng-Chen- et compte tenu des innombrables échecs que vous essuierez au cours de cette pratique- nous seriez déjà assuré de vous trouver, dans trois mois environ, en possession d’un caractère totalement et heureusement transformé. Le Tsyng suffit à donner en peu de semaines, une assurance, une maîtrise de sois que l’on rencontre – ne craignons pas de le dire- rarement chez le profane. Surtout, un sentiment de cohésion, d’unité d’être qui s’installe et fait disparaître à jamais angoisse et timidité.

Mais l’Enseignement Tchan n’est pas une simple méthode de formation psychologique et il se propose de vous emmener plus loin, beaucoup plus loin… C’est pour cela que nous vous proposons maintenant ce premier exercice. Il s’agit d’un exercice de concentration.

On sait que pour les écoles indiennes, concentration et méditation forment, dans la pratique, un tout homogène. L’adepte concentre sa pensée sur un sujet donné, puis peu à peu, sans qu’il y ait nette solution de continuité, cette concentration se transforme en un état méditatif qui doit, l’entraînement aidant, déboucher sur un état indescriptible mais transcendant : le samadhi.

Aux yeux des psychologues occidentaux, ce processus constitue une hérésie. Concentration et méditation, disent-ils sont des états d’esprit totalement opposés. Durant la concentration, la pensée si fixe, avec effort, sur un point unique. La zone active du cerveau se trouve alors très réduite, la plus grande partie de cet organe étant bloquée, en sommeil. La méditation, au contraire, consiste à laisser flotter la pensée librement autour d’un thème général. Tout effort volontaire est proscrit. C’est un état passif mais grandement réceptif, alors qu’inversement, l’esprit de l’homme qui se concentre est fermé à tout ce qui n’est pas l’objet direct de sa concentration.

Nous ne prendrons pas parti, dans cette querelle qui nous semble d’ordre sémantique. Selon toute vraisemblance, les uns et les autres utilisent des mots semblables pour désigner des objets différents. En fait, la méditation yogique est beaucoup trop «  dirigée  » pour correspondre à ce que les Occidentaux appellent : méditation.

Dans ses propres exercices de concentration , la Technique du Tao tient compte des trois points suivants :

1É La concentration mentale est, par elle-même, un exercice fatigant.

2É L’enseignement s’adresse à des personnes qui n’ont pas de temps à perdre.

3É Les adeptes ne recherchent pas le contact mystique avec l’Absolu , cela ils pourraient le trouver ailleurs, mais un état de conscience spécial qui, loin d’entraver l’activité journalière, lui permet au contraire d’être exercée avec plus de facilité.

En vertu des impératifs, nos exercices de concentration se doivent d’être brefs et dirigés avec précision vers les sujet qui vous intéresse.

Le premier de ces exercices se présente ainsi :

Passé Futur

Regardes bien ces deux mots.

Maintenant, couvrez de la paume de votre main droite le mot : «  Futur  » et regardez le mot :  »Passé  ». Vous y êtes ? Ce mot, ne VOYEZ plus que lui. Concentrez vous sur les cinq lettres qui le composent. Nous disons bien sur les cinq lettres prises dans leur ensemble, en bloc sans détailler.

A présent et durant une minute, il ne vous faut voir que ce mot. Rien d’autre ne doit exister pour vous, ni la feuille de papier qui le supporte, ni quoi que ce soit. Votre corps ? Il va sans dire que, pendant l’exercice, vous ne devez absolument pas vous soucier de la position qui est sienne. Votre corps n’existe plus. Vous n’êtes qu’un regard, un regard fixé sur le mot :  »Passé  ». Votre cerveau n’est plus qu’un appendice de vos yeux. Il ne s’interroge pas, ne songe pas à la signification du mot. Il constate simplement que l’úil lui communique la vision de cet ensemble de lettres. Cette contemplation doit durer une minute…

Comment, direz-vous, puis-je savoir qu’une minute vient de s’écouler puisque je dois consacrer toutes mes facultés au seul acte de regarder, aussi intensément que possible, un groupe de signes ?

Justement, vous ne pouvez savoir, consciemment du moins. C’est là qu’intervient- ou plus exactement qu’interviendra après un certain entraînement, une faculté psychologique dont l’homme, habituellement est aussi peu maître que de ses muscles lisses : le sens du temps. A votre premier essai, vous resterez peut-être deux minutes en état de concentration- ou trente secondes… Faire cesser «  d’instinct  » un exercice de concentration après une minute est affaire d’entraînement. Il est malaisé d’expliquer le processus exact, mais c’est un fait d’expérience : l’habitude aidant, un «  déclic se produit qui avertit que la minute est terminée. Les trois premiers jours, ayez près de vous une montre qui vous permettra de vérifier le résultat. Mais le quatrième jour, abandonnez ce contrôle. Vous savez par exemple, que vos trois premières tentatives ont duré, respectivement, deux minutes, trente secondes, une minute et demie. Vous savez que l’idéal serait de demeurer concentré une minute. Faites confiance à l’habitude et, ce quatrième jour, reprenez l’exercice comme exposé plus haut. Lorsque (à votre avis) une minute s’est écoulée, dissimulez à l’aide de votre main gauche le mot «  Passé  » et retirez votre main droite qui cachait le mot «  Futur  ». Maintenant, agissez avec ce mot-là comme avec le précédent. Concentrez-vous sur lui, «  en lui  » ; songez que seules ces cinq nouvelles lettres comptent…

Entraînez-vous à passer aussi vite que possible d’une concentration à l’autre. L’exercice complet comprend les deux concentrations. Vous pouvez, ce quatrième jour et les suivants, vérifier la totalité de la durée de cet exercice, mais ne vous occupez, jusqu’à nouvel avis, du temps que vous consacrez à sa première partie prise à part.

note : cet exercice ne doit , en aucun cas, être pratiqué plus d’une fois par jour. Vous pouvez- si vous le désirez et c’est même recommandé- intervertir l’ordre des deux objets de votre concentration et commencer une fois sur deux par le mot «  Futur  ». Enfin pour que la perte de temps occasionnée par cet exercice ne dépasse en aucun cas deux minutes, vous pouvez utiliser un réveil dont la sonnerie vous arrachera à votre concentration. Ce premier exercice vous semble peut-être baroque et il est possible que son utilité vous échappe. Pourtant, croyez-nous, cette utilité existe.

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Fidèles à notre programme- instiller en chaque adepte l’enseignement à dose homéopathique- nous en resterons là pour aujourd’hui.

Résumons-nous.

Nous vous demandons, pour le moment, de consacre à votre formation, deux minutes par jour, ces minutes étant dévolues à un exercice que nous avons fait aussi bref que possible. C’est peu, reconnaissez-le et, si occupé que vous soyez, vous pouvez malgré tout disposer de ce court laps de temps, matin ou soir à votre choix.

En ce qui concerne le Tsyng-Chen, il ne saurait, «  le pli étant pris  », vous occasionner une perte de temps. Au contraire, vous vous rendrez rapidement compte que vos gestes deviennent plus sûrs, votre activité se trouvera renforcée par sa pratique…

Nous allons bientôt aborder ce qui est la base même de la technique du Tao :

le Wou-Weï (ou Non-agir). Dans sa partie physique le Wou-Weï a tendance à provoquer un certain amaigrissement chez le pratiquant si ce dernier ne prend pas de précautions spéciales. C’est pour cela que vous trouverez dans le questionnaire cette phrase apparemment saugrenue : «  Souhaitez-vous ou non maigrir ?  » Nous précisons à l’usage des personnes intéressées : le procédé est absolument sans danger. Toutefois l’amaigrissement n’est en aucune façon le but recherché. Il constitue une phénomène secondaire et marginal.

Nous nous devons aussi une autre précision. Il va nous falloir entrer prochainement dans un domaine qui a assez mauvaise presse en Occident : celui de la parapsychologie, des pouvoirs «  magiques  ». Qu’il soit bien entendu pour nous, Tchanistes, le surnaturel appartient à un domaine religieux qui n’est pas le nôtre. Les expériences que nous vous proposerons appartiennent, elles, à un domaine peu connu des phénomènes naturels. Ce n’est pas notre faute si la Science occidentale méprise et néglige ces phénomènes. Cependant nous vous mettons en garde contre l’utilisation inconsidérée des «  tö  » ou pouvoirs magiques. Ces pouvoirs ne sont pas un BUT, mais un MOYEN. En modifiant quelque peu votre psychisme, ils vous rendront aptes à comprendre certaines choses qui vous échapperaient si vous conserviez les façons de voir de l’homme de la rue. Ceci dit, et pour terminer, lisez donc cette petite anecdote, emprunté à nos amis bouddhistes. Très connue, elle résume parfaitement l’aptitude du Centre Tchan en ce qui concerne la valeur intrinsèque des «  pouvoirs magiques  ».

Un jour, le Seigneur Bouddha, suivi de ses disciples, arriva près d’un fleuve sur les rivages duquel il comptait prêcher.

Des gens d’un village voisin vinrent alors le voir et lui dirent :

«  Il y a , O Maître, un saint homme qui demeure tout près d’ici, un saint homme qui accomplit des prodiges. Vous devriez le voir…

Le Bienheureux acquiesça et se rendit, suivi de ses disciples, auprès du saint.

Celui-ci, ascète décharné par les mortifications, se leva et vint poliment à la rencontre des visiteurs.

Après les premiers compliments, la conversation s’engagea et le Bouda posa cette question :

- On me dit grand bien de votre sainteté et des miracles que vous pouvez accomplir. Qu’en est-il exactement ?

- Je puis, dit le saint homme, grâce aux vertus acquises par l’ascèse, traverser le fleuve en marchant sur les eaux…

- Et, demanda le Sage, y a-t-il longtemps que vous pratiquez cette ascèse ?

- Vingt-cinq années, dit l’ermite.

Le Grand Eveillé joignit alors les mains et dit :

- Vingt-cinq années ! Et pour traverser le fleuve dans la barque du passeur, il n’en coûte qu’une piécette !

LA TECHNIQUE DU TAO – Texte 3

Nos deux premiers textes ont déçu la majorité des personnes qui en ont pris connaissance.

Ces personnes ne nous ont pas encore fait connaître leur opinion au moment ou ces lignes sont écrites, mais nous savons qu’il doit en être ainsi.

Plusieurs raisons peuvent amener un être humain à rechercher l’initiation Tchan.

1. Comprenant que l’accord de l’homme avec le Cosmos total (Tao), exige un dépassement des états de conscience ordinaire, cet être humain peut attendre de nous les moyens d’obtenir cette mutation psychologique.

Ou encore :

2. Il peut, plus modestement, nous demander de lui fournir les moyens d’unifier une personnalité déchirée par ce qu’il est convenu d’appeler : les «  complexes  ».

Ou enfin :

3. Il peut, tout simplement, désirer atteindre certains buts, parfois matériels, dont l’atteinte dépend de certains facteurs psychologique, volonté, par exemple.

Comme nous le disions plus haut, la plus grande partie de ces personnes sont déçues parce que :

  1. Notre argumentation théorique leur apparaît assez gratuite et présente un caractère fatiguant de «  rabâchage  ».
  2. Nous n’allons vraiment pas vite ! dans nos deux premiers textes, nous ne proposons qu’un seul exercice pratique de quelque importance : le Tsyng-Chen . Or ce Tsyng-Chen se retrouve, sous d’autres appellations dans n’importe quel manuel occidental de psychologie. Ajoutons que c’est là un exercice très peu exaltant.
  3. Toujours en ce qui concerne le Tsyng- Chen , nous nous montrons très imprécis : nous ne disons pas QUAND il convient de prendre cette attitude, ni COMBIEN DE TEMPS elle doit être conservée. Enfin, la difficulté principale du Tsyng-Chen consistant à penser qu’il est nécessaire d’observer ses propres gestes, nous n’indiquons pas comment il faut s’y prendre pour que la pensée se porte sur la nécessité de cette observation.

Voici en gros, les critiques qui nous serons adressées, explicitement formulées ou non, nous leur répondrons ceci :
a) Notre imprécision, au sujet du Tsyng-Chen est voulue, chaque néophyte

adapte cet exercice aux motivations dictées par sa personnalité actuelle : notre connaissance de cette personnalité à fait un grand pas en avant .
b) Nous ne voulons pas aller vite. l’enseignement doit pénétrer dans la vie de l’adepte sans faire plus de remous que «  le poisson n’en fait dans l’eau  »…

  1. Nos exposés théoriques sont, aussi littéralement que possible, traduit du dialecte du

Sin-Kiang. Ce n’est pas un langage très littéraire, tant s’en faut ! De plus, au Sin-Kiang, ces exposés étaient destinés oralement à des illettrés – ce qui explique les nombreuses redites.
Que leur caractère semble gratuit est sans importance : ils ne visent pas à convaincre mais seulement à créer un climat, ou, si l’on préfère, à «  préparer le terrain  ».
Aujourd’hui, cet exposé sera présenté sous la forme d’un récit, d’une simple anecdote – que nous vous conseillons cependant de méditer

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Ceci ce passait à la fin de l’été 1947, quelque part en Chine occidentale, au pied d’un des premiers contreforts montagneux de ce pays que les Chinois appellent province du Tibet…

Il y avait eu fête au Monastère-sans-portes du centre initiatique Tchen, une fête qui avait duré toute la journée . Pour des yeux occidentaux, c’eût été là une pauvre fête, consistant essentiellement en une collation de «  tsampa  » arrosée de thé au beurre et en une séance théâtrale plus que médiocre, offerte par des «  artistes  » amateurs mais pleins de bonne volonté : les adeptes et tao-tö-jen du Centre Tchen. Le public se composait des villageois des vallées environnantes , avec, pour invité d’honneur, le psychologue iranien Moktar . Les raisons de ces très modestes festivités étaient d’un ordre symbolique simple : au monastère «  ouvert  » , un adepte venait d’accéder au rang de tao-tö-jen du premier degré de Jade. Or, pour la première fois dans la longue histoire de l’ordre, cet adepte était d’origine européenne.

Dans l’esprit du vénérable Wou, Grand Maître de l’Ordre, et dans celui de son ami G.A. Moktar, ce rapprochement Est-Ouest est se devait être célébré.

Le nouveau tao-tö-jen était un homme extrêmement populaire parmi les paysans de la région. Non qu’il fût possesseur de qualités psychiques, morales ou intellectuelles particulières – mais son physique hors pair en Chine occidentale le désignait à la curiosité générale, sa grande taille et sa maigreur l’avaient fait surnommer : le héron – ce qui d’ailleurs n’avait rien de péjoratif dans un pays ou le héron est considéré comme oiseau noble. Son long nez, qui ajoutait à la ressemblance avec l’échassier précité, fascinait littéralement les jeunes enfants lesquels, dans cette province particulièrement pauvre en occasions de se distraire , accordaient à l’européen une curiosité sympathique très semblable à celle qu’un enfant occidental éprouve pour un animal du Zoo.

Toutefois, pour le prestige de l’ordre, un tao-tö-jen, même physiquement caricatural, devait selon maître Wou, inspirer quelque respect à la population.

Les dirigeants du Centre Tchan, faisant d’une pierre deux coups, avaient donc décidé de profiter de la fête pour faire valoir, aux yeux de leurs frustres compatriotes, certaines «  qualités  » du nouveau tao-tö- jen. Cette démonstration eut lieu durant la séance théâtrale.

Elle était adaptée au niveau intellectuel des spectateurs.

Traditionnellement, une partie de ces derniers – les plus enthousiastes, participaient au spectacle en qualité d’acteurs bénévoles, intervenant de façon impromptue dans le jeu dramatique. Cette intervention se produisait généralement lorsque, sur scène – c’est à dire, dans la pratique sur la placette située en contrebas du monastère – le Héros se trouvait cerné par les Traîtres . Alors, de zélés supporters se ruaient à son secours et, moitié criant, moitié vitupérant, rejetaient les méchants loin de leur héroïque victime.

Tout cela n’allait pas sans «  chahut  » et, bien évidemment, la qualité du spectacle ne se trouvait pas améliorée. En revanche, les décors, aussi absents que ceux du théâtre Shakespearien, ne couraient aucun risque. De plus, ce que le spectacle perdait en intelligibilité, il le regagnait en chaleur humaine. C’était sur cette intrusion des spectateurs dans les spectacles que comptaient maître Wou et ses assesseurs pour «   faire valoir  » leur nouveau tao-tö-jen .

Celui-ci, durant le spectacle, se vit charger du commentaire, fait à l’usage de la « salle  », des diverses péripéties de l’úuvre jouée. Il commentait fort mal, avec un accent épouvantable, mais la volonté de croire à ce que voyaient leurs yeux était robuste chez les bons paysans. Cette volonté d’illusion faisait parfaitement le jeu de maître Wou .

Durant deux bonnes heures, le spectacle se déroula, lent et solennel, fait de gestes emphatiques et d’attitudes figées qui eussent vite écoeuré le moins difficile des publics occidentaux. Aucune action. Un spectacle statique. Pourtant, à un moment, la «  scène  » parut reprendre vie. deux acteurs, s’animant, se trouvèrent aux prises. Alors, le nouveau tao-tö-jen entra lui aussi en action. Tourné vers le public, il appela par leur nom un certain nombre de spectateurs et les lança au secours d’un des combattants. Puis sans désemparer, il agit de même en faveur de l’autre.

Poings crispés, les deux groupes marchaient farouchement l’un contre l’autre. La lutte allait commencer quand, des lèvres du tao-tö-jen , tombèrent de brèves syllabes. Les candidats combattants se figèrent sur place, promenant autour d’eux le regard égaré d’hommes s’éveillant d’un rêve ,et, sur un mots du meneur de jeu, tombèrent dans les bras de leurs ex-futurs-adversaires avec de grands gestes d’amitié. Tout le monde rit beaucoup. Mais, à la réflexion, les victimes de ce petit tour d’hypnotisme classique se rendirent compte du fait que pendant un moment, ils s’étaient réellement sentis ennemis de voisins et d’amis de toujours.

Le but de maître Wou était atteint : ce numéro de music-hall, qui n’eut pas étonné un public occidental , suffit à ébaudir les bons paysans du cru et à leur donner un idée des  »pouvoirs  »du tao-tö-jen au long nez. Mais, selon l’expression du Maître Wou «  un citron doit être pressé jusqu’à ce que la dernière goutte soit sortie.  » En, conséquence, la représentation terminée, il convia les assistants à se réunir dans la grande salle d’étude et leur demande de prendre place autour de lui, sur les nattes de jonc.

Tout le monde s’installa .Seul, le maître demeura debout, vieillard menu au visage plein et souriant. Il parla en ces termes : «  certains d’entre vous, aujourd’hui, ont , pendant quelques minutes, pensé être autre chose que ce qu’ils sont vraiment. Ils se sont cru, les ennemis de leurs frères – puis, on leur a fait venir à l’esprit l’idée que, somme toute, ces ennemis n’étaient pas aussi haïssables qu’il y paraissait tout d’abord et qu’il était bon de se réconcilier avec eux. Car, ne vous y trompez pas, la scène de réconciliation était dictée. Sans cela elle n’aurait pas eu lieu. A quoi bon se réconcilier si l’on ne pense pas vraiment avoir été un instant ennemis ? cette double scène que nous avons tous vue, que certains d’entre vous ont vécue, peut donner une pauvre idée du pouvoir qu’à l’homme de penser réellement par lui-même, mais cette constatation ne fera pas l’objet de mon propos d’aujourd’hui.

Ce que je veux vous dire est ceci : le tao-tö-jen vous a incité à vous battre puis à vous réconcilier et vous êtes nombreux à lui avoir obéi. S’il avait prolongé l’expérience, s’il vous avait intégré dans le spectacle de façon durable, vous vous seriez senti, sincèrement, des personnages du drame. Un tel se fût senti empereur, tel autre espion, avec, dans les deux cas, la mentalité convenant au personnage incarné. Et tous, vous auriez attendu avec angoisse le dénouement de la pièce car son contexte donne à penser que la fin est terrible…

Que ce serait-il passé si des acteurs professionnels avaient été à votre place ? Certains diront qu’ils auraient été plus encore enclins à s’identifier à leur personnage car un acteur digne de ce nom vit son rôle, selon la formule consacrée. Je ne suis pas sûr du tout de cela. Je puis même dire que je suis sûr que l’illusion n’eût pas joué. Car ses acteurs, jouant tout les jours la même pièce, en connaissant trop bien les détails pour que le pouvoir de la suggestion puisse véritablement agir – à condition, bien entendu, qu’ils soient sains d’esprit. Ils savent que cette pièce, ils l’ont jouée déjà bien des fois et qu’ils la rejoueront encore. Ils ne sont pas le personnage qu’ils sont censés incarner : ce personnage ils en JOUENT le rôle.

Leur conviction apparente n’est que la manifestation de leur maîtrise…

Leur vie apparente est dans le drame joué, mais EUX n’y sont pas. Quelle que soit la sincérité d’un acteur qui tient, dans une tragédie, le rôle d’un homme assassiné, il sait bien que la mort qu’il reçoit n’a rien de définitif – qu’il l’a déjà «  subie  » la veille et qu’il la «  re-subira  » le lendemain. s’il ignorait cela il serait fou et peut-être alors mourrait-il effectivement. L’homme éveillé est comme le bon acteur : il sait qu’il a son Tao personnel à vivre – que le monde entier attend de lui qu’il joue le rôle pour lequel il est né . Mais il ne s’identifie pas avec ce rôle. Il sait aussi que ce rôle il lui faudra le jouer encore et toujours – qu’il lui faudra le jouer encore et toujours car le temps est UN, sans passé ni avenir -et seul l’esprit humain, lié à l’événement le plus proche, établit des différenciations. L’homme éveillé sait et SENT, avec toutes les fibres de son être, que ce sont ces différentiations qui font tout le malheur de l’être humain car celui-ci croit que la passé est mort alors qu’en fait il est là, tout proche et qu’il le retrouvera à son heure, tout comme un homme ordonné retrouve un objet spatial à sa place .

Pourquoi pleurer ce qui n’est plus, alors que tout est là, toujours ? Il suffit de savoir voir…

Et cela s’apprend. Un homme éveillé SAIT voir… Celui qui ne sait pas voir que dans la vie il joue un rôle imposé ; non par un simple tao-tö-jen, mais par son Destin (Tao), celui-là n’arrivera jamais à trouver son Tao personnel (sa voie propre) . Toujours, il prendra les chauve-souris pour des dragons (Ou, si vous préférez, «  des vessies pour des lanternes  » , mais l’image est moins bonne). IL ne saura jamais que l’homme qui a accepté son Destin personnel, peut , par cela même, le modifier de façon subtile, insaisissable, tolérée par le Destin (Tao) .Mais si un jour ses yeux s’ouvrent, s’il voit que son destin est immuable et éternel, alors, oui, paradoxalement, il pourra modifier ce Destin et maîtriser son Tao personnel. Comme l’homme non éveillé, éternellement – mais en connaissance de cause – il jouera le rôle GLOBAL , mais en le modifiant par touches infimes, il en changera tout le sens. Pour atteindre ce but, il ne possède qu’un moyen : prendre de son mieux conscience du milieu spatial et temporel dont il fait partie intégrante…  »

Arrivé à ce point de son exposé, Maître Wou marqua une pause. son corps se redressa et, lorsqu’il parla de nouveau, il employa la deuxième personne du singulier. Il parut alors, à chacun des néophytes que le maître s’adressait à lui en particulier. Toute la personne du vénérable semblait avoir subi une transformation indéfinissable mais réelle, que tous remarqueront .

Ce n’était plus un vieillard fragile et volontiers pontifiant qui parlait, mais un être au-delà du temps, fort et sans peur et dont le regard jaugeait chacun. Il continua ainsi :

«  Si tu veux être réellement EVEILLE, c’est à dire savoir avec ta raison et sentir avec ton corps que ta naissance, ta vie, ta mort sont des faits éternellement renouvelés sans que l’on puisse dire que l’un précède l’autre, il te faut d’abord prendre conscience de toi-même, de tes gestes, de tes attitudes, de tes paroles, de tes pensées, de ce que tu ressens, de ce que tu entends, de ce que tu vois : ne t’effrayes pas de ce programme, homme encore lié au temps-au sens où tu l’entends, il ne durera pas….Tu dois aussi cultiver le souvenir, pour sentir, autant que tu peux déjà le faire, la présence en toi du passé,-cultiver également l’art de la prémonition pour sentir en toi la présence du futur. Tu dois pouvoir, sans que ton cúur tressaille, ni de regret ni de crainte, évoquer tous les événements qui ont déjà traversé ton chemin et tu dois pouvoir, avec moins de clarté certes, étant donné les lacunes de l’esprit humain, prévoir les événements que te réserve «  l’avenir  ». tu en connais au moins un, dont la venue est inéluctable : ta mort qui ne sera connue que par d’autres puisque ta personnalité disparue ne pourra la constater. Il te faut accepter-c’est là le plus important si tu veux connaître l’éveil,-la perspective de cette mort, sans crainte et sans espoir, en homme «  qui ne sait pas  ». C’est seulement alors que tes yeux pourront s’ouvrir et que tu seras digne de la Connaissance…  »

Ayant dit, le vénérable Wou salua l’assistance et quitta la salle…

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Nous vous demandons de lire ce texte plusieurs fois, à quelques jours d’intervalle. Il n’est pas clair. La matière traitée ne permet pas qu’il le soit. Ce que d’ores et déjà, vous pouvez en retenir est que notre petit exercice-vous savez ? le Tsyng-Chen- n’est pas gratuit. Pourtant sauf si vous y avez pris de l’intérêt, nous ne vous demandons pas de le poursuivre autrement que de façon discontinue. soyez à ce que vous faites lorsque vous mangez. Dans une conversation, écoutez vos propres paroles-et aussi celles de votre interlocuteur, cela va sans dire. Pensez de temps à autre à rectifier votre attitude-à donner à votre corps la station bien droite qui entraîne un état d’esprit énergique-et cela suffira. nous allons maintenant compléter le petit exercice de concentration que nous vous avions demandé de pratiquer dans notre second texte.

Nous vous avions priés de concentrer votre pensée durant une minute sur un mot : le mot «  passé  », puis de reporter toute votre attention sur un autre mot : «  futur  ». Dans cette deuxième partie du même exercice, nous vous demandons de concentrer votre pensée non plus sur un mot imprimé sur du papier, mais sur un souvenir-agréable ou désagréable à votre choix, pour l’instant nous vous laissons juge. Pendant une minute (approximativement, la durée n’ayant plus ici la même importance) pensez immédiatement à un événement ou un simple incident de votre passé. Nous disons bien : concentrez-vous sur ce souvenir. Ne laissez pas votre esprit courir sur les chemins adjacents. tenez vous en à ce seul souvenir. Nous savons qu’il est difficile à une personne non-entraînée de fixer longtemps son idée sur un seul objet. C’est pour cela que nous préconisons une concentration brève. Mais si vous pouvez prolonger quelque peu l’exercice, cela n’en sera que mieux.

Après cela, portez votre pensée sur un événement probable de l’avenir. Pour demain , par exemple, vous avez des projets. essayez de «  visualiser l’un d’entre eux par avance. Imaginez le, agréable ou désagréable, peu importe, mais une fois dessiné dans votre esprit, n’y «  touchez  » plus et contemplez cet événement à venir comme s’il s’était déjà produit. C’est tout. Pratiquez cet exercice chaque jour et changez de sujet tous les jours. Aujourd’hui, par exemple, vous avez concentré votre esprit sur tel événement passé, puis sur un tel événement qui se produira peut-être dans le futur. Demain, vous vous concentrerez sur un autre événement ou incident survenu autrefois puis sur un autre événement ayant des chances de se manifester à l’avenir. Nous vous recommandons d’alterner les deux phases de l’exercice.

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Notre enseignement a débuté doucement, très doucement-trop doucement aux dires de certains. Maintenant nous allons accélérer la progression ; Vous êtes à peu près débarrassés du Tsyng-Chen, pour le moment. Vous pouvez donc consacrer quelques efforts à autre chose. Nous vous proposons un petit exercice bien connu des adeptes de différents yogas. Il y a parfaite similitude d’exécution entre les deux exercices, celui du Yoga et le nôtre. La seule différence se trouve dans le but recherché.

Il consiste en ceci :

chaque soir lorsque vous serez couché et avant de vous endormir, essayez de vous remémorer tous les événements de la journée en commençant par le plus récent et en remontant le cours du temps. Voyons, vous êtes au lit. Juste avant, que veniez-vous de faire ? Vous vous étiez brossé les dents. Avant encore, qu’aviez-vous fait ? Vous aviez échangé vos vêtements de jour contre ceux de nuit… Continuez ainsi. remontez le cours de la journée par le souvenir jusqu’à l’instant où, le matin, vous vous leviez. Si, comme il est probable, une lacune apparaît dans votre mémoire, n’insistez pas, sautez le souvenir récalcitrant et passez au suivant-plus exactement, au précédent. Ce que nous vous demandons là, n’est pas d’une exécution difficile. L’habitude aidant, n’importe qui, absolument n’importe qui y parvient très bien. En ce qui concerne le développement de la mémoire, c’est peut-être le meilleur exercice qui soit. Et, en ce qui concerne la pratique de la Technique du Tao, il a une autre utilité que vous découvrirez vous même au bout de quelques jours.

Peut-être est-il parmi vous des personnes qui feront à cet exercice de remémoration, le double grief suivant :

1. Il fait perdre un temps qui pourrait être consacré à un sommeil réparateur.

2. Il risque , en tracassant l’esprit de provoquer des insomnies.

Nos réponses-préventives-seront les suivantes :

1. après quelques essais, il vous faudra vraiment très peu de temps pour procéder à la révision inversée de vos activités de la journée qui vient de s’écouler.

2. Cet exercice ne risque pas de vous procurer des insomnies, au contraire. Et, s’il est parmi vous des adeptes du Yoga qui l’ont déjà pratiqué, ils ne nous démentiront pas. En fait, l’écueil de cet exercice est que dans les débuts, il attire littéralement le sommeil. Le sommeil est comme le chameau : il s’en va quand on l’appelle et vient quand on ne veut pas de lui. Il est vraisemblable, si vous n’avez encore jamais pratiqué l’exercice de remémoration, que vos premières tentatives tourneront court et que vous sombrerez très vite dans le sommeil. Nous vous disons tout de suite : cela est sans importance. recommencez le lendemain. Et surtout, si un souvenir se dérobe, n’insistez pas, ne vous crispez pas !

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Et maintenant nous allons nous attaquer au Wou-Weï, mais auparavant quelques explications sont nécessaires.

Le Centre Tchan, Ordre Initiatique, maintient dans sa pureté et son intégralité la doctrine des Pères du Tao. C’est avant tout une doctrine de philosophie pragmatique. Elle est sans rapport, autre que formel, avec ce qu’il est convenu d’appeler de nos jours le Taoïsme. Celui-ci est maintenant devenu sous l’action négative des masses, une sorte de religion fumeuse tournée vers l’espoir de paradis baroques et vers la pratique forcenée de la magie cérémonielle. Il est permis de dire que, plus que toutes les autres grandes découvertes faites par l’esprit humain, celles des Pères du Tao ont dégénéré en tant que doctrine exotérique. D’où la nécessité d’organisations telles que l’Ordre Initiatique Tchan.

Il se trouve qu’aux origines le mode de vie préconisé par les Sages était appelé :

Wou-Weï. En langue française, on peut traduire par «  non-agir  ».

Bien entendu, cela ne signifie pas que pour devenir un sage il suffit de ne rien faire. pourtant il faut bien reconnaître que le Taoïsme actuel a l’air d’avoir adopté pour ce mot cette curieuse signification. Afin de ne pas risquer de se voir confondues avec ce taoïsme abâtardi, les organisations ésotériques donnèrent le nom de Wou-Weï à un exercice particulier qui est en quelque sorte, la quintessence de la Technique du Tao.

La pratique du Wou-Weï ne suffira pas à faire de vous un être humain supérieur, mais nous vous garantissons que, si vous maintenez cette pratique pendant deux mois, votre force de caractère augmentera dans des proportions incroyables. Nous devons toutefois vous prévenir : ce n’est pas un exercice agréable. Contrairement au Tsyng-Chen, il est d’une application aisée. Il a le défaut d’exiger un peu de temps. Enfin, dans son emploi, il doit être soigneusement dosé sous peine de risques graves. Aujourd’hui, nous allons parler de sa partie physique. Celle-ci ne comporte aucune contre-indication , telle, du moins, que nous vous le présentons. En principe, l’exercice Wou-Weï provoque l’amaigrissement de la personne qui le pratique. Le procédé est sans dangers et, dans bien des cas, maigrir est une excellent chose. Mais dans les monastères ouverts de l’Asie Centrale où la doctrine du Tao s’est conservée dans sa pureté, peu de gens éprouvent ce besoin, l’alimentation étant particulièrement frugale et les travaux manuels, durs. Le Wou-Weï mis à leur usage : c’est cette version de l’exercice que nous vous présentons ici. Si, personnellement vous désirez maigrir, vous trouverez des prescriptions manuscrites à la fin du présent texte qui vous permettront, en apportant certaines modifications à l’exercice, d’atteindre ce but.

Voilà en quoi consiste le Wou-Weï. C’est vous allez le voir, d’un extrême simplicité.

L’exercice peut être pratiqué n’importe quand, au réveil, au coucher, avant ou après les repas. C’est affaire d’appréciation personnelle. Lorsque vous vous livrerez à cet exercice, il sera bon que vous soyez seul et dans un lieu calme, tout au moins les premiers temps.

Prenez un miroir. Accrochez-le au mur, de façon à ce qu’il se trouve à la hauteur de votre visage lorsque vous vous trouvez debout. Placez-vous face à ce miroir à une distance qu’il vous faudra calculer en fonction des particularités de votre vue : plus ou moins loin selon votre acuité visuelle. Donc, soyez debout face à ce miroir. Veillez à ce que la luminosité de la pièce où vous vous trouvez ne soit ni trop faible, ni trop violente. Ceci fait, regardez-vous dans les yeux-ou plus exactement, regardez votre reflet dans le miroir à la hauteur de la racine du nez. Vos muscles doivent avoir un tonus normal, ni contractés, ni trop détendus. Prenez la position d’un «  garde-à-vous  sans raideur  », tête haute, corps droit, mains ouvertes à la hauteur des hanches-ou des cuisses, selon la longueur de vos bras.

Et maintenant… ne bougez plus !

C’est facile ? Pas tant que cela, vous vous en rendrez vite compte. Dans les asanas du Yoga , il est demandé aux adeptes de conserver, parfois, durant de longs moments, une position corporelle statique. Ces positions sont généralement, peu naturelles. Le corps, les membres subissent un étirement ou une distorsion qui ne se rencontre guère aux cours des activités quotidiennes de l’être humain. A première vue donc il semble que la pratique de la phase physique du Wou-Weï soit d’une exécution plus facile que les asanas du Hata-Yoga. En fait, il n’en est rien. Le Wou-Weï est moins fatigant pour le corps, mais non pour l’esprit, même dans sa phase physique. Quoi qu’il en soit, pendant un temps qui dépendra de vos possibilités, restez immobile. Totalement. Il faut que, respiration mise à part, rien en vous ne manifeste la moindre activité. Si vous ressentez quelque démangeaison vous ne devez pas vous gratter. Si, au départ, votre corps entier a pris une mauvaise position, vous devez la conserver jusqu’à la fin de l’exercice. Vous devez lutter contre le tressaillement de vos muscles. Conservez à votre visage une totale immuabilité : pas un trait ne doit bouger durant tout l’exercice. Enfin, vous devez vous exercer à ne pas battre des paupières. Nous ne vous avons pas donné des indications quant à la durée que doit avoir l’exercice, laissant celle-ci à votre appréciation. Deux conseils toutefois :

  1. Nous vous conseillons de pratiquer la partie physique du Wou-Weï aussi longtemps que vous pourrez maintenir la position.
  2. Toute votre attention doit être employée à la surveillance de l’inertie voulue de chaque pouce de votre corps mais surtout-surtout ! luttez contre votre tendance à cligner des yeux. Les premiers temps, lorsque vous sentirez que vous ne pouvez plus maintenir vos paupières ouvertes, nous vous conseillons d’abandonner l’exercice jusqu’au lendemain.

En Asie centrale, l’aspect physique du Wou-Weï est utilisé pour l’entraînement des hypnotiseurs professionnels. Certains de ces hommes, après de années de pratique, parviennent à maintenir les yeux ouverts, sans clignement, durant des heures. Nous ne vous en demandons

pas tant, faites seulement votre possible !

Résumé des exercices proposés aujourd’hui :

  1. Tsyng-Chen durant les repas-lorsque vous conversez ; surveillez les paroles qui sortent de votre bouche.
  2. Exercice de concentration-peut être pratiqué n’importe quand.
  3. Exercice de remémoration-à pratiquer le soir au lit.
  4. Phase physique du Wou-Weï-peut être pratiqué n’importe quand.

Dans le prochain texte, nous commencerons à mettre en pratique le premier exercice parapsychologique et nous nous attaquerons au Cycle de Longue Vie. Il est parmi vous des personnes dont les problèmes sont avant tout, d’ordre matériel. Ces personnes s’inquiètent du fait que rien, jusqu’à présent dans l’Enseignement, ne les aide à résoudre ces problèmes. réponse : la pratique des exercices parapsychologiques vous donnera les moyens de vaincre la plupart de vos difficultés. Mais, si vous voulez devenir capables de vous servir des moyens dits, à tort, magiques, il vous faut tout d’abord acquérir une formation que peuvent seuls, vous donner des exercices aussi peu amusants que peuvent l’être le Wou-Weï et le Tsyng-Chen.

Que les puissances bienfaisantes soient avec vous…

LA TECHNIQUE DU TAO – Texte 4

L’enseignement Tchan visant à transformer la vie entière de l’adepte et non pas seulement quelques-uns des aspects de cette vie, nous allons aujourd’hui, sous l’appellation globale : cycle de longue vie, commencer la présentation de la Technique du Tao sous son aspect physiologique. Qu’est exactement ce cycle de longue vie ?

Si aujourd’hui encore, vous posiez cette question à maint paysan des vallées du Sin-Kiang, il vous répondrait peut-être, en haussant les épaules devant tant d’ignorance, que ce cycle constitue le secret des initiés et que, qui le pratique, devient par là-même… immortel !

Naturellement, le brave homme se tromperait car l’immortalité, entendue au sens physique, n’existe et ne saurait exister sans perturber gravement l’ordre naturel. Cependant, si les plus ignorants des chinois et des tibétains actuels continuent d’imaginer qu’il est possible, par des procédés mystérieux, d’échapper au sort commun des êtres, leur croyance, comme toute croyance même parfaitement erronée, est basée sur des faits réels.

Il est difficile de dire depuis quelle époque la légende des immortels se propage à travers le continent jaune. Les annales les plus anciennes font mention de ces hommes qui ne seraient plus vraiment des humains mais une nouvelle espèce intermédiaire entre l’humanité et les dieux. Nous ne nous étendrons pas sur ce sujet et noterons simplement que la Tradition affirme que, quelque part dans les mers de l’est de la Chine, 5 îles paradisiaques sont peuplées par les immortels. Là se trouvent des arbres portant des fruits merveilleux. D’autres traditions moins poétiques se contentent d’assurer que, loin vers l’ouest au contraire, vivent cachés dans des vallées perdues, des sages sur lesquels l’âge n’a aucune prise. L’usure ne les atteint pas. Leur barbe est blanche – signe de sagesse – mais leurs joues sont pleines, roses : des joues de bébé. Ce sont, à l’instar de Lao-Tseu leur maître, des « vieillards enfants ». Les mêmes traditions prêtent à ces vénérables personnages, une particularité saugrenue : ils auraient le sommet du crâne orné d’une énorme protubérance, bosse contenant au dire des conteurs de légendes, soit leur sagesse, soit une sorte de substance sublimée, leur permettant, entre autres choses merveilleuses, de s’envoler, tels des oiseaux, « sur l’aile du vent »… (dans ce dernier cas, la bosse en question se comporterait en somme comme un aérostat naturel, ce qui est pour le moins étrange).

Il est permis de se demander quelle est la source de ces légendes. En fait, leur origine est assez facile à découvrir. Nous la retrouvons dans le fait que l’on disait des Pères du Tao, qu’ils avaient réussi à vaincre le Temps et la Mort. En un sens, c’était exact, mais non comme l’entendait communément le peuple. Il était vrai, cependant que dans leur quête, les Pères, en gens pratiques, utilisaient certaines méthodes, certains exercices, ayant pour but l’amélioration de la santé du corps et de l’esprit. La voix populaire décida que ces procédés prolongeaient indéfiniment la durée de l’existence physique et nomma « cycle de longue vie » l’ensemble de ces pratiques. C’est à la connaissance de ce cycle qu’est attribuée l’immortalité des mythiques « vieillards-enfants ». Mais revenons à la réalité et posons cette double question :

1/ le cycle de longue vie procure-t-il un bénéfice quelconque à qui le pratique et, dans l’affirmative, quel bénéfice ?

2/ En quoi consiste ce cycle ?

Le cycle de longue vie, bien entendu, ne rend pas le corps physique immortel. Les pères du Tao étaient des sages authentiques. Ils savaient parfaitement que la mort est une nécessité biologique et que l’écologie universelle ne saurait tolérer nulle dérogation dans ce domaine. Mais ils savaient aussi parfaitement licite de chercher à obtenir une santé physique aussi bonne que possible et que, pour des chercheurs obligés d’affronter certains problèmes métaphysiques angoissants, l’obtention d’un système nerveux particulièrement robuste est une nécessité. Le cycle de longue vie est donc cela : un ensemble de procédés visant à l’amélioration de la santé générale en dehors de toute médecine proprement dite et surtout l’augmentation du tonus nerveux. Ceci dit, ce cycle prolonge-t-il réellement la vie ? Il est permis de répondre par l’affirmative. Si vous pratiquez le cycle, vous n’en franchirez pas pour autant automatiquement le cap des 100 ans, mais il est certain que, l’un dans l’autre, votre potentiel vital se trouvera renforcé par cette pratique.

En quoi consiste le cycle de Longue vie ? Essentiellement en ceci : diététique, exercices respiratoires spéciaux, gymnastique encore plus spéciale et dite magique. Il existe aussi une discipline qui se greffe sur le cycle de longue vie : l’alchimie, mais nous ne parlerons pas ici de la voie alchimique, initiation dans l’initiation, qui exige, pour être suivie avec fruit, une somme énorme de connaissances, beaucoup de temps libre et aussi… énormément d’argent. Ajoutons à cela que l’alchimiste, qui lui, entre autres choses, recherche effectivement la prolongation de la vie physiologique, échoue fort souvent dans son entreprise. Restons dans un domaine plus modeste mais plus sûr et voyons tout d’abord quels conseils d’ordre diététique nous donne le cycle de longue vie…

Désillusion ! Les pratiques diététiques recommandées par le cycle n’ont rien de très particulier : elles ressemblent à s’y méprendre aux conseils prodigués par la médecine occidentale actuelle et porte simplement le sceau du bon sens le plus élémentaire.

Que devons-nous manger ? Il y eut – il y a encore en Chine, des gens qui pensent sérieusement qu’il est bon de s’abstenir de manger des céréales. Motif invoqué : cet aliment est celui des faibles, du petit peuple. L’homme puissant se nourrit de viandes rouges et il est bien connu que les riches et les puissants vivent plus longtemps et se portent mieux que les gens de peu. Nous ne citons ces puérilités que parce qu’elles sont parfois attribuées, à tort évidemment à nos maîtres, les Pères du Tao. Les statistiques montrent, effectivement, que dans l’ensemble, les classes laborieuses subissent davantage la maladie et vivent moins longtemps que les classes plus favorisées financièrement. Mais, attribuer au seul mode alimentaire une différence, si réelle soit-elle, de longévité, c’est là simplifier à l’excès. En fait, c’est même aller à l’encontre de la réalité. D’innombrables expériences ont montré aux chercheurs tant occidentaux qu’orientaux, qu’une sous-alimentation légère favorise au contraire la santé et la longévité. C’est justement ce qu’affirme le cycle quoi qu’en puissent dire certains. Il est recommandé de manger moins, un peu moins que ne semble l’exiger l’appétit.

Selon une formule qui a son homologue en France, tout convive doit quitter la table avec le sentiment de pouvoir ingérer encore un bol de riz. Mais, direz-vous, il arrive au contraire que l’on manque totalement d’appétit et qu’il faille forcer la nature, contraindre son estomac à accepter les aliments qu’il « fait mine » de refuser. Pour le cycle, agir ainsi n’est pas recommandé. Il est prêté à l’estomac et aux organes de la digestion en général, une sorte d’intelligence instinctive qui leur fait « savoir » ce qui est bon ou mauvais pour eux et pour l’ensemble de l’organisme. Si votre estomac « boude », n’essayez-pas de vaincre sa résistance. Prenez-le au mot : jeûnez, une journée ou une soirée, selon le cas.

De toute façon, le jeûne périodique est recommandé. En principe, l’adepte soucieux de sa santé devrait, une fois par mois lunaire demeurer une journée entière sans ingérer d’aliments autres que liquides. Dans la pratique, il n’est pas toujours aisé pour des personnes qui travaillent, de se conformer à cette exigence pourtant si bénéfique. Si tel est le cas, il est recommandé, une fois au moins par semaine, de ne pas dîner le soir. En agissant ainsi, on aide l’organisme à éliminer les toxines, surtout si l’on prend la précaution d’absorber, avant le coucher, une assez grande quantité de liquide non alcoolisé, eau pure ou infusion quelconque, chaude ou froide selon les goûts et les tempéraments – mais pas de lait si ce n’est fortement coupé d’eau. Une tisane surtout est recommandée : le sureau.

Les pères du Tao conseillent de manger des céréales. Le riz, le blé (pâtes, pain) qui sont à leurs yeux des aliments divins qui devraient être mangés avec respect. Le pain convient à tous les organismes raisonnablement sains.

Une alimentation purement carnivore ne favorise pas la santé car intoxique l’organisme. Mais une alimentation modérément carnée est bonne selon les pères du Tao. Equilibre est le maître mot : céréales, un peu de viande, quelque boisson alcoolisée, du fromage, des fruits crus et cuits, des légumes verts. Le lait n’est pas apprécié.

Un principe : MODERATION. On se lève de table avec une légère sensation de faim.

Si l’alimentation n’est pas mystérieuse, il en va autrement en ce qui concerne la gymnastique du cycle de longue vie qui est en quelque sorte une gymnastique « magique ».

Ses exercices portent des noms souvent pittoresques et souvent puérils. Il y a par exemple, l’exercice de la « chauve-souris qui hiberne ». Vous n’en trouverez pas la description dans notre enseignement car il présente un caractère acrobatique qui ne le met pas à la portée de n’importe qui. Mais il en est d’autres qui conviennent à tout le monde et qui sont d’un excellent effet sur tous les organismes. La singularité de cette gymnastique réside dans le fait que chaque séance est précédée et suivie de gestes rituels « magiques », destinés à faire bénéficier le pratiquant de l’aide des forces naturelles et inconnues qui parcourent sans arrêt l’univers. Cette particularité ajoute à une simple culture physiologique. L’homme qui pratique les exercices gymniques du cycle de longue vie n’est pas seulement occupé, ce faisant, à muscler et assouplir son corps ; il participe à un rituel ayant pour but l’établissement d’une harmonie entre lui-même et le reste de l’univers.

Venons-en maintenant aux exercices respiratoires. Avant d’aller plus loin, nous croyons devoir vous dire ceci : les exercices respiratoires du Cycle de Longue Vie constituent une excellente gymnastique pulmonaire et même, ils sont plus que cela. Mais il se peut que vous vous sentiez incapable de les pratiquer – si vous êtes, par exemple, atteint de faiblesse cardiaque ou pulmonaire. Ceci n’est pas une entrave à la pratique de la technique du Tao. Si vous sentez que votre organisme réagit mal après les premiers essais, nous vous conseillons de consulter votre médecin avant de poursuivre.

Voici d’abord le premier, le plus simple, le plus connu : la rétention respiratoire. On peut à peine dire qu’il s’agit d’un exercice particulier. Ceci consiste, tout simplement à bien vider vos poumons par une expiration complète, puis à les laisser se remplir lentement et, l’inspiration se trouvant à son point culminant, les poumons se trouvant gonflés d’air au maximum, à conserver cet air le plus longtemps possible avant d’expirer aussi doucement que possible. Il est bien entendu qu’il convient de procéder à un entraînement progressif. Au début, le pratiquant conservera l’air durant quelques secondes seulement : disons 10 secondes. Puis il augmentera la durée de la rétention respiratoire à raison d’une ou deux secondes supplémentaires par jour. Il est recommandé de pratiquer cet exercice 5 ou 6 fois le matin, jamais le soir ou l’après-midi ; de préférence au réveil et dans la position couchée. Contrairement au pranayama yogique, cet exercice n’est pas un adjuvant à la gymnastique ou à la méditation, il forme un tout en lui-même et détient en lui-même son but. Il est très simple, mais il est peu d’exercices plus complexes qui détiennent au même degré le pouvoir de régénérer le système nerveux. La légende prétend que l’homme qui parvient à retenir sa respiration jusqu’à ce qu’il ai compté mentalement jusqu’à 1000 devient, ipso facto, immortel. Il s’agit bien entendu d’un simple conte car personne ne peut retenir sa respiration aussi longtemps. En revanche, la personne qui parvient à conserver l’air dans ses poumons durant une ou deux minutes obtient très rapidement par ce seul exercice, une extrême tonification de son système nerveux. En ce qui concerne les pratiques respiratoires, nous en resterons là pour aujourd’hui.

Passons maintenant à la gymnastique, comme nous l’avons dit, chaque séance doit être précédée de gestes rituels destinés à établir un contact entre le pratiquant et les Forces bénéfiques de l’Univers, de façon à ce que le bénéfice retiré de ces exercices, dépassant le niveau physique, atteigne l’Harmonie et donne la Joie. ( Telle est la définition exacte du but recherché).

Nous vous conseillons d’exécuter les exercices qui vont suivre le matin, au saut du lit, aussitôt après quelques rétentions respiratoires. Tournez-vous la face vers l’est, regardant en direction du soleil levant. Tenez-vous droit. Respirez normalement. Levez vos deux mains à la hauteur de votre visage. Chaque doigt possède une valeur symbolique : l’auriculaire est « la terre », l’annulaire est « l’eau », le médius « le feu », l’index « l’air et le pouce le mythique « éther ». De plus, la main droite symbolise le cosmos et la main gauche l’homme lui-même…

Vos mains sont approximativement à la hauteur de votre visage : vous allez maintenant dessiner avec ces mains le 1er sceau, celui de l’éveil. Il est destiné à éveiller les forces sacrées de l’univers – forces naturelles, nous insistons. Faites ceci : Repliez, pour les deux mains, le médius et l’annulaire sur le pouce, levez l’index et accrochez les deux mains par les auriculaires repliés. Puis élevez vos mains ainsi réunies aussi haut que possible au dessus de votre tête et donnez à l’ensemble un mouvement de torsion, de gauche à droite (figure 1).

sceau de l'éveil

Fig. 1 sceau de l’éveil

sceau-tchan-chasse-gardien

Fig. 2 Sceau qui chasse le gardien

sceau-tchan-expulsion

Fig. 3 – Sceau de l’expulsion

sceau-tchan-depart

Fig. 4 – Sceau du départ

Laissez retomber vos mains dénouées, doucement, puis, sans désemparer, tracez le 2ème sceau, celui « qui chasse le gardien des mondes intermédiaires ». Dans chaque main, emprisonnez le pouce sous les 3 derniers doigts repliés, les index se touchant par leur extrémité (fig. 2). Laissez vos deux mains ainsi mises en contact par les seuls index à la hauteur de votre poitrine puis, en remuant les seuls poignets, inclinez-les, index en avant, vers le sol, droit devant vous. Redressez vos mains, puis inclinez-les cette fois vers la gauche, puis vers la droite.

A présent, dessinez le sceau n°3, celui de « l’expulsion des démons » (entendez : des influences cosmiques néfastes). Il se fait à l’aide d’une seule main, la gauche qui doit se tenir dressée à hauteur de la poitrine, l’index, le médius, l’annulaire étant levés, l’auriculaire et le pouce, abaissés, étant en contact (fig.3). Diriger tout d’abord sa main devant soi, puis à droite, puis à gauche. Après cela, il convient de procéder aux exercices de gymnastique proprement dits. Puis, la séance terminée, le quatrième et dernier sceau : celui du départ (fig 4) : il est destiné à rendre au cosmos les forces bénéfiques « prêtées » durant l’exécution des exercices. Repliez les doigts sur l’intérieur de la main – ceci pour chaque main – les pouces exceptés. Joindre les deux poings ainsi formés. Les placer à la hauteur de la poitrine. Ecarter trois fois les pouces de la main de façon à ce que, chaque fois, ils touchent la poitrine. Terminé.

Ces sceaux, par leur seule exécution, mettent en jeu des forces que les personnes mal informées qualifient quelquefois de magiques. En fait, il s’agit de forces naturelles, invisibles mais réelles, puissantes et bénéfiques lorsque nous faisons appel à elles correctement, c’est à dire en suivant très exactement les prescriptions qui précèdent. Il importe que vous appreniez à exécuter parfaitement les Sceaux avant d’aborder la gymnastique proprement dite. Les exercices composant cette dernière sont simples, peu fatiguants et même roboratifs. Ils conviennent à tous, jeunes, moins jeunes, bien portants ou malades : tout est question de dosage. Mais auparavant il vous faut vous exercer chaque matin à dessiner aussi bien que possible, les Sceaux. Nous n’insisterons jamais assez sur ce point. Pour plus de sûreté, et afin que vous ne soyez tenté de pratiquer des mouvements gymniques avant d’avoir parfaitement maîtrisé leur complément indispensable, nous ne vous entretiendrons de ces mouvements que dans notre prochain texte.

En attendant, exercez-vous à exécuter chaque matin, aussi bien que possible, les 4 sceaux. Après quelques rétentions respiratoires, levez-vous et, avant même de procéder à votre toilette, tournez-vous vers L’orient et effectuez les mouvements que nous venons de mentionner. Agissez avec sérieux, avec calme, avec lenteur. Après le 3ème sceau, marquez une pause et pratiquez, encore une fois la rétention respiratoire ou, à tout le moins, videz complètement vos poumons – puis exécutez le 4ème sceau. Nous ne saurions trop, encore une fois insister sur l’importance des sceaux.

Lorsque vous vous serez familiarisé avec leur exécution, nous vous recommandons de bien PENSER à ce que vous faites : 1er sceau : vous faites appel, vous éveillez les forces bienfaisantes de l’univers. 2ème sceau : vous chassez le gardien, c’est à dire les inhibitions qui pourraient empêcher ces forces d’entrer en vous.

3ème sceau : vous écartez les influences néfastes. Maintenant, vous baignez dans un faisceau de forces qui, plus tard, augmenteront les effets bénéfiques de la gymnastique, mais qui, déjà, vous soutiennent et vous aident. Ces forces, vous ne pouvez les conserver longtemps à votre service : ce serait vouloir entraîner en votre faveur une rupture de l’équilibre cosmique, de l’équilibre du Tao. Avec le dernier sceau, vous les rendez à l’univers qui vous les avait prêtées.

Pour aujourd’hui, nous nous en tiendrons là, avant d’aller plus loin, il importe que vous appreniez à « manier » les sceaux. Continuez à pratiquer les exercices que vous connaissez déjà. En ce qui concerne la phase physique du Wou-Wei, il serait bon que vous puissiez, du moins occasionnellement, maintenir l’attitude prise un quart d’heure. Rien ne vaut cette attitude (lorsqu’elle est complète : physiologie et psychologie réunies) pour littéralement décupler la volonté et la maîtrise de soi. Pour le moment, il est nécessaire que vous vous habituiez à sa phase physique. Continuez aussi, sans forcer, dans la mesure de vos possibilités d’avenir. N’oubliez pas, le soir, l’exercice de remémoration des activités quotidiennes. Votre mémoire, et aussi votre « conscience d’exister » en tireront profit. Nous vous avons évité à ne plus pratiquer le Tsyng-Chen que durant les repas et lorsque vous tenez une conversation. Sur ce plan là, nos recommandations demeurent les mêmes.

Que les Forces Bienfaisantes de l’Univers soient avec vous…

LA TECHNIQUE DU TAO – Texte 5

Nous voici à une croisée des chemins. Nous vous avons, à la fin de notre 4ème texte, posé cette question insidieuse : « que préféreriez-vous être : sage, riche, etc. ». Nous n’avons pas encore les résultats de ce petit « référendum », mais d’ores et déjà nous pouvons dire que « bonne santé » remporte la majorité absolue, suivie par riche et sage, etc.  » ami avec tout le monde » étant nettement en dernière position.

Puisque nous parlons de référendum, établissant ainsi un parallélisme avec la vie politique, continuons sur notre lancée et demandons-nous avec qui -au cas ou il n’aurait pas eu la majorité absolue, le candidat « bonne santé » se serait « apparenté » pour continuer à employer la phraséologie parlementaire. Les trois derniers candidats, représentant vraiment trop peu d’électeurs, sont exclus d’emblée. Restent « riche et sage ».

Qui, de ces deux-là, sera le partenaire idéal du leader « bonne santé » ? Ce sera « sage », répondront beaucoup, influencés, consciemment ou non, par l’adage latin : un esprit sain dans un corps sain. Permettez-nous de discuter cette opinion. La santé physique, nous sommes bien d’accord, est le premier des biens de ce monde. Tout va bien quand on a la santé, dit le proverbe. La santé permet bien des choses et elle est parfois, mais non toujours, un appoint dans une quête spirituelle. Un homme en bonne santé est plus facilement bon qu’un malade, mais il ne l’est pas forcément et certaines brutes sauvages ont une santé de fer. Mais, plus que tout, une bonne santé permet de gagner aisément sa vie et il est rarissime qu’un valétudinaire gagne beaucoup d’argent sauf s’il possède préalablement une fortune qu’il ne lui reste qu’à faire fructifier.

Nous prétendons que l’homme qui désire avant tout la santé, désire aussitôt après, non la sagesse, mais une vie heureuse, « large », aisée… Nous ne portons, en faisant cette constatation, aucun jugement moral. Nous ne disons pas : ceci est mal, mieux vaut essayer de conquérir la sagesse. Nous essayons de vous faire voir clairement en vous-même. Interrogez-vous, vous qui désirez avant toute chose une santé robuste. Si vous faites preuve de franchise à votre égard, vous répondrez : je désire d’abord la santé, puis une vie harmonieuse avec assez d’argent, et puis, sur la fin de mes jours, la sérénité que donne la sagesse. Telle est la véritable graduation de vos désirs. Nous ne désapprouvons pas ce programme. Mais, il vous faut bien comprendre ceci : vous ne pouvez à la fois poursuivre deux buts. Pourquoi ?

Laissons le milliardaire G… répondre à notre place. « Gagner beaucoup d’argent ? » dit-il à un journaliste qui l’interrogeait, » c’est simple : il suffit de ne penser qu’à cela ! « Cet homme a raison. Déjà, le fondateur du Christianisme disait : « On ne peut à la fois servir Dieu et Mammon ! » et le philosophe du Tao Souen-Tchen : « Tu ne peux gagner de l’or s’il t’est égal d’en perdre… ».

Il n’est pas, direz-vous peut-être, question de viser les trésors fabuleux des grands de ce monde. Ce que je veux, c’est obtenir une vie à la fois heureuse sur le plan matériel et suffisamment « éclairée » sur le plan spirituel. Je ne me soucie pas d’être un second Rockfeller, ni un nouveau Lao-Tseu, mais je voudrais un peu de toutes les qualités qui ont fait de ces hommes, chacun dans leur domaine, ce qu’ils ont été. Or, il n’est pas possible d’acquérir en même temps richesse et sagesse, même modestes. Si le milliardaire en puissance doit, pour atteindre son but, ne penser qu’au seul argent, l’homme aux prétentions plus modestes dans ce domaine doit agir également ainsi car, où commence la fortune ? Où se termine la stricte nécessité ? Il en est de même pour le candidat à la sagesse. Il n’est pas de sagesse petite ou grande. Lorsque cette vertu est recherchée, tout doit être subordonné à cette recherche. Le sage en puissance, lui aussi, ne peut vraiment s’intéresser qu’à une seule chose, car les possibilités humaines sont limitées. Socrate, par exemple s’intéressait seulement à la sagesse. Il négligeait la richesse, même minime. Il négligeait aussi la santé puisqu’il négligea sa vie. S’il s’était évadé comme le lui conseillaient certains de ses disciples, il eut conservé l’une et l’autre. Mais il n’eut pas été un sage, car le sage, supérieur aux circonstances, les accepte sans sourciller.

Vous vous demandez sans doute où nous voulons en venir. Vous auriez tort si vous pensiez que nous portons un jugement éthique. Nous ne prétendons pas que tout doit être rejeté qui n’est pas à la recherche de la connaissance, de la sagesse. Il est logique que l’être humain pense d’abord à vivre, simplement. Sans vie, pas de sagesse possible. Et, dans notre monde, pas de vie sans argent. L’homme dont l’esprit est obnubilé par des fins de mois difficiles, de même que celui qui souffre dans sa chair, pense d’abord, et c’est bien normal, à faire disparaître ses difficultés immédiates. Il en est normalement de même de l’homme et de la femme qui connait l’insatisfaction dans le domaine affectif, et également de celui qui est victime de ce qu’il est convenu d’appeler les « complexes ». A tous ceux-là, nous disons : il faut d’abord vous occuper de vos problèmes propres sans penser à autre chose. La sagesse ? Vous pourrez l’obtenir plus tard, mais plus tard seulement. C’est pour cela qu’à partir d’aujourd’hui, après une période de tests qui vous a peut-être semblé longue, vous allez trouver dans l’enseignement des paragraphes ou exercices précédés de la lettre A et qui seront réservés aux seules personnes qui s’intéressent plus que tout à la Connaissance. Ces paragraphes, si vous sentez que vous appartenez à l’autre catégorie de personnes citées ci-dessus, nous vous demandons de ne pas en tenir compte. Agir à l’encontre de ce que nous vous disons là vous serait néfaste. Plus tard, lorsque les temps seront venus, vous retrouverez ces paragraphes ou exercices et vous en tirerez profit. Mais pour l’instant, il est trop tôt.

Nous vous demandons dès maintenant de choisir et de vous en tenir pour le moment, au seul objet de votre choix. N’essayez pas d’obtenir à la fois vie facile et connaissance ou vous n’aboutirez à rien de valable. Mais attention : si vous choisissez dans l’immédiat la rude voie de la connaissance, vous ne pourrez revenir en arrière et, comme l’on dit « profiter de la vie ». Il n’est pas possible, à un homme qui approche la sagesse de faire demi-tour et de se livrer à la recherche de l’amour et de l’aisance financière. Par contre, si vous adoptez l’autre voie, vous réservez l’avenir.

Mais il vous faut avancer sans regarder ce qui se passe sur l’autre, sans aller de l’une à l’autre, sans tergiverser.

Peut-être, sûrement même, est-il parmi vous des personnes qui sont indécises sur la nature de leurs aspirations réelles. A ces personnes, nous proposons ce dernier test, qu’elles s’infligeront elles-mêmes. Il permet d’établir un véritable critère. Lisez les deux phrases qui vont suivre. Elles n’émanent pas d’un sage du Tao mais d’un français, éminent spécialiste du Zen, doctrine apparentée à la nôtre : la doctrine Hubert Benoît. Ce dernier écrit :

« Il est capital de comprendre cette distinction entre Acceptation et Résignation. Accepter, accepter vraiment une situation, c’est penser et sentir avec tout son être que, eût-on la faculté de la modifier, on ne le ferait pas, on n’aurait aucune raison de le faire… ».

Nous précisons que le contexte de l’oeuvre permet de comprendre qu’il s’agit de n’importe quelle situation, même la plus catastrophique. Lisez et relisez ces deux phrases. Etes-vous prêt à vous dire d’accord avec elles, du moins théoriquement ? Aimeriez-vous, plus que tout au monde, accepter sans émoi n’importe quelle situation ? (Accepter et non subir avec résignation) – participer à l’être du monde sans désirer y changer quoi que ce soit ? Si oui, vous êtes mûr pour accéder à la sagesse telle que nous la comprenons – car il est d’autres voies, elles aussi très valables et qui n’interdisent pas l’Espoir. Si non, et quelle que soit votre perfection morale, vous désirez désirer et nos paragraphes marqués A, ne vous conviennent pas. Pas encore.

Nous tenons, avant d’aller plus loin, à présenter nos excuses à certaines personnes qui veulent bien suivre notre enseignement et qui sont spirituellement très avancées. Ces personnes ne peuvent accepter le genre de philosophie se dégageant des deux phrases citées plus haut ; leur formation spirituelle s’y oppose. Pour ces personnes, qui sont, par leurs connaissances, mieux à même que d’autres d’apprécier et de comprendre, nous allons essayer d’expliquer en termes aussi clairs que possible, en quoi consiste l’obtention de ce que nous appelons « éveil ». Ayant compris cela, elles saisiront pleinement la nécessité qui s’impose à nous de cultiver, chez l’adepte qui cherche l’éveil, une forme d’esprit qui fait table rase non seulement de la crainte, mais aussi de l’espoir. Il y aurait danger, danger réel si chez l’homme éveillé subsistait le goût et l’envie d’améliorer quelque chose en ce monde.

Voici pourquoi : nous avons parlé, au début de cet enseignement, de notre conception du temps. Il est UN, passé, futur, présent coexistent. En fait, l’expression « conception » est impropre. Nous ne pensons pas que le temps est tel que nous disons : nous le savons. Nous avons des preuves. C’est même en l’obtention de ces preuves que consiste l’EVEIL. Il se peut que, théoriquement, nous soyons dans l’erreur en affirmant que le temps est UN. Cela nous est égal?. Nous ne sommes pas des philosophes mais des techniciens de l’homme. Si l’on exige de nous un véritable purisme dans notre façon d’exposer notre pensée, nous dirons : dans la pratique, tout se passe pour l’homme éveillé, comme si le temps était un. Ceci dit, il se peut que la réalité absolue soit tout autre, mais pour l’homme éveillé par nos méthodes, c’est ainsi que les choses se présentent.

Que l’on nous comprenne bien. Nous ne disons pas, avec Nietzsche et certains philosophes indiens – voire grecs de l’Ionie ancienne – que nous sommes les tenants d’un temps cyclique, d’un éternel retour. Cette thèse, qui comporte des variantes, peut s’énoncer, grosso modo de la façon suivante :

L’univers « naît », puis entre en expansion, atteint une croissance maxima, (tout comme l’Univers en expansion de l’abbé Lemire), puis il se contracte, lentement, très lentement, et après bien des « éons », retrouve ses dimensions primitives… pour entrer de nouveau en expansion, et ainsi de suite, éternellement, étant entendu que parallèlement à l’univers spatial, l’univers temporel suit un même cycle, les mêmes êtres, les mêmes événements reparaissent à chaque « retour ».

Ce n’est pas là notre façon de voir – ou plus exactement, peu nous importe que la réalité ultime soit telle ou telle. Ce que nous savons est que, en fait, aux yeux de l’homme éveillé, le temps est un éternel présent, immobile, au long duquel la conscience seule se déplace. Pour nous, tout se passe comme si chaque être vivant disposait d’un certain « volume » spatial délimité par sa taille et sa corpulence ainsi que par l’amplitude de ses mouvements et déplacements – et d’un certain « volume » temporel défini par la durée de son existence. Les atomes, ou fractions atomiques, composant son volume spatial sont insécables et inaltérables. Dispersés, ils subsistent. Même si, par suite de la faiblesse de l’organe appelé « mémoire » ou par l’absence de conscience de soi-même, la durée de vie semble manquer de cohésion, chaque « micro-temps » est insécable et inaltérable. Ce qui est mort est bien mort, dit-on. Cela est vrai du point de vue de la conscience de celui qui parle. Mais dans cette fraction du présent qu’on appelle passé le mort vit. Sachant cela, nous rejoignons dans la pratique les partisan de l’éternel retour en ce qui concerne le destin de l’homme non éveillé : il y a naissance, puis vie, puis mort, puis naissance, puis vie, puis mort… éternellement – toujours la même naissance, la même vie, la même mort – sans que jamais l’une marque un début et l’autre une fin – chaque événement apparaissant « en son temps selon la progression de la conscience ». Vous commencerez à sentir la réalité de ces choses si, lorsque vous regardez un être humain adulte, vous considérez, par delà l’individu présent, l’enfant qu’il fût, et le vieillard qu’il sera peut-être. Oui, notre vocabulaire n’a pas été prévu pour exprimer cela. Mais l’homme éveillé, par la technique du Tao sait et voit que cela est vrai…

Nous vous offrons deux voies, aboutissant en fait à un même but.

La première, plus courte, plus directe, fait obtenir, en quelques semaines la possibilité d’atteindre l’Eveil aux réalités du Tao, la compréhension exhaustive du Temps. Nous l’appellerons « Voie A ».

La seconde, plus longue mais moins rude, vous demandera environ trois mois pour être à même de réaliser vos désirs terrestres – maîtrise de vous-même, meilleure situation financière, disparition des angoisses, etc.

Ceci fait, vous pourrez reprendre les textes reçus et mettre en pratique les exercices marqués A, vous livrant à l’ascèse qu’ils préconisent. A ce moment, vos désirs réalisés, le chemin de l’éveil sera pour vous aussi ouvert. Nous appellerons B cette seconde voie et les exercices et paragraphes la concernant seule, seront précédés d’un B. Il est entendu que les adeptes de la voie B n’auront pas, pour le moment, à prendre en considération les exercices A et que les partisans du A n’auront pas, à titre définitif, à tenir compte des exercices et paragraphes B.

Un dernier conseil avant d’en terminer avec cet exposé : en cas de doute, n’hésitez pas : choisissez la voie B.

Voici maintenant quelque chose qui s’adresse à tout le monde : les exercices de gymnastique du cycle de longue vie.

Nous avons, dans notre dernier texte, expliqué le but recherché par l’exécution des Sceaux. Nous espérons que vous avez expérimentés ceux-ci.

Il convient de pratiquer les exercices proprement dit aussitôt après l’exécution des trois premiers sceaux et avant l’exécution du 4ème – n’oubliez pas ceci qui est très important. Si vous omettiez les sceaux, vous vous livreriez à une simple gymnastique, ni plus ni moins bénéfique que la gymnastique suédoise par exemple. Ces exercices portent des noms pittoresques et imagés que nous ne vous donnerons pas car ils sont sans intérêt pratique. Nous les désignerons par des numéros. Les mouvements gymniques du Cycle de longue Vie n’ont rien de particulier en eux-mêmes : on les retrouve dans la plupart des traités de culture physique. Ce qui les distingue à la fois des méthodes musculaires occidentales et des asanas yogiques est le fait que chaque mouvement doit être exécuté à allure normale, sans précipitation ni lenteur et qu’il n’existe aucune solution de continuité entre deux mouvements. Le second mouvement s’enchaîne au premier suivi lui-même sans interruption par le troisième et ainsi de suite. La respiration ne doit absolument pas être volontairement rythmée : dans le cas présent, c’est le corps qui commande et non l’esprit. Les mouvements peuvent être pratiqués en costume de ville et à n’importe quel moment de la journée sauf immédiatement après les repas. Le meilleur moment demeure toutefois le matin au réveil; aussitôt après avoir effectué, quelques rétentions respiratoires. Notons aussi que des vêtements trop serrés sont une contre indication. De toute façon, avant et après les exercices, n’oubliez pas les sceaux.

En principe, tous les exercices qui vont suivre conviennent à tout le monde. Il est, en Chine de l’ouest, des chinois rentrés au pays depuis peu et dont certains sont largement octogénaires et qui se mettent à exécuter ces exercices alors qu’ils les avaient perdus de vue depuis leur prime jeunesse. Le chinois vivant à l’étranger est généralement commerçant ou artisan et il mène une vie fort peu athlétique. Cependant, ces hommes et femmes âgés auxquels les médecins occidentaux, très souvent, interdisaient l’effort physique, se trouvent fort bien de ces pratiques. Il en est de même pour de nombreux malades. Toutefois, si vous estimez que votre état de santé risque de souffrir de l’exécution de ces exercices, interrogez votre médecin.

Premier exercice : (il est entendu que chaque exercice ne s’exécute qu’une fois, il est aussitôt suivi du suivant et ainsi de suite. L’allure d’exécution est normale : elle correspond pour la rapidité aux mouvements faits au cours d’une promenade effectuée à 4 km/heure. Il est contre-indiqué de « pousser » les mouvements à fond : c’est la direction donnée au geste qui importe bien plus que l’effort imposé aux articulations. Toutefois, si vous êtes vigoureux, vous pouvez forcer mais légèrement. Vous pouvez aussi, la séance terminée, recommencer une nouvelle série d’exercices. En fait, vous pouvez même recommencer autant de fois qu’il vous plaira sans aller au delà d’un début de fatigue.

Le premier exercice ou plutôt mouvement, s’exécute ainsi :

Soyez debout, le corps droit mais non raidi, les bras pendants à la hauteur des cuisses. Fermez les poings, fermement mais sans crispation. Ecartez les bras du corps. Vos poings toujours fermés, ramenez vos avant-bras sur les biceps, de façon à ce que les poings se retrouvent logés sous les aisselles. Gardez le corps droit et la tête haute. Maintenant, écartez les jambes de manière à ce que vos pieds se retrouvent à environ 50 cm l’un de l’autre. Vérifiez la position de vos coudes : ils doivent en principe se trouver à la hauteur de vos épaules. Tout en maintenant ce parallélisme dans la mesure du possible, inclinez votre corps sur la gauche comme si vous vouliez toucher votre hanche gauche avec ce coude. Redressez-vous et faites le même mouvement à droite, puis, sans marquer de temps d’arrêt, passer au second mouvement qui consiste à…

Deuxième mouvement : conserver la même pose, jambes écartées, poings serrés sous les aisselles, coudes à la hauteur des épaules – et vous retourner comme si, derrière vous, quelqu’un vous appelait. Les jambes demeurant immobiles et les pieds rivés au sol, c’est, en fait, votre seul buste qui se tourne. Faites d’abord ce mouvement à droite, et seulement après à gauche, puis passez au suivant.

Troisième mouvement : vous venez de vous tourner à droite puis à gauche et vous n’avez rien vu de spécial. Cela tenait au fait que la personne qui vous appelait ne se trouvait pas à votre niveau. Peut-être est-elle derrière vous, couchée à terre ? Vérifiez en inclinant le tronc et en essayant de regarder entre vos jambes, tout en conservant vos poings rivés sous vos aisselles et vos coudes dans le prolongement des épaules. Redressez-vous et pratiquer le mouvement suivant.

Quatrième mouvement : Laisser retomber, en souplesse, vos bras le long de votre corps. Desserrez les poings. Joignez – sans brusquerie – les talons. Décidément, il n’y avait rien à voir ni à droite, ni à gauche, ni au ras du sol. Peut-être au dessus de votre tête ? Joignez les mains derrière votre dos. Entrelacez les doigts des deux mains. Retournez vos poignets de façon à ce que les paumes des deux mains soit tournées vers le sol. Gardez le corps bien droit et en même temps, vos bras restant tendus, relevez les derrière vous en direction des omoplates, les doigts toujours entrelacés et les paumes des mains tournées vers le sol. Lorsque vous ne pouvez plus élever davantage vos mains jointes, faites un effort pour redresser le buste, puis ramenez votre tête en arrière, comme si elle allait à la rencontre de vos mains ; faites lui alors effectuer un mouvement de circumduction de droite à gauche puis de gauche à droite. Nota : si vous éprouvez de la difficulté à conserver votre équilibre au cours de cet exercice, vous pouvez écarter les jambes à 50 cm avant de rejeter la tête en arrière. L’exercice terminé, reprenez la position droite, mettez les mains sur les hanches et passez à l’exercice suivant.

Cinquième mouvement : faites un pas en avant, de la jambe gauche, le pied droit ne bougeant pas. Assurez la position de votre pied gauche puis faites, avec le pied droit, un pas en arrière. Vos mains étant sur vos hanches, laissez les pouces « accrochés » aux dites hanches et ramenez les autres doigts sur l’abdomen de manière à ces soutiennent le bas-ventre dans la mesure du possible. Aidé par la pression de vos doigts, contractez vos abdominaux. Maintenant, pliez le genou gauche et inclinez-vous en avant, les abdominaux toujours contractés et soutenus par les doigts. Redressez-vous, pivotez sur vous même.

Vous regardez à présent dans la direction où se trouve votre pied droit. Faites le même mouvement à gauche. Puis redressez-vous de nouveau, mais sans pivoter sur vous même cette fois. Vous avez maintenant le corps droit, les pouces aux hanches, les abdominaux contractés soutenus par les doigts de vos deux mains. Vos jambes sont écartées. Sans bouger ni mains ni pieds, inclinez votre buste en avant – puis en arrière. Reprenez une position normale, pieds joints, corps droit, relâchez vos muscles abdominaux, placez vos mains au long de vos hanches, faites une respiration profonde mais non une rétention respiratoire – du reste, expirer à fond suffirait. Maintenant, faites en direction de l’Est le sceau du départ (n’oubliez pas) et la séance est terminée.

Une recommandation : si vous n’avez pas l’habitude de ce genre d’exercice, pratiquez cette gymnastique non loin d’un point d’appui quelconque : il arrive que des personnes non entraînées perdent l’équilibre au cours du dernier exercice.

Aux adeptes de la voie B :

Nous vous avons demandé de pratiquer le Tsyng Chen et vous vous êtes aperçu du fait qu’il n’est pas aussi simple que cela d’avoir conscience des mouvements de son propre corps. Ne vous inquiétez plus du Tsyng Chen sauf toutefois lorsque vous êtes en conversation. Dans ce cas-là, il est vital pour vous, si vous avez l’intention de réussir dans l’existence, d’avoir conscience des paroles que vous prononcez. Vous ne pouvez pas être un de ces hommes ou de ces femmes dont la sagesse populaire dit très justement : il (ou elle) ne sait pas ce qu’il dit. Mettez-vous bien cela dans la tête : si vous n’avez pas conscience de vos paroles, si « ça » parle en vous sans que ce soit vraiment vous qui parliez, il est absolument inutile d’essayer de progresser dans l’existence. Il ne s’agit pas de faire de vous un orateur mais, c’est un critère absolu, toute personne qui réussit, dans quelque domaine que ce soit, sait ce qu’elle dit.

En ce qui concerne le Wou-Wei, il n’en n’est plus question jusqu’à ce que vous décidiez, d’après votre propre jugement, d’aborder la voie A. Par contre, maintenez l’exercice de remémoration : si vous vous y entraînez tous les soirs pendant deux mois, la puissance de votre mémoire doublera, ce qui est convenez-le, appréciable.

Enfin, nous allons vous donner, à la place des anciens exercices de concentration qui constituaient avant tout des tests, un exercice unique que nous vous recommandons de pratiquer aussi souvent que possible. Il consiste en ceci :

A un moment quelconque de la journée – l’heure n’a pas d’importance mais le calme est nécessaire – asseyez-vous tranquillement. Vous pouvez aussi pratiquer cet exercice couché mais cela est peu indiqué car votre exercice de remémoration en souffrirait. Fermez les yeux. Puis comptez. Comptez simplement mais en voyant les chiffres que vous énumérez. Dites : 1 et imaginez le chiffre 1 ; puis : 2, etc… Vous devez arriver à ne pas percevoir l’existence de quoi que ce soit d’autre que le chiffre dont vous vous occupez. C’est simple mais assez difficile. Beaucoup de personnes parviennent difficilement à conserver une réelle concentration jusqu’à 10. Il faut absolument que vous dépassiez ce chiffre. Dans ce texte, un peu plus loin, nous allons vous donner un procédé parapsychologique qui vous permettre de faire directement pression sur votre destin. Mais si vous ne progressez pas vous même en augmentant au maximum ce pouvoir de concentration qui fait les hommes et les femmes supérieurs, le profit que vous tirerez de la connaissance de ce procédé « magique » et de ceux qui le suivront, ne durera pas. Donc, exercez-vous ; il faut que très vite, vous soyez capable de rester en état de concentration totale, sans percevoir même un bruit, le temps nécessaire pour compter jusqu’à 50 et même davantage.

Remémoration, concentration, surveillance des paroles prononcées par vous, tels seront les seuls exercices de « culture psychique » à partir de maintenant. Ils sont simples et peu nombreux. Pratiquez-les assidûment. Et à présent, place à la parapsychologie que les gens mal informés nomment « magie ».

Qu’est-ce que la magie ?

« Art supposé d’agir sur les êtres et sur les choses en dehors des lois naturelles » dit le dictionnaire. Nous récusons cette définition et proposons à la place : « procédés peu connus permettant d’agir sur les êtres et les choses grâce à l’action de lois naturelles moins connues encore ». Est magie à nos yeux tout ce qui n’entre pas dans le cadre des sciences exactes et cependant « fonctionne ». Pour nous, les qualités   morales : amour, désintéressement, etc… s’apparentent à la magie. Elles n’en sont pas moins respectables pour autant.

Comment la magie peut-elle être utilisée dans la vie courante ?

Comment, grâce à elle, pouvez-vous changer de situation ? Trouver le grand amour de votre vie ? Améliorer votre santé ? Vous acheter une maison ? Apaiser un conflit ? Il y a bien évidemment la bonne fée ou l’enchanteur qui, d’un coup de baguette magique… Mais ce genre de personnage émerge rarement du domaine folklorique où il est confiné. Non, si vous voulez vraiment voir la magie s’introduire dans votre existence, il vous faut la ‘créer » vous-même.

L’esprit et le corps humain sont liés. Cette union est appelée : vie. En général, le corps domine son partenaire ce qui est mauvais pour l’être tout entier. Il convient de renverser la situation et de donner à l’esprit pouvoir sur le corps. Après cela, vous serez dans le domaine magique.

En fait, toutes les méthodes occidentales d’éducation visant à obtenir une vie généreuse, large, pleine, font usage de procédés appartenant au domaine de la magie sympathique. Que disent ces méthodes ?

L’univers contient à profusion, de bonnes, d’excellentes choses. Ces choses sont à vous si vous vous mettez en état de réceptivité en bannissant tout égoïsme. Demandez et vous recevrez – si vous avez la foi. Aimez les autres et ils vous aimeront. Donnez-leur et ils vous donneront. Soyez « ouvert » et disponible et le bonheur entrera en vous.

Nous résumons : les méthodes occidentales dirigées vers l’acquisition d’une vie meilleure disent, dans la pratique : persuadez-vous, consciemment et surtout inconsciemment, du fait que ce que vous désirez va se produire et cela se produira effectivement. Eh bien, nous sommes d’accord avec ces affirmations et nous savons que, dans certains cas, cela « fonctionne ». En Angleterre et surtout aux Etats-Unis d’Amérique, la personne qui se répète constamment que sa situation va s’améliorer voit très souvent ses voeux se réaliser. Bizarrement, en France – pays natal du fameux Coué cependant – et dans tous les pays latins, le système fonctionne nettement moins bien. Pourquoi ? parce que le scepticisme latin est une entrave ? Non? Parce que la situation économique de l’Europe latine ne permet pas de soudaines mutations financières ? Pas davantage : tout est relatif. La raison du succès restreint de ce genre de méthodes en pays de civilisation latine tient au fait qu’elles sont basées sur la puissance de l’Inconscient individuel. La puissance de notre personnalité inconsciente est incommensurablement supérieure à celle de notre personnalité consciente. L’inconscient peut presque tout. Si votre inconscient est certain que votre destin est de devenir milliardaire, vous deviendrez milliardaire. C’est du reste ce qui explique la réussite financière d’un grand nombre de personnes sans qualités intellectuelles particulières : inconsciemment, elles s’étaient toujours « vues » devenir riches. Mais les Inconscients individuels sont aussi différents entre eux que le sont les personnalités conscientes. Eux aussi sont marqués par l’éducation reçue dans la prime jeunesse. Or, l’éducation anglo-saxonne dérive de la morale protestante. Pour le réformé, Dieu bénit, dès cette Terre, l’homme juste et lui donne de grands biens, biens moraux et aussi biens matériels. Aucun barrage inconscient ne s’oppose, chez l’homme américain ou anglais, à ce que le Conscient impose le désir d’obtenir… Beaucoup d’argent, par exemple. Il en va différemment en pays catholique. Un français, même s’il change de religion, même s’il est athée, porte en lui un fort atavisme catholique. Or, ne l’oublions pas, même si elle admet le goût de la richesse, l’église catholique romaine, à l’encontre des églises protestantes, n’a jamais, loin de là, identifié l’homme riche et comblé de biens (même moraux, s’ils ne sont pas spirituels), à l’homme aimé de Dieu : les Saints de l’hagiographie catholique font voeu de pauvreté et sont méprisés de tous de leur vivant. L’inconscient d’un latin, marqué par cette conviction, en quelque sorte viscérale, ne réagira donc pas, lorsqu’il lui sera demandé d’agir en vue d’une acquisition matérielle quelconque, avec la conviction, donc l’efficacité, de l’Inconscient d’un Anglo-Saxon. En ce qui concerne les latins et les peuples dont les réactions sont du même type, il fallait donc trouver autre chose. Or cette autre chose est trouvée depuis fort longtemps. C’est la magie mécaniste ou rituelle qui fait agir les Forces de l’Inconscient sans lui demander son accord préalable. Nous dirons, nous, qu’il s’agit de procédés parapsychologiques.

Il existe des magiciens professionnels et il en est de très efficaces. Et cependant, n’importe quel homme, n’importe quelle femme est capable, mieux que toute autre personne, d’utiliser la magie pour soi-même. Pourquoi dans ces conditions, existe-t-il des professionnels de la magie en dehors des indispensables instructeurs ? Pour deux raisons : 1/ La magie, comme toute activité, nécessite un apprentissage : il y a des gestes à apprendre, entre autre. Cela est fort simple, au demeurant, comme vous allez le voir et la difficulté ne réside pas dans cet apprentissage mais bien dans

2/ l’entraînement du mage. Cet entraînement n’est pas compliqué : nous vous en avons donné la base précédemment : il faut apprendre à vous concentrer à l’aide des chiffres car la numérologie est la base même de la magie mécaniste. Ce qui va suivre vous est donc destiné non dans l’immédiat mais dès que vous serez apte à compter mentalement au moins jusqu’à 50 sans que rien, ni geste ni bruit, ne puisse vous arracher à votre concentration. Mais il est une chose que vous pouvez faire dans l’immédiat.

Désirez-vous VRAIMENT quelque chose ? Oh, certes ! vous désirez, ceci, cela… Mais désirez-vous vraiment, avec toutes les fibres de votre être ? VRAIMENT, vous désirez quelque chose ainsi ? En ce cas, prenez un crayon et du papier et inscrivez : je désire VRAIMENT telle chose…

Avant tout, il convient de définir l’objet de votre désir, de le définir nettement. Vous désirez, évidemment, pas mal de chose, mais que désirez-vous D’ABORD, en premier ? Est-ce une maison ? l’aisance financière ? la maîtrise de vous-même ? une bonne santé ? un travail qui vous plaise ? Attention : qui trop embrasse mal étreint dit le proverbe, véridique pour une fois. Vous ne pouvez à la fois désirez vraiment deux choses ou vous en resterez aux velléités. Il vous faut choisir ce que vous voulez dans l’immédiat.

Sur votre papier, vous avez écrit : je désire supposons que vous ayez écrit : je désire une maison. Vous avez un besoin urgent de vous loger, les vôtres et vous-même. Devant cette phrase, tracez le chiffre 1. Puis, sur la ligne suivante, inscrivez : 2 -

aisance financière (par exemple). Et ainsi de suite jusqu’à ce que tous vos désirs soient énumérés, le chiffre les précédant traduisant l’ordre d’importance que vous accordez à chacun.

Revenons maintenant au n°1, la maison. Ce doit être pour le moment votre seul désir important -

et même, purement et simplement, votre seul désir. Dans quelques instants, il doit dominer toutes vos pensées. Mais auparavant, il vous faut vérifier s’il « cadre » bien avec vos autres désirs, moins immédiats. Certes, il « cadre ». En quoi la possession d?une maison pourrait-elle entraver, par exemple, l’obtention de l’aisance financière ? Attention, à ce moment-là ! Il faut que votre maison à venir corresponde par son luxe ou sa discrétion avec le niveau financier que vous désirez atteindre. Tout se tient en ce domaine. Fixez-vous une aisance très large, en tenant compte toutefois de trop fortes improbabilités : il est peu probable que vous atteigniez la fortune de Rotschild A ce point de votre raisonnement, il est encore possible de revenir en arrière. Ne serait-il  pas préférable d’acquérir d’abord l’aisance financière ? Après cela le problème de la maison se résoudrait de lui-mêmeä Non ? Pour une raison quelconque, menace d’expulsion par exemple, trouver une maison bien à vous est urgent ? C’est donc votre but numéro 1. Précisons : votre premier grand but. Il y aura pour vous autant de grands buts que vous avez de désirs et chacun d?eux sera fractionné en petits buts qu’il vous faudra franchir avant d?atteindre chaque grand but.

Donc, vous voyez votre future maison dans votre esprit. Nous vous conseillons de la voir confortable et bien située. Ne voyez pas trop grand quand même, demeurez dans le domaine des réalités. Le château de Versailles n’est pas pour vous et c’est mieux ainsi du reste : son dernier propriétaire a connu un sort funeste. Donc, vous voyez votre maison, confortable et bien située, sur un bon terrain. Vous ne possédez pas de terrain ? Et bien c’est par là qu’il vous faut commencer. Documentez-vous sur les terrains, leur prix, les fluctuations de la vente. Devenez en un mot, un amateur éclairé en ce qui concerne les terrains. La magie intervient ici

Il est bien entendu que vous n’aborderez la phase que nous allons décrire que lorsque vous serez capable de vous concentrer totalement sur une énumération de chiffres allant de 1 à 50 -

au moins ! Nous nous permettons d’insister : ne tentez rien avant d’être capable d’une telle concentration : vous n’obtiendrez aucun résultats et le découragement s’emparerait de vous et vous « bloquerait » à jamais.

Cherchez la direction du Nord : il s’agit pour vous de vous accorder avec le magnétisme terrestre. Lorsque vous avez situé le Nord, prenez une chaise et asseyez-vous en tournant le dos au sud, aussi carrément que possible. Il est entendu que pour faire ce qui va suivre, vous avez choisi un endroit calme, où vous ne risquez pas d’être dérangé.. L’heure  A l’aube s’il est possible, ou encore la nuit. L’approche de minuit est la meilleure heure, surtout lorsqu’il y a pleine lune. Si vous ne pouvez disposer d’aucun de ces moments, l’après-midi fera l’affaire, mais jamais en aucun cas, la partie de la matinée située entre 10h et midi. Si vous pratiquez ce qui va suivre aux premières heures du jour, vous pouvez faire précéder la séances de quelques rétentions respiratoires. Mais n’en faites rien l’après-midi et en soirée.

Donc, vous êtes en position assise, face au Nord. Sur vos genoux, placez un morceau de papier ou mieux de ce petit carton que l’on appelle « carte de Lyon ». La couleur importe : il faut qu’il soit jaune ou rouge. Sur ce papier ou carton rouge ou jaune, inscrivez en vert si c’est un papier rouge ou en bleu s’il est jaune (ceci est important), ce que vous désirez dans l’immédiat Le plus immédiat ! Pour notre exemple, nous avons dit un terrain, premier but fractionnel d?un premier grand but : votre future maison.

Prenez vos aises. Installez vous au mieux. Respirez calmement, et si possible, détendez-vous. Pensez, durant un moment à ce terrain que vous désirez obtenir. Imaginez le aussi précisément que possible. Voyez-le, comptez les arbres qui y sont plantés, etc. Respirez encore une fois, calmement toujours, et levez-vous. Faites quelques pas en avant, en direction du Nord, puis élevez les mains vers le ciel et exécutez le premier des sceaux que nous vous avons appris à tracer : celui de l’Eveil. Attention ! Il ne faut pas qu’entraîné par la force de l’habitude vous traciez l’air les deux sceaux suivants : c’est justement au « Gardien » et aux pseudo-démons (c’est à dire aux forces) que vous avez à faire. Ce sont elles qui vont travailler pour vous en collaboration avec votre Subconscient. Il convient donc de ne pas les chasser sous peine de ne rien obtenir. Donc, tracez votre sceau dans les airs en regardant le Nord.

Puis inclinez-vous. Profondément. Et regagnez votre chaise, non pas à reculons, mais en tenant la tête à demi tournée de façon à ce que vous ne cessiez jamais de regarder le Nord. Asseyez-vous. Doucement. Auparavant, reprenez le carton jaune ou rouge que vous aviez déposé sur la chaise avant de vous lever et lisez à voix haute – à demie voix suffira -

ce que vous avez écrit dessus. Cela fait, retournez le carton de manière à ce que l’inscription soit au contact de vos genoux. Et volontairement, ne pensez plus à tout cela, mais mettez-vous à compter de 1 à 50, comme dans l’exercice de concentration. Ne vous inquiétez consciemment de rien : c’est votre subconscient qui traite maintenant cette affaire avec des Entités infiniment plus puissantes que lui mais de même nature !

La concentration terminée, posée délicatement le papier ou carton devant vous, puis levez-vous en posant le pied sur le carton (en faisant ce geste, vous signifiez aux Forces que, grâce à leur aide toute puissante, vous considérez la partie comme gagnée). Précisons que, posé à terre, le carton doit à nouveau montrer son inscription. Etant levé, refaites quelques pas en direction du Nord, inclinez-vous, puis, redressé, tracé le sceau de Départ. Lorsque vous aurez obtenu ce que vous avez écrit sur le papier ou carton, déchirez celui-ci et brûlez-le. En attendant, le même papier peut servir chaque jour.

La petite cérémonie que nous venons de décrire peut sembler puérile, si vous êtes du genre de personnes qui exige de savoir comment l’électricité fonctionne avant de tourner le commutateur, nous vous déconseillons vivement de vous en faire acteur. Mais si vous êtes d’esprit assez ouvert pour ne pas avoir de parti pris, essayez donc. Vous nous parlerez ensuite des résultats obtenus. Il est du reste bien entendu qu’en vertu de l’adage (encore un qui n’est pas si faux) : aide-toi, le ciel t’aidera, vous devez continuer à vous intéresser consciemment à votre problème du moment lorsque l’occasion s’en présentera. Et si vous pratiquez souvent la petite cérémonie décrite ci-dessus, et que l’on nomme « rite de l’appel aux forces », vous verrez que les occasions se feront très très nombreuses. Dans un prochain texte, nous vous apprendrons comment pratiquer ce qui est certainement la chose la plus importante aussi bien de la philosophie que de la magie du Tao : la respiration embryonnaire.

Nota : Dans notre dernier texte, nous avons dit que les Sceaux devaient être exécutés afin de chasser les forces néfastes et de permettre aux forces bénéfiques de venir jusqu’à nous. Il est possible que certaines personnes, nous voyant maintenant faire appel à des forces que nous avions précédemment qualifiées de néfastes ou de maléfiques, imaginent que nous nous livrons maintenant à ce qu’il est convenu d’appeler magie noire. Que ces personnes se rassurent : il n’en n’est rien. Notre « magie » est naturelle et les bons anges et les démons n’ont rien à voir dans tout cela. Les forces évoquées le matin au réveil par l’exécution des trois sceaux consécutifs sont celles qui viennent du Cosmos à l’être humain. Les secondes, celles qui, étant plus proches de nous sont évoquées dès le premier sceau, sont les forces qui emmènent l’esprit de l’homme, plus exactement son subconscient, au contact des réalités du Tao (ou du cosmos, si vous préférez, vu sous l’angle psychique). Leur fonction, dans le premier cas, leur confère donc un caractère néfaste puisqu’elles risquent d’inverser le résultat recherché.

De toute façon, n’oubliez jamais ceci : Lorsque vous pratiquez l’appel aux forces, toute pensée de haine ou seulement de malveillance doit être proscrite loin de vous. D’autres personnes en souffriraient et vous aussi.

Aux adeptes de la voie A :

Vous avez chois une voie bien rude même si, spirituellement, vous êtes d?un niveau égal aux meilleurs, car votre formation occidentale doit vous inciter à désirer. N’importe, soyez les bienvenus. Que devez-vous faire pour accéder rapidement à l’éveil ? C’est simple :

1/ Pratiquez l’observation de vous-même (Tsyng-Chen), une heure au moins par jour.

2/ Durant un quart d’heure chaque jour, pratiquer le Wou-Wei complet, c’est à dire :

Gardez une immobilité absolue, les yeux ne cillant pas et regardant notre image dans une glace. Vos traits doivent demeurer impassibles. Durant cette immobilité, vous devez concentrer votre esprit sur les pires catastrophes qui puissent arriver à vous et aux vôtres, et votre corps doit demeurer immobile, vos yeux ne pas ciller et votre visage doit conserver une parfaite impassibilité. Ce n’est pas facile. Commencez par une ou deux minutes de ce « non-exercice » et augmentez progressivement sa durée. Vous ne pouvez savoir, avant d’en avoir fait l’expérience, la force d’âme que le Wou-Wei permet d’acquérir.

Ce sera tout pour l?instant. Et croyez-nous, sérieusement pratiqué, c’est un dur programme.

NOMP

Maintenant, ceci s’adresse à tous. Le questionnaire sera bref aujourd’hui.

Faites-nous savoir dans dix jours environ :

1. Quelle voie vous choisissez vous : A ou B ? Nous vous rappelons qu’en choisissant dans l’immédiat la voie B, vous pourrez emprunter la voie A lorsque vous estimerez que vos désirs terrestres sont réalisés.

2. Si vous avez choisi la voie B, quel est le désir immédiat que vous voulez réaliser ? Souvenez-vous que « qui trop embrasse mal étreint »

Que les Puissances Bénéfiques soient avec vous

LA TECHNIQUE DU TAO – Texte 6

Il était une fois, quelque part dans la région sud de l’Océan Pacifique, une île perdue dont les frustres habitants menaient une vie très primitive.

De temps en temps, ils voyaient passer au-dessus de leur tête des appareils volants, avions ou hélicoptères, appartenant à une grande nation civilisée dont les forces militaires occupaient des points stratégiques situés sur d’autres îles, éloignées de la nôtre de quelques milliers de kilomètres.

Selon leur tournure d’esprit, les iliens, regardant passer ces engins dans le ciel, leur attribuaient une origine soit surnaturelle – les chars volants des Dieux – soit naturelle – d’énormes oiseaux d’espèce inconnue qui émettent durant leur volume un grondement ininterrompu.

Un jour, un hélicoptère se posa sur l’île. Les membres d’une mission scientifique en descendirent et les indigènes durent se rendre à l’évidence : ils n’avaient devant leur yeux ni Dieux ni oiseaux, mais une sorte de pirogue volante construite et conduite pas des êtres, supérieurs peut-être, mais humains.

L’île était fort pauvre, le ravitaillement peu abondant. Les européens, désireux de ne point constituer une charge pour leurs hôtes, décidèrent de faire parachuter, par un avion de l’armée, la nourriture nécessaire à l’expédition durant son séjour dans l’île.

Sous les yeux émerveillés de la population locale, la radio du bord lança un appel par l’intermédiaire de son poste émetteur et, le jour-même, des containers lestant des parachutes descendirent sur l’île. Ils contenaient d’énormes quantités de denrées comestibles dont une partie fut distribuée à la population éblouie.

Le temps passa. Certains, parmi les iliens, plus intelligents ou moins timorés que d’autres, entrèrent en contact assez étroit avec les Européens pour en recevoir quelques notions élémentaires. Ils comprirent que cette idstribution céleste de nourriture ne procédait d’aucun miracle et n’était que la résultante d’un usage judicieux d’une application technique de la Science.

Ils apprirent à manier les forces bienfaisantes qui, par l’intermédiaire de l’émetteur, leur délivrait grâcieusement un supplément de nourriture.

Un jour, les Blancs partirent. Mais ils laissèrent dans l’île le poste émetteur dont, maintenant, certains indigènes connaissaient assez bien le mode d’emploi.

Les années passèrent. Les iliens initiés au maniement de l’appareil radio continuaient, lorsque la famine menaçait, de lancer des appels sur les ondes et la manne tombait ponctuellement – les services d’intendance de la nation civilisée n’ayant pas eu connaissance, selon une vieille coutume administrative – du départ de la mission.

Les années passèrent encore. Les iliens vieillirent, moururent, les spécialistes-radio suivant le sort commun. Mais, ces derniers, avant de fermer les yeux, donnèrent à des jeunes gens pleins de bonne volonté, des conseils quant à la manière d’utiliser le poste-émetteur.

Les années passaient toujours. « Fidèle au poste », l’intendance expédiait par la voie des airs des colis de vivres chaque fois que demande lui était faite. Or, peu à peu, le poste se détraqua. De plus en plus fréquemment les émissions n’atteignirent plus leurs destinataires et les colis de vivres se raréfièrent. La génération qui avait connu les visiteurs blancs avait depuis longtemps disparu. On ne parlait plus d’eux que par ouï-dire et ils prenaient, rétrospectivement, un caractère plus qu’humain. Bientôt, on ne sut plus, dans l’île, s’ils avaient été des hommes ou des Dieux.

Mais, sur notre île, il existait, comme partout, des esprits forts. N’ayant jamais vu les Blancs, ils nièrent leur existence et même la possibilité de cette existence : les Dieux n’existent pas. Quant au poste émetteur, c’était un ridicule, un puéril accessoire de magie, fabriqué par des malins pour mystifier et exploiter les imbéciles. Ce qu’on demandait au poste arrivait quelquefois? Simple coïncidence qui résultait d’une loi naturelle qui serait un jour ou l’autre découverte par les chercheurs sérieux, c’est-à-dire par eux-mêmes.

NOMP

Nous vous avons conté cette historiette parce qu’il existe une analogie, une similitude même, entre l’expérience vécue par ces primitifs hypothétiques et l’aventure humaine toute entière.

Dans notre dernier texte, nous vous avons proposé d’utiliser des forces inconnues de vous, grâce à ce qu’il nous faut bien nommer, faute d’un terme meilleur, la magie cérémonielle. Nous ne sommes donc pas contre l’utilisation de procédés dits « magiques » sous condition bien entendu, que cette pratique demeure un moyen et une étape et non un but ; mais nous voulons, avant d’aller plus loin, vous montrer ce qui se cache sous le mot de « magie ».

Que disent tous les ésotérismes ? Que disent les plus antiques traditions ?

Elles disent – ils disent ceci : jadis, il y a très longtemps, à l’aube de l’humanité, une ou plusieurs races intelligentes mais peut-être non-humaines selon nos critères, enseignèrent à l’homme les rudiments de ce qui devait devenir la civilisation technologique, matérielle – et des moyens d’action directe sur la nature sans autre instrument que le corps et le cerveau. L’Hindouisme, La Théosophie, la Bible, mentionnent des créatures d’une puissance inimaginable dont le psychisme pouvait, grâce à des connaissances particulières, modifier directement le milieu ambiant. Les légendes affublent ces êtres du nom de fées, génies, enchanteurs. Plus tard, par une confusion fâcheuse, diverses religions les assimileront aux anges et aux démons.

Dans ce domaines, la Doctrine du Tao a son mot à dire, sans prétendre pour autant épuiser le sujet, vraiment trop vaste. Mais voici ce qui se dit dans les monastères ouverts ou non, de l’Asie centrale :

« Autrefois, les géants étaient sur la terreä » Cette phrase apparaît dans la bible , mais les hommes bruns, jaunes ou blancs des lamaseries et des monastères tao l’entendent également dire par leurs maîtres. Qu’étaient exactement ces géants ? Des hommes ? Des créatures différentes ? La technique du Tao ignore les dogmes déformants et nous préférons dire avec simplicité : nous n’en savons rien et ignorons même si le caractère de gigantisme qui leur est prêté s’applique à leur corps matériel ou à leur psychisme. Nous avons, tout au plus, des raisons de croire que les affirmations péremptoires de certains occultismes sont inexactes. D’après ceux-ci, les Anciens quels qu’ils soient, auraient, dès les origines – leurs origines – orienté leur civilisation vers la conquête directe de la matière par l’esprit, sans passer le stade technique que connaît l’homme actuel et surtout l’homme occidental. Nous avons des raisons de croire qu’il n’en n’est rien et que les Anciens, les Géants (ou quel que soit le nom qu’on veuille leur donner) ont connu, au contraire, une civilisation matérielle, mécanique très poussée et, dans son principe, très semblable à la nôtre. Nous pensons, et estimons avoir des raisons de penser, que cette civilisation technique ne se dépassa que grâce à sa propre tendance à la simplification et à la miniaturisation : le perfectionnement technique serait devenu tel qu’il leur fut possible d’agir directement sur le monde matériel sans l’intermédiaire de la machine ou de l’outil, le support permettant l’action devenant le corps lui-même transformé en une sorte d’émetteur – récepteur.

Nous venons d’employer deux mots : émetteur – récepteur, qui peuvent prêter à confusion. Ces mots sous-entendent l’existence d’ondes, de fluides, etcä or, nous n’avons pas du tout l’intention de donner à notre enseignement l’orientation pseudo-scientiste qu’impliquerait l’emploi de ces mots. Nous ne savons pas quelle est la nature exacte des forces, des énergies, mises en action par certaines attitudes, par certains gestes faits à certains moments et dans certaines conditions. Mais nous savons, à la suite d’expériences poursuivies au cours des millénaires, que ces forces sont bienfaisantes et que le résultat recherché est très souvent atteint. Nous ne disons pas que nous n’aimerions pas en savoir davantage : mais nous ne possédons pas l’outillage nécessaire et, de toute façon, notre mission est autre. Elle consiste simplement à transmettre aux humains de ce temps le flambeau -rendu un peu fumeux par les siècles et l’ignorance – mais jadis allumé par les Anciens. Lorsque vous exécuterez l’opération appelée fort justement « appel aux forces », dites-vous bien que vous ne vous livrez pas à une pantomime de sorcier de village mais à une technique dont les origines se perdent dans la nuit des temps.

Au moment où vous lisez ces lignes, vous n’avez certainement pas encore obtenu le degré de concentration nécessaire à la mise en pratique de « l’appel aux forces ». Par contre, n’importe qui, à n’importe quel moment, peut utiliser avec fruit ce qu’il est convenu de nommer : le sceau tout puissant de Lao-Tseu.

Quelques précisions sur ce sceau qui est très connu, et en même temps très mal connu – dans tout l’Extrème Orient. C’est un sceau dessiné sur du papier, du carton ou du bois et non un sceau tracé en l’air par les mains d’un adepte. On lui attribue les mêmes propriétés qu’au sceau non moins fameux de Salomon. Sceau de protection, il écarte les influences néfastes, d’où qu’elles viennent. Cela est exact et, cependant, ce n’est pas si simple. A l’instar des pakoua dont l’origine elle aussi, se perd au fonds des âges, le sceau de Lao-Tseu n’est pas un talisman. Et tout d’abord, Lao-Tseu n’en n’est pas l’inventeur. Simplement, il a éprouvé la valeur protectrice de ce sceau, l’a recommandé autour de lui et son nom lui est resté attaché.

Généralement, le sceau de Lao-Tseu est présenté, dans les ouvrages traitant d’occultisme sous cette forme (voir figure 1).

sceau-lao-tseu-esoterique

Comme vous le voyez il s’agit là d’un de ces signes sans signification rationnelle tel qu’il en apparaît tout au long de l’histoire de la magie. Pourquoi peut-on fort logiquement demander un dessin de ce genre aurait-il le pouvoir de protéger l’être humain ? Nous sommes d’accord avec vous. Présenté sous cette forme, le sceau de Lao-Tseu n’est qu’un gribouillis sans signification.

Mais quoi qu’en puisse dire en toute bonne fois d’ailleurs, les auteurs d’ouvrages d’occultisme oriental, ce n’est pas là la forme véritable de ce sceau ou plus exactement, les éléments ne sont pas disposés de la façon qui convient. Quelle différence cela peut-il faire ? dira-t-onä

Cela fait une énorme différence ainsi que vous pourrez le constater en regardant le dessin de la figure 2, le sceau tout puissant de Lao-Tseu, tel qu’il doit être contemplé – et les psychanalystes qui utilisent de plus en plus de techniques basées sur des procédés apparentés ne nous démentirons pas. Peut-être, en contemplant le véritable sceau de Lao-Tseu et en le comparant avec sa version exotérique telle qu’elle est dessinée sur la présente page, comprendrez-vous d’emblée en quoi consiste la différence. Si tel n’est pas le cas, nous ne pouvons et nous le regrettons, définir cette différence avec des mots car ils constitueraient autant de pièges. Mais nous pouvons faire mieux et nous vous proposons de tenter une expérience.

sceau-lao-tseu-esoterique

Voici donc le véritable sceau de Lao Tseu, le sceau ésotérique. En quoi diffère-t-il du sceau présenté à la page précédente et qui est, comme nous l’avons dit, connu de tout le lointain Orient ?

HISTOIRE DE LOU-KI.

Au temps des Royaumes Combattants, dans une Chine dévastée, la vie des paysans était misérable. A cette époque, il n’était pas rare de voir les plus pauvres d’entre eux vendre leurs enfants à des trafiquants de chair humaine.

Ce fut ce qui arriva à Lou-Ki.

Lou-Ki était un jeune paysan du Ho-nan que son père, par trop chargé de famille, décida de livrer, contre quelques sapèques, à un recruteur de l’armée. En un sens, Lou-Ki avait de la chance : il aurait pu tomber plus mal et être vendu comme esclave, par exemple, à un de ces entrepreneurs qui entretenaient des routes et distribuaient à leur personnel plus de coups de rotin que de riz. Donc, en principe, Lou-Ki n’était pas trop défavorisé par le sort. Les soldats étaient relativement bien nourris, mais un détail réduisait à néant cet avantage : ils payaient leur nourriture avec leur solde et une coutume particulièrement barbare voulait qu’ils ne touchent leur solde qu’ne fonction du nombre d’ennemis tués. Chaque soldat apportait un certain nombre de têtes coupées à l’officier payeur, et il recevait en échange un nombre correspondant de pièces de monnaie.

Dans ces conditions, le pauvre Lou-Ki risquait fort de mourir de faim, plus sûrement encore qu’à la ferme de son père. Car il se savait par nature, incapable de tuer quoi que ce soit. Déjà, chez ses parents, il ne pouvait porter la main sur le moindre animal et s’il n’avait tenu qu’à lui, le goret de la maison serait probablement mort de vieillesse. C’était du moins en partie, en raison de cette caractéristique que Lou-Ki avait été vendu. Que pouvait faire un paysan chinois d’un fils aussi sensible ? Dans un pays aux moeurs plus bénignes, on eut dit : «  Il est un peu mou. Mais c’est un bon garçon.  » Dans la Chine brutale des Royaumes combattants, il n’était qu’un déchet, inapte à la survie.

Donc, Lou-Ki ne vécut, pendant assez longtemps que de rogatons qu’il disputait aux chiens ou de la pitié méprisante de ses camarades. La vérité nous oblige à dire que Lou-Ki n’était pas bon : il était seulement faible. Il aurait bien voulu comme ses compagnons, couper les têtes ennemies et se sentir brave, aux poches pleines de pièces de monnaie. Mais il ne trouvait pas le courage de combattre et de tuer. A la longue pourtant, il prit une grande décision. Il se dit : il faut absolument que je devienne un homme brave, un vrai héros. Je veux devenir cela et j’y parviendrai !

A partir de ce moment, on le vit d’avantage sur les champs de bataille. Oh, il n’était pas aux tout premier rang avec les vétérans aux joues balafrées. Lucide, il se tenait à une place modeste où il avait quelques coups à donner et à recevoir. Pas trop. Lou-Ki s’entraînait progressivement.

Cependant, cet entraînement progressif ne donnait pas d’aussi bons résultats qu’il avait espéré. Les coups à donner-et à recevoir-lui faisaient toujours peur, et il se comportait au combat comme ces petits chiens qui font mine d’attaquer puis qui se sauvent pour peu que l’adversaire montre les dents. Les gains réalisés restaient maigres, très maigres. Lou-Ki se rendait parfaitement compte de tout cela et, peu à peu, il sentait le désespoir l’envahir de nouveau.

«  Que faudrait-il donc que je fasse pour devenir brave ?  » s’écria-t-il un jour alors qu’un combat venait de commencer. Et la réponse lui apparut, fulgurante, : rien ! il ne pouvait rien faire ! Lâche, il était, et lâche il resterait ! Alors, n’ayant plus d’espoir, Lou-Ki fonça n’importe où, devant lui, dans la mêlée…

Un moment plus tard, les soldats, brandissant leurs armes, acclamaient à pleine voix Lou-Ki, le héros, qui à lui seul, venait de couper plus de cinquante têtes…

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Aux adeptes de la voie A :

Ce n’est pas par sadisme que nous vous avons conté cette petite histoire de têtes coupées. Dans le Sin-Kiang, son pays d’origine, ce conte est présenté sous cette forme de façon à ce qu’il ne puisse s’en dégager aucune implication découlant de la morale courante.

Nous vous demandons de méditer longtemps cette historiette en tenant compte des faits suivants :

1. Nous ne prétendons pas faire de son «  héros  » un personnage moral.

2. La philosophie qui s’en dégage ne saurait en aucun cas être l’apologie de l’action opposée à la réflexion.

3.Il ne s’agit pas non plus d’une philosophie de «  l’à quoi bon ? ce qui doit arriver, arrivera !  »

Méditez et trouver la solution vous-même. Ce n’est pas une «  attrape  ». La solution existe et, lorsque vous l’aurez trouvée, vous serez bien prêt de ce que nous appelons l’Eveil. Il ne vous restera guère plus, pour y parvenir qu’à pratiquer un exercice complexe psychophysiologique et à méditer sur une option métaphysique que nous vous fournirons.

Nous demandons aux adeptes de la Voie B de ne pas chercher la solution de cette «  devinette  ». La trouver ne leur rapporterait rien, bien au contraire.

Dans notre précédent texte, nous avions demandé aux adeptes de la voie A de pratiquer le Tsyng-Chen durant une heure par jour. Maintenant, nous leur demandons de réduire cette durée à QUATRE séances de chacune UNE minute, mais en pratiquant un Tsyng-Chen intégral c’est à dire :

durant la minute que dure l’exercice, prenez connaissance de chacun de vos gestes et , EN MEME TEMPS, prenez par tous vos sens, conscience des attitude set mouvements de votre corps, essayez de percevoir aussi nettement que possible tous les bruits qui parviennent à vos oreilles, de voir réellement et non pas vaguement toutes les images qu’enregistre vos regards, de ressentir éventuellement le souffle du vent sur votre visage et sur vos mains, etc….En un mot, nous vous demandons, durant quatre fois une minute chaque jour, d’utiliser plein vos sens, tous vos sens-de les exacerber même. Il est évident que, durant cet exercice, vous ne pourrez plus penser consciemment à quoi que ce soit d’autre que ce que vous faites. Si «  quelque chose  » pouvait encore penser en vous à ce qui n’est pas votre activité ou vos perceptions physiques, ce quelque chose serait votre Inconscient. Or votre Inconscient possède au bas mot, dix fois la puissance réflective de votre Conscient. L’Inconscient de tout être humain est génial. C’est sur cette donnée que nous comptons vous faire «  assimiler  » ce qu’est l’Eveil.

Quelle que soit votre intelligence, vous ne pouvez comprendre avec vos seules ressources conscientes ce qu’est en réalité l’Espace-temps. Aucun homme ne le peut. Einstein n’a pas pu et cependant ce sont ses travaux qui ont fait admettre aux hommes de science Occidentaux le bien-fondé de notre doctrine. Mais leur certitude demeure théorique. Nous, hommes du Tao, possédons la connaissance pratique et cependant aucun de nous, très probablement, ne possède l’intelligence CONSCIENTE d’un Einstein. Nous ne saurions trop insister sur le fait que vous devez prendre l’habitude, chaque jour, et pendant quatre fois une minute, d’exacerber vos sens comme il est dit à la page précédente. Ce n’est que par cette habitude prise que vous parviendrez à l’état psychique nécessaire pour atteindre l’Eveil.

Cependant n’oubliez pas non plus de pratiquer le Wou-Weï. L’impassibilité que donne la pratique de cet exercice est plus qu’utile à l’Homme Eveillé.

Pour terminer le texte d’aujourd’hui, à tous nous disons ceci :

Vos problèmes sont maintenant tels que nul questionnaire ne pourra les évoquer tous. Dans une dizaine de jours, adressez à J. Calmar une lettre personnelle les exposant.

Et que les Puissances Bénéfiques soient avec vous…

LA TECHNIQUE DU TAO – Texte 7

Toute notre doctrine est basée sur le fait que le temps est UN, passé, présent et avenir n’étant que des créations de l’esprit humain englué dans la matière.

Nous ne prétendons pas, en avançant cela, faire oeuvre originale.

D’autres que nous partagent cette conviction : citons, par exemple et pour ne pas quitter le monde occidental, les mathématiques relativistes. Ces hommes de science possèdent même la preuve de la véracité de nos affirmations, mais ces preuves sont d’ordre mathématique. Elles ne peuvent donc être VUES clairement par aucun homme, fut-il mathématicien, car elles consistent en symboles. Nous entendons, nous, vous faire sentir NOS preuves grâce à l’aide de ce qu’il est convenu d’appeler en Europe, votre Inconscient.

En supposant que vous n’ayez jamais vu la mer, une description mathématique de celle-ci serait d’énumérer le nombre de millions de mètres cubes d’eau, de tonnes de sel qui la composent. En ce qui nous concerne, nous ne décrivons pas : nous vous indiquons le chemin qui mène à la mer et, par le Wou-Wei, nous vous donnons le moyen de résister à l’assaut des vagues.

Ceci dit, n’existe-t-il pas un moyen à la portée de tous, sinon de voir, du moins d’appréhender ce qu’est, en réalité, le temps ?

Le plus curieux est que ce moyen existe depuis toujours et que, cependant, dans la pratique, les preuves indiscutables apportées par son truchement ne sont pas admises.

Quel être humain, en effet, ignore totalement les prémonitions ?

Distinguons, toutefois. Certaines prémonitions ne sont que le résultat de calculs inconscients (toujours l’Inconscient) basés sur des probabilités qui échappent à la raison consciente.

Mais il en est d’autres : à qui d’entre nous n’est il pas arrivé de penser brusquement à une personne perdue de vue depuis des années et de rencontrer cette personne quelques minutes plus tard ?

Télépathie ? Admettons ! Mais lorsqu’il s’agit d’un objet ? En tout état de cause, nous ne pensons pas qu’il existe encore à l’heure actuelle, des humains qui nient formellement tout possibilité de prévision de l’avenir, fut-ce de façon vague et accidentelle.

Dans ces conditions, et en excluant toute expérience où un calcul inconscient mais néanmoins rationnel peut s’effectuer, comment admettre que le Futur n’existe pas déjà puisque, fugitivement, nous pouvons percevoir une des données ? Et si ce Futur coexiste avec ce Présent, comment le Passé n’existerait-il pas encore puisque le Présent est au regard du Passé, l’Avenir ?

Nous pensons que le meilleur moyen de vous convaincre est de vous faire toucher vous -mêmes les preuves du doigt. Ce sera un excellent exercice pour les adeptes de la voie A, lesquels par cette expérience, approcheront de l’Eveil – un excellent exercice également pour les adeptes de la voie B qui y puiseront une force supplémentaire, utilisable dans leur lutte pour la réalisation de leurs justes désirs.

Bien qu’elle facilite l’approche de l’Eveil, cette expérience est d’ordre onirique.

Peut être ne le savez-vous pas, mais dans son sommeil, l’être humain se livre très souvent à ce que l’on pourrait appeler des expériences prophétiques. Peut-être en lisant cela, pensez-vous : il est possible que cela se passe ainsi pour d’autres mais jamais pareille chose ne m’est arrivée !…

Vous vous trompez. TOUT LE MONDE fait des rêves prémonitoires. Il n’y a pas d’exception connue. Il existe, encore aujourd’hui, des personnes qui affirment en toute sincérité, qu’elles ne rêvent jamais. Ces personnes sont dans l’erreur : le rêve dans le sommeil est, pour l’être humain, une nécessité absolue. Si l’on surveille un dormeur à l’aide d’instruments appropriés et qu’on l’éveille à chaque fois que les prémisses du rêve apparaissent, le malheureux se met en peu de jours – ou si l’on préfère, en peu de nuits – à dépérir. Très rapidement il perd la raison et une issue fatale s’ensuit inéluctablement. Des expériences de ce genre ont été faites en Occident, sans qu’elles soient, bien entendu, poussées jusqu’à la folie ou la mort du sujet – mais il y a un peu plus de vingt années, des médecins nazis en firent l’expérience intégrale, aliénation et mort comprise.

Ce qui incite certaines personnes à penser qu’elles ne rêvent pas est le fait qu’elles ne gardent aucun souvenir de leurs rêves. Lors du réveil, il se produit un choc psychique qui, dans certains cas fait disparaître tout mémoire du phénomène onirique. De toute façon, le cerveau humain est ainsi fait que le souvenir d’un rêve s’estompe très vite, se déforme et, en quelques heures, parfois ne quelques minutes, devient très différent de la «  réalité rêvée  ». Si vous ne croyez pas qu’il vous arrive, comme à tout le monde, d’avoir des songes prémonitoires, c’est tout simplement parce que votre mémoire est infidèle. Le Centre Tchan a pratiqué de nombreuses expériences en la matière. Nous pouvons dire que, en moyenne une fois sur trois, les rêves que nous faisons font état de «  réalités futures  ». Chez une personne qui pratique ce que nous allons vous conseiller, cette vision du futur, plus précise que chez un homme non entraîné, demeure pourtant assez confuse : cette confusion relative est liée au choc causé par le réveil. Ceci n’est qu’un inconvénient mineur et l’appréciation exacte de la valeur prémonitoire d’un rêve est affaire d’habitude.

Voulez-vous vérifier si, oui ou non, il vous arrive de faire des rêves prémonitoires ? C’est très simple.

Placez à votre portée de main, le soir, avant de vous endormir, un calepin et un crayon. Chaque fois qu’au cours de la nuit il vous adviendra de vous éveiller, notez immédiatement les circonstances évoquées par votre dernier rêve ou tout au moins ce qui en subsiste . Vous relèverez ainsi un tas d’absurdités : ce n’est pas que le rêve soit particulièrement absurde par lui-même, simplement, il ne convient pas de le juger d’après un critère adapté à la vie diurne. Vous relèverez, disions nous, beaucoup d’absurdités, mais, pour peu que vous persévériez dans l’habitude de noter la substance de vos rêves, vous constaterez que nombre d’entre elles n’ont d’absurde que l’apparence et qu’en fait elles vous donnent des indications précieuses sur nombre d’événements à venir.

Un conseil : méfiez vous des détails fournis par les rêves. Certains sont exacts mais nous n’avons généralement pas les moyens d’apprécier leur exactitude. Si vous avez des raisons de penser qu’un rêve contient des éléments prémonitoires – et avec l’habitude cela se «  sent  » – fiez vous au contexte général du rêve mais négligez les détails.

Nous allons ici vous donner un exemple précis :

Au mois d’août dernier, une personne habitant la région parisienne fit un rêve qu’elle sut immédiatement être prémonitoire. Habituée à surveiller ses rêves, elle commençait à cette époque à savoir les diriger. Or, intéressée par les courses de chevaux, cette personne rêva, justement, de la course qui devait avoir lieu le lendemain. a l’état de veille, cette dame – car c’est d’une dame qu’il s’agit – était décidée à mettre toute sa mise sur un seul cheval mais, à la vérité, elle était assez embarrassée car dans cette course se présentaient deux chevaux possédant aux dires des connaisseurs, un nombre égal de chances. le premier que nous appellerons pour la commodité du récit : le 8, était un coursier puissant, aux formes un peu lourdes. Le second, le 5 était plus léger mais au moins aussi rapide que le numéro 8. Bref cette dame était fort embarrassée et elle comptait assez sur une prémonition onirique pour la sortir du doute.

Elle fit le rêve suivant :

Elle arrivait, accompagnée de son mari, sur le champ de course. Très souvent, les rêves prémonitoires se présentent sous une forme allégorique et sont assez difficiles à interpréter pour une personne peu entraînée à cet exercice. Mais, dans le cas de cette dame férue de courses de chevaux, l’interprétation se présentait «  en clair  ». Donc, elle pénétrait sur le champ de courses suivie de son mari. Le rêve était très précis. Elle voyait les gens, parieurs, jockeys et simples spectateurs aussi nettement que dans l’état de veille. Elle gagna sa place en pataugeant dans les flaques de boue, car dans son rêve, il pleuvait, il pleuvait à seaux. La course se déroula. Les parieurs, tant bien que mal, abrités sous leurs parapluies, hurlaient leur enthousiasme tandis qu’un cheval, totalement inconnu, dépassait ses rivaux sans effort apparent et arrivait au poteau, triomphalement, «  dans un fauteuil  » selon l’argot des turfistes. La foule s’égosillait à crier :  » le 14 ! le 14 dans un fauteuil !  »

Et tout se produisit comme elle l’avait rêvé. Elle se rendit au champ de course, accompagnée de son mari et sous une pluie battante, là elle misa une forte somme sur le cheval numéro 14, une abominable rosse – ce que les joueurs appellent un «  toquard  ». La course se déroula comme dans le rêve…à un détail près : ce ne fut pas le numéro 14 qui gagna mais le numéro 8. Le 14 attira bien lui, l’attention du public…mais ce fut au milieu de la course, instant où la fantaisie lui venant et en dépit des efforts de son jockey, il s’arrêta au bord de la pelouse et, dit la dame, se mit à brouter les pâquerettes.

Cette personne en interprétant son rêve avait confondu l’accessoire, le détail, plus spectaculaire – le 14 ! le 14 ! – avec le fond même, avec l’essentiel : il pleuvait. Toute la substance du rêve était, si l’on peut dire, imprégnée de cette pluie. Le rêve criait littéralement : demain, au moment de la course, il pleuvra !

A ce moment, cette dame eût dû faire usage de son raisonnement logique. L’Inconscient est une grande force, mais l’être humain n’est vraiment complet que lorsqu’il unit l’apport intuitif de l’inconscient aux claires données de la conscience. Dans ce rêve, il pleuvait. Le raisonnement le plus élémentaire permettait de prévoir logiquement que le cheval le plus puissant serait avantagé par l’état du sol.

Il est possible, ainsi que nous l’avons dit, de décider soi-même de la matière de ses rêves. Il existe des personnes qui, naturellement et sans pouvoir expliquer comment elle s’y prennent, décident de rêver à telle ou telle chose et y parviennent parfaitement. Nous laisserons de côté ces cas exceptionnels. Pour l’être humain de type courant, l’emploi d’une technique particulière est nécessaire.

Il ne suffit pas, pour être à même de décider soi-même ce que sera la trame d’un rêve, d’orienter sa pensée, avant que de s’endormir, vers le sujet qui intéresse. Cette méthode simpliste peut donner des résultats mais, en général elle est très insuffisante. «  Lancer  » un rêve dans une direction donnée est un exercice que l’on peut analogiquement comparer au jet d’une pierre. Si vous projetez une pierre devant vous avec votre seule main et la seule force de votre bras, elle ira sans doute dans la bonne direction. Mais pour peu que le but à atteindre soit

assez éloigné, il se produira une dérive, due au manque de puissance du jet. Mieux vaut utiliser une fronde, un propulseur.

En ce qui concerne la possibilité «  d’atteindre  » volontairement un rêve donné, nous allons vous fournir un mode de propulsion. Il est basé – ainsi du reste, que tout l’enseignement Tchan – sur le caractère rétif et contrariant des facultés humaines.

Il vous est arrivé, comme à tout le monde, de chercher vainement dans votre mémoire, une date, un nom. Plus vos efforts de remémoration étaient grands, plus le mot recherché s’éloignait de vous. enfin, après de longs moments de recherches infructueuses et, agacé, vous abandonniez : «  tant pis ! n’en parlons plus ! Et alors, très souvent comme une illumination, le nom, la date surgissaient brusquement au niveau de votre conscience et, avec un sentiment de délivrance, vous vous écriiez :  »Mais bien sûr, il s’appelle Untel et cela se passait en 1943 !  » Cette curieuse particularité de l’esprit humain est due à une caractéristique de notre Inconscient : celui-ci n’aime pas être bousculé et il ne travaille bien que si on lui fait confiance.

Cette particularité, vous avez aussi pu, peut-être en prendre une fois de plus connaissance pendant les exercices de remémoration. Lorsque vous tentez de vous souvenir, l’un après l’autre, mais en remontant le cours du temps, de tous les événements de la journée, il est probable que plus d’une fois, le sommeil s’est emparé de vous sans crier gare. Pourtant dans ce cas-là, les événements évoqués étaient récents, votre Inconscient, mine inépuisable de souvenirs, n’était que très peu sollicité. Ce peu lui suffisait pourtant comme prétexte à refus.

Voici donc comment ils faut vous y prendre pour diriger votre Inconscient vers le rêve de votre choix :

Vous êtes couché. Puisque ce soir vous avez décidé d’orienter vos rêves, négligez l’exercice de remémoration. En lieu et place, évoquez ce à quoi vous désirez rêver. Il faut bien entendu que vous soyez capable de réaliser correctement cette évocation, c’est à dire de «  visualiser  » ce qui vous intéresse. de voir , en imagination, le visage des personnes qui doivent être les acteurs – s’il y a lieu – d’entendre le son de leurs voix, d’avoir conscience du décor. tout cela implique, bien entendu un certain entraînement à la concentration. Et justement, cette méthode d’orientation d’un rêve est essentiellement un exercice de concentration «  contrariée  ».

Donc, durant un temps assez long, faites éveillé, l’inventaire, si l’on peut dire, du rêve que vous désirez faire lorsque vous serez endormi. Puis sans transition, changez le sujet de votre concentration et entreprenez , comme suite, de compter de 1 à 50 en consacrant toutes vos facultés, toute votre attention, à cette énumération. Vous parviendrez très difficilement. Il y aura fatalement, plusieurs ratages. N’importe, recommencez après chaque échec. Ayez soin, cependant, avant de reprendre votre énumération et après chaque échec, de pratiquer une respiration profonde afin d’éloigner de vous l’énervement. En fait, il n’y pas lieu d’être énervé car les échecs répétez font partie de l’expérience. Ils démontrent que votre Inconscient irrité de vous voir ainsi changer le sujet de vos pensées, a décidé lui, de continuer sur sa lancée et de s’intéresser uniquement à ce que vous évoquiez tout d’abord. Faites-lui confiance : tandis que vous continuerez à fixer péniblement votre attention consciente sur vos chiffres, il travaillera de son côté et lorsque le sommeil se sera appesanti sur vous, vous le retrouverez, toujours occupé de la scène, évoquée primitivement et la poursuivant dans l’avenir qu’il connaît, lui

Nous pensons qu’il n’est pas nécessaire de faire davantage ressortir l’intérêt des rêves prémonitoires dirigés. D’une part, ils développent l’intuition, donc le pouvoir d’agir efficacement sur le destin, mais d’autre part, ils tendent à prouver que sur un plan qui n’est pas celui de notre conscience ordinaire, présent et futur coexistent.

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Il nous faut maintenant, et avant d’aller plus loin, faire le point car il est certain que bon nombre de personnes qui nous lisent se sentent désorientées. Les paradoxes, les incohérences, les contradictions même abondent dans leur lecture.

Au départ, nous vous avons proposé comme but ultime, l’atteinte d’un état de conscience différent de l’état de conscience ordinaire – état, qui même s’il ne se manifeste qu’une fois, laisse un tel souvenir que ses effets se manifestent durant toute l’existence et que l’être humain qui l’a ressenti se sent définitivement libéré de toute crainte, de tout mal. Cet état de conscience nous l’avons appelé : éveil ; parce qu’il nous fallait un mot français traduisant sans trahir : satori, nirvana, samadhi débouchant sur la moksha. Nous avons préféré «  éveillé à «  délivrance  » (insuffisant à notre avis) ou a «  illumination  », définition qui serait excellente si elle n’avait, en Occident un sens péjoratif. L’homme qui a vraiment connaissance que le contraire de la mort n’est pas la Vie mais la naissance, naissance et mort n’étant que deux incidents marquant le cours infini de la Vie omniprésente – celui-là est vraiment comme un homme éveillé parmi les gens qui dorment…

Pour obtenir ce résultat, aux Indes, au Japon, au Tibet, en Chine, de nombreux humains, luttent leur vie durant. Il peut donc sembler invraisemblable que des résultats sérieux puissent être obtenus en quelques mois, sans contact direct, par des Occidentaux non préparés. Et cependant cela est. Gautama, le Buddha historique, a connu son Eveil en une seule nuit d’effort dans le bon sens, en dépit d’un entraînement de plusieurs années qui l’avait emmené sur une voie fausse. Le Buddha était, direz-vous un être exceptionnel. Il vous répond lui-même :  »Toi-aussi, tu es Buddha !  »

Ne croyez même pas que le chemin que nous vous montrons soit le plus court. C’est une voie rapide mais non la Voie rapide par excellence. Celle-ci est bien connue de nos frères tibétains du dzog-Tchen. (Tchen étant la prononciation tibétaine de «  Tchan  »). La Voie du dzog-Tchen consiste à comprendre que ce que nous appelons notre personnalité n’est que le résultat de l’influence du milieu sur notre être essentiel, original, encore «  sans visage  ». Ceci est parfois pleinement compris en une seule séance de méditation. Puis l’adepte du Tchan, rejetant délibérément cette personnalité qu’il sait fausse et le passé qui l’a forgée, décide de ne vivre que dans le présent le plus immédiat, s’intéressant, par conséquent uniquement à ce que fait son être actuel, dans le milieu actuel (Tsyng-Chen). Quelques jours de pratique suffisent alors, si l’homme est vraiment tout entier tendu vers son but, pour atteindre l’Eveil…

Soit, direz-vous, peut-être. Admettons que tout cela soit exact. Mais cela, c’est le but terminal. Ce que je désire tout d’abord obtenir, c’est la solution des problèmes personnels…

Vous avez raison quoi qu’en puisse dire et penser certains maîtres ou soi-disant tels. Il convient, disent ceux-là, de rejeter notre petit «  moi  » illusoire pour entrer en contact avec le Réel. Ce programme est excellent, mais ce petit «  moi  » constitue le présent de l’homme non-éveillé et s’il était capable de discerner autre chose que les désirs de son ego, il connaîtrait aussi la simultanéité du passé, du présent et du futur – en d’autres termes, il serait déjà Eveillé et sa quête n’aurait pas de raison d’être. Nous croyons, nous qu’il convient de donner à l’ego ce qu’il désire – et même de l’en gaver. Ce n’est pas en privant un enfant de chocolat et en lui vantant des aliments plus sains qu’on le dégoûtera de la confiserie : une indigestion de chocolat aura plus d’effet. Et puisque, quelques lignes plus haut, nous parlions du Buddha, croyez-vous qu’il eût été si vite lassé des «  joies de lëexistence  » s’il eût été fils de mendiant et non fils de prince ?

Un autre reproche peut nous être fait et, il faut le dire, on ne s’en prive pas : à certains de nos adeptes, ceux qui ont adopté la voie B, nous proposons des techniques qui leur donneront les «  tö  », les fameux  »sidhis  » tant honnis par les «  purs  ». Cela est vrai et pourtant nous aussi que les tö peuvent être une entrave à la conquête de l’Eveil. Mais ils peuvent aussi être bénéfiques. Celui qui a obtenu grâce aux tö ce que désirait son ego peut décider d’aller plus loin. Nous nous adressons, ne l’oublions pas, non à des moines ou des nonnes, mais à des personnes complètement absorbées par le siècle. Si, grâce au puissant développement de la volonté que procure la pratique des exercices dits parapsychologiques un certain nombre d’entre elle, ayant satisfait aux exigences de son ego, ou plutôt s’étant rendu compte de la vanité des récriminations de celui-ci, décide de prendre définitivement la voie A, nous serions satisfaits, n’en déplaise aux censeurs. Et même si, s’arrêtant en chemin, certains se contentaient déjà de la maîtrise de soi que donne cette pratique, nous serions déjà à demi satisfaits…Nous allons donc continuer à vous enseigner d’autres procédés parapsychologiques.

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